Au saut du lit

emmanuelle_histoire de voir_insomnieSi l’avenir appartenait vraiment à ceux qui se lèvent tôt, je serais multimillionnaire depuis longtemps. Sans blague. Quand certains prennent l’habitude d’avancer leur montre de 10 minutes pour éviter les retards, j’ai très vite compris que quelque chose dysfonctionnait avec mon horloge interne. Chaque nuit, la même rengaine : 6h30 et mes yeux s’ouvrent d’eux-mêmes. Indépendamment, bien sûr, de l’heure à laquelle je me couche : sinon ce serait trop simple. Petite, déjà, j’avais pris l’habitude de me lever aux aurores: pour profiter de la ville encore endormie, avec la sensation exquise de la voir s’éveiller rien que pour moi. Sans qu’aucun bruit ne vienne perturber ma contemplation. Ou presque. Car c’est sans compter le camion-poubelle qui s’est incrusté dans ce précieux rituel depuis que je vis à Paris. Impossible d’ouvrir la fenêtre, de savourer un café ou une clope sans entendre un klaxon, ou un vrombissement qui réveille en fanfare tout l’immeuble à heure fixe. On en regretterait presque le chant du coq.

Si je chéris encore aujourd’hui ce moment matinal, force est d’admettre qu’il ne fait qu’aggraver ma « dette de sommeil ». Depuis le début, dormir n’a jamais été « mon truc ». Même quand je n’étais encore qu’un bébé, c’est dire. Se lever trop tôt, se coucher trop tard : les cycles s’inversent avec l’âge mais la constante reste la même. Cinq-six heures en mode veille, à tout péter : et me voilà prête à déplacer les montagnes…du moins la première moitié de la journée. L’impatience de vivre, sans doute : la vie n’est-elle pas trop courte pour la passer à pioncer ? Quant à ceux qui vivent le saut du lit comme un vrai cauchemar en enviant les lève-tôt, savourez vos grasses mat’. C’est un luxe qui n’est – biologiquement –  pas donné à tout le monde. Et souvent on en rêve, aussi courtes que soient nos nuits.

Tout pour réussir sa période décès

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« Mort de rire ». C’est ainsi que l’on pourrait résumer le dernier recueil d’épitaphes de Philippe Héraclès, dont l’humour grinçant s’est déjà illustré dans plusieurs ouvrages, notamment « Le grand livre de l’humour noir », « Des fins pour défunts » ou encore « Feu à volonté ». Car s’il n’ « y a que dans les films que l’on ne meurt pas pour de vrai », bien choisir son épitaphe demeure la seule garantie de s’assurer l’immortalité tant souhaitée. En dédramatisant sans tabou un sujet pourtant grave et difficile. Puisque la fin justifie les moyens, l’éditeur a concocté un cocktail détonnant d’épitaphes plus drôles les uns que les autres, tranchant clairement avec les ornements que l’on retrouve sur les sépultures de nos anciens. De quoi conjurer la fatalité d’un passage sur Terre éphémère, ou d’un destin que certains croient encore incertain. « Pour une fois, personne ne va essayer de me piquer ma place », « Je ne pensais pas qu’un jour je descendrai si bas », « Je suis bien parti pour y rester » ou encore « Je suis hors je » sont autant de pieds de nez que Philippe Héraclès lance à la mort, dont un seul suffira au bonheur posthume de tout bon vivant qui se respecte. « Tous pour un, tous pourris » : voilà un humour qui fera se retourner plus d’un mort dans sa tombe.

Des épidémies, des animaux et des hommes

francoismoutouSIDA, vache folle, rage, ou dernièrement Ebola : et si les maladies émergentes étaient révélatrices de la gestion approximative du monde par nos sociétés ? Alors qu’aucun jour ne passe sans que les médias n’évoquent la présence de multiples risques sanitaires, François Moutou revisite l’histoire de ces maux à la lumière des relations que l’Homme entretient avec les autres vivants. Aurait-on fait fausse route ? « Nous avons oublié non seulement que l’espèce humaine est également d’origine animale, mais aussi que pendant la plus longue partie de notre histoire nous nous considérions comme une espèce parmi les autres. Nous imaginer différents, à part, représente un point de vue assez récent et probablement prétentieux. » Lire la suite

Jean Paul Gaultier habille le Grand Palais

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Après avoir exposé ses créations aux quatre coins du globe, Jean Paul Gaultier fait escale au Grand Palais jusqu’au 3 août 2015, de retour dans sa ville de cœur. Avec une rétrospective à son image : détonante et décomplexée, la promesse d’un vrai show.

Dès l’entrée, « l’enfant terrible de la mode » donne le ton. En accueillant lui-même les visiteurs via une projection animée, aux côtés de plusieurs autres mannequins aux regards aguicheurs. Clin d’oeil sexy sur fond d’humour : on en oublierait presque que l’on se trouve dans un musée.

La mode ? Gaultier s’y intéresse surtout pour sa dimension de spectacle, en défilé comme au Grand Palais. En témoigne la scénographie audacieuse de l’exposition, qui se joue des codes établis en écho à ses précédentes créations: corsets, trench coat et inspirations punk cancan succèdent à son emblématique marinière, dont il avoue avoir toujours aimé « l’aspect graphique et architectural ». « Ma mère m’habillait avec des pulls marins, ils vont avec tout. C’est un basic, un vêtement qui ne se démodera probablement jamais. »  Lire la suite

Oser la jeunesse

oser-la-jeunesseUn livre anti-rides. Quand certains passent leur vie à « s’entrainer à devenir vieux » comme le conseille la dramaturge Dea Loher, Vincent Cespedes préfère prendre le problème à l’envers. Après avoir défendu les vertus de l’ambition dans son précédent essai, ce penseur habitué des médias revient avec un nouveau pari : « Oser la jeunesse », et ce toutes générations confondues. Pour déjouer « le complexe de Chronos » qui oppose, à l’en croire, les ainés au pouvoir à des jeunes souvent discrédités et infantilisés, dont l’énergie créatrice ne cherche pourtant qu’à s’épanouir. Indépendamment des cadres préétablis où le « système tend à les insérer ». Lire la suite

L’art de s’empiffrer à Rome

Après l’effort, le réconfort. Aujourd’hui c’est férié, alors pour l’occasion on vous a concocté deux billets spécial ripaille avec Raconte-moi l’histoire, tirés du Manuel des antiquités romaines de Joachim Marquardt, déniché sur Gallica. Puisque la faim justifie les moyens, vous en reprendrez bien une part chez Marine ?

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Vomir, c’est repartir. Et ça ne vaut pas que pour l’alcool chez nos amis les Romains. Si la réputation de leurs orgies déchainées les suit sans relâche à travers les siècles, c’est parce que la demi-mesure n’a jamais été leur fort. Au lit comme à table, rien ne se consomme avec modération: un coup d’œil au menu suffit pour le comprendre. Mise en bouche.

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Ça Sims pour moi !

emmanuelle_histoires de v oir_jeu vidéo_Les Sims« Sul sul ! » J’ai beau lutter, je suis trop faible : me voilà retombée en enfance. Malgré toutes mes tentatives d’éradiquer mon côté geek, il revient au galop et d’autant plus depuis que les Sims ont débarqué sur l’Iphone. Gratuitement, pour ne rien gâcher au plaisir. L’euphorie des débuts mise à part, quelques jours ont suffit pour que cet amas de pixel ambulant finisse par me vampiriser l’existence. Ça vibre, ça vibre, et ça n’en finit plus. Pire qu’un tamagotchi du temps où j’étais gosse. Lire la suite