Comment paraître intelligent ?

pierre-menard-comment-paraitre-intelligentQui a dit que le QI d’une huître ne pouvait pas révéler une belle perle ? S’il n’y a aucun mal à se moquer des abrutis, Pierre Ménard préfère quant à lui exposer 1001 façons de paraître intelligent dans un «Petit bréviaire destiné à ceux qui ne le sont pas, écrit par quelqu’un qui aurait besoin de le lire». Un concentré de subtilité et d’humour, indispensable à tous ceux qui veulent épater la galerie sans passer pour des benêts.«On se plaint avec raison des discriminations qui touchent les femmes, les Noirs, les homosexuels, les petits, les roux, les gros… et ceux qui ont le malheur d’être tout cela à la fois. Pourtant, il existe une discrimination bien plus odieuse, et d’autant plus scandaleuse qu’elle est socialement acceptée. Je veux parler, bien entendu, de celle qui frappe les imbéciles.» Lire la suite

Pourquoi faire simple ?

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Dure, la vie est dure: surtout quand on excelle dans l’art de vouloir la compliquer à tout prix. Voilà un trait de caractère qui m’insupporte et dont j’ai pourtant bien du mal à me défaire : ce qui, pour ne rien gâcher, rend les choses encore plus difficiles qu’elles ne le sont. Imaginez le casse-tête. Quand certains adorent s’encombrer de bibelots inutiles (quitte à transformer leur studio en foir’fouille), d’autres se meurtrissent à coups d’impératifs et d’«il faut», quitte à finir noyé dans un verre d’eau. À moitié vide, de surcroît.  Lire la suite

Magique, le numérique

le flux numérique_histoires de voir_emmanuelle«Ma poche couine, ma main sonne, la table vibre, mon oreille résonne.» Si l’Homme 2.0 ne frotte plus de silex pour faire jaillir les flammes, il n’en reste pas moins un cyber primitif happé par le mirage de l’innovation numérique. «D’un clic, d’un seul, (l’internaute) peut exprimer ses désirs, satisfaire ses espoirs aussi bien que ses pulsions, sans que personne ne s’y oppose, sans effort et avec effet immédiat.» Le tout par la seule volonté de son doigt divin. C’est le constat que dresse Hervé Fischer dans son dernier essai La pensée magique du Net, via l’analyse d’une technologie prodigieuse dont les vertus rejoignent souvent les effets psychotropes, y compris chez l’utilisateur le plus averti.

pensee-magique-net« Nous aimons toujours autant la magie, nous les modernes, que les premiers hommes.»

«Nous croyons au numérique comme à une nouvelle promesse, comme à un mythe salvateur.» Au point de vouloir porter son organe cellulaire en permanence, avec un besoin quasi-vital : hyperconnecté et en quête d’une existence supérieure, comme si la réalité ne suffisait plus à elle-même. À tort, d’après l’auteur, «car notre dépendance au superorganisme gonfle avec l’inflation de la communication que nous observons aujourd’hui.» Le doigt fébrile, pendu au fil d’actualité et à l’affût de la moindre notification, faut-il débrancher pour savoir raison garder ? Pas si sûr. Aux oeillères, Hervé Fischer préfère de loin exercer nos «capacités de fascination critique»: histoire de faire durer le plaisir virtuel sans se laisser duper. Aussi incontournable qu’aliénant, «le numérique est plus puissant que le feu. Plus humain». Raison de plus pour conserver sa capacité «à jouir de la réalité dont nous avons le privilège ici-bas.» Car le propre d’un mythe est d’enchanter l’existence, non pas de la vampiriser.

50 raisons d’être frustré

À deux, c’est mieux. Et c’est surtout plus amusant. C’est ce qu’on s’est dit avec Cinéluctable pour notre première collaboration « ciné », inaugurée avec le très attendu Cinquante nuances de Grey. Histoire de marquer le « coup », quoi.

50-shades-of-GreyRien de tel que l’interdit pour faire monter l’excitation : ça, l’équipe marketing de Cinquante nuances de Grey l’a bien compris. Après avoir chauffé les ménagères à grands coups de BA sulfureuses, la sortie du film s’est doublée subitement d’un embargo sur les critiques, de quoi attiser un peu plus l’effet d’hystérie. Un retrait dans les règles de l’art, mais pas sans bavures. Frustration garantie côté presse : la voilà muselée et réduite au même sort que cette pauvre Ana, forcée à se taire au risque de récolter une sévère fessée. Finement orchestré, le coup de comm’ ferait presque un sans fautes tant il reprend le principe même de séduction : je te fuis, tu me suis. Mais il en va de l’effet de buzz comme des passions éphémères : la tension va crescendo pour finir dégonflée comme un flan. Mi-molle, tout au plus.

Verdict après tant de matraquage médiatique ? Trop de bruit pour pas grand chose. Si Cinquante nuances de Grey raconte bien une histoire d’amour à l’eau de rose, la mièvrerie ne laisse que très peu de place au piment annoncé. Manque d’action, de rythme, et bien entendu de cul : rien de bien croustillant à se mettre sous la dent donc, hormis quelques gémissements et deux-trois scènes pseudo-coquines. Résolument plus cucul que SM: allez donc fouetter d’autres chats le soir du 14 si vous voulez vraiment « lâcher prise ».

Jeter le JT

JT envoyé spécial_emmanuelle_histoires de voirComme un hérétique de la grand-messe, il veut «jeter le JT» pour sauver l’info. Alors que l’édition de TF1 reste l’un des rendez-vous préférés des Français, William Irigoyen – l’ancien présentateur du journal télévisé d’Arte – se pose une question aussi provoc’ que fondamentale : Réfléchir à 20h est-il possible ? Cacophonique, formaté, nombriliste et superficiel, ce programme est devenu pour lui une «escroquerie intellectuelle» qui ne remplit même plus sa mission première : éduquer et informer. Lire la suite

Mamie cool

un sourire, en verre et contre tout_histoires de voir_dessin emmanuelleL’âge d’or est arrivé, car « la vieille » a le vent en poupe. Si la mode n’est qu’un éternel recommencement, les dernières égéries de Céline, Saint Laurent et l’Oréal nous feraient presque croire qu’elle aurait succombé au syndrome Benjamin Buttons. La ride radieuse, le charme sans artifices et l’assurance en plus: de quoi mettre à mal le culte du jeunisme, au premier abord seulement. Qu’on le veuille ou non, mamie fait loup blanc parmi la brochette de fesses musclées que l’on dévore des yeux tous les jours, aussi rafraichissante que soit son authenticité. Lire la suite

Enfin guérir

medecine douce_histoires de voir_emmanuelle On a rarement vu un médecin remettre tant en cause le système de santé traditionnel. Que faire des malades lorsque l’on a tout essayé ? C’est cette question qui a poussé le Dr Sauveur Boukris à écrire son dernier livre «Enfin guérir», lorsque la médecine classique ne suffit plus : un ouvrage qui peut paraître étonnant de la part d’un professionnel du métier. «Mon expérience clinique et mon vécu de praticien m’obligent à admettre que l’on ne connaît pas tout : la médecine recèle encore des mystères inexplorés que notre esprit rationnel et scientifique ne parvient pas à expliquer. Le malade est (et reste) un inconnu». 

boukris-enfin-guerirCharlatans et dérives sectaires mis à part, hypnose, magnétisme, acupuncture et homéopathie sont autant de moyens de se soigner autrement. N’en déplaise aux plus sceptiques. Souvent moquées et discréditées par les experts, ces pratiques parallèles s’avèrent pourtant de vraies thérapeutiques de l’espoir lorsque médicaments et scalpels montrent leurs limites.Entre guérisons inexpliquées et approches alternatives, l’auteur plaide pour une médecine ouverte et plurielle qui ne ferme pas ses portes aux méthodes qu’elle ne maîtrise pas. Ne serait-ce que pour enrichir sa propre pratique. «Il y a un mystère de la vie comme il y a un mystère de la maladie et de la guérison.» Si le miracle mobilise souvent toutes les forces dormantes de l’organisme pour renaître, son énigme ne fait que confirmer le pouvoir illimité et incroyable de l’inconscient humain. «Car ce qui ne peut pas s’expliquer aujourd’hui, peut l’être demain.»

Les malchanceux de l’Histoire de France

malchanceux-histoire-francePas de bol. « La malchance, la déveine, la scoumoune, la poisse, bref, la guigne ! ». Si les revers du destin sont l’affaire du commun des mortels, l’infortune frappe plus fort encore lorsqu’elle s’attaque aux puissants, notamment parce que le monde entier les observe. Et ricane dans sa barbe. Après avoir fait réviser l’histoire nationale à tous les nuls de France et de Navarre, Jean-Joseph Julaud récidive dans son dernier livre Les malchanceux de l’Histoire de France pour peaufiner notre culture générale. Le mordant en plus.

De la reine Clotilde à Olympe de Gouges avec un clin d’oeil à Charles le Fol, l’auteur a rassemblé les tranches de vie les plus guignardes pour les conter d’une manière ludique et effervescente, le tout en 20 récits. Rien de tel que de rire du malheur des autres pour rafraichir ses connaissances historiques, en s’offrant les épisodes « les plus étonnants, les plus émouvants, les plus cruels et même les plus horribles », pour notre plus grand plaisir sadique. Inutile de rougir de honte, « vous ne serez pas déçus du voyage» à en croire Jean-Jospeh Julaud. Car «nous partageons avec vous ce goût très sain pour la compassion ou les frissons suspects.» Si l’on ne peut pas supporter toute la misère du monde, mieux vaut en rire pour éviter de répéter les tares d’un sombre passé. « Parce que tout ce que vous allez lire, dès demain pourrait recommencer. » Espérons simplement que la poisse ne soit pas contagieuse.