La tyrannie du bisou

« Bisous ». Si la seule sonorité de ce mot suffit à m’exaspérer au plus haut point, son utilisation abusive a depuis longtemps fini de m’achever. Bisous par ci, poutous par là, du zoubis en veux-tu en voilà, jusqu’à l’indigestion et avec toute la bave qui va avec. Beurk. Alors quelle ne fut ma surprise, ou devrais-je dire aversion, lorsqu’en feuilletant un magazine féminin dans le train ce week-end, je suis tombée sur un papier spécial « Bisous ». La claque. En dernière page, pour ne rien gâcher à l’effet de style.

Au risque d’être incomprise, je ne partage absolument pas cet engouement national que la France cultive pour les niaiseries en tous genres depuis maintenant quelques temps. Rien à voir avec du pessimisme, ni une quelconque spirale négative : l’objectivité n’a jamais empêché personne de se montrer philanthrope. Simplement, passé un certain stade, la naïveté devient ridicule et même criminelle. Car si toute personne en ce monde aspire au bonheur et à la joie, se voiler la face à grands renforts de léchouilles ne sert à rien, mis à part s’enfoncer. Les bisounours ne passent pas sur la chaine enfant par hasard.

À l’instar de Catherine Deneuve, je préfère encore de « grands baisers » aux « gros bisous », bien plus distingués à l’ouïe comme au goût. Le sex-appeal en plus, la déformation de la langue en moins. Alors quitte à devoir me taper sur les doigts à chaque fois que je voudrai finir un texto, je dis nonj’accuse et j’insiste : je refuserai désormais de succomber à cette ignoble épidémie visqueuse.

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56 réflexions au sujet de « La tyrannie du bisou »

  1. Ce sont surtout les bisous faits à tout va, à n’importe qui, aux inconnus, qui m’horripilent. Non, je ne dis pas « bisous » à un/e blogueur/euse que je viens de rencontrer, je ne dis d’ailleurs pas « bisous » à une personne que je ne connais que virtuellement. Ma meilleure amie est la seule à me dire « je t’embrasse » et ça a une saveur toute particulière (sans connotation aucune).
    Les bisous, je les réserve à mes enfants et à l’amoureux. Et si, parfois, ils s’ils s’échappent de mon clavier, c’est à mes doigts défendants. 😉

  2. Je pense qu’il faut faire la différence entre  » bisous  » surtout sur la toile donc virtuel , le  » bisous  » entre parent – époux – frère et soeur , arrêtons nous la ! comment interprétez vous se bisou ?
    Ou est la place de ce bisou  » geste d’ affection ou d’ amour  » ?
    Là ! est la définition de chacun de nous – d’ éducation aussi .
    Pour le  » baiser amoureux entre 2 personnes qui s’aimes d’un amour , vous savez ..celui qui donne des papillons au ventre – celui qui vous envoûtes au point de s’aimer en se donnant a la personne qui partage votre vie  » comment le voyez vous ?

    Je suis curieuse de lire vos réaction sur le sujet :-\

  3. Je comprends ton exaspération, même si l’utilisation de « bisous » me semble bien moins dommageable que celle du « je t’aime » à toutes les sauces, balancé par les couples comme ça à la fin des textos demandant d’acheter du pain ou à la fin d’une conversation téléphonique dans le métro.

  4. « Bisou » pour finir un texto ou un message, je n’ai rien contre. J’en use et en abuse d’ailleurs, mais je le réserve aux personnes avec qui j’ai de réelles affinités (aussi virtuelles soient-elles). Il ne s’installe pas à la première rencontre, la preuve qu’il est, à mes yeux, une marque d’affection et non de niaiserie gratuite. Mais le débat est long… et vaste ! 😉

  5. D’ailleurs, il n’y en qu’en France que nous nous « tapons la bise »
    Les étrangers sont toujours horrifiés de cette coutume française. Ca m’a toujours fait rigoler 😉
    Pour avoir vécu qques tps au Canada, « la bise » est sans aucun doute la chose qui m’aura le moins manqué! Je trouve ça inutile. Mais c’est obligatoire dans notre pays pour pouvoir rentrer en « communication » avec qqun. Quel case tête! 😉

  6. « cet engouement national que la France cultive pour les niaiseries en tous genres depuis maintenant quelques temps. » Je pense que vous avez tout dit ….une forme de diversions a d’autre problèmes plus sérieux et insolubles….
    Revenons au Baise main plus élégant !

  7. lol ça m’a rappelé un passage lu : « Aujourd’hui on s’envoie des »bizzz »et des « love » et des « on se voit quand??? » par chat, mail ou sms et il n’a jamais été aussi difficile de se voir. »

  8. J’aime pour l’écriture, pour l’exercice d’extériorisation, mais pas pour le thème abordé qui ne me touche pas forcément. Cela dit, j’aurais bien aimé une approche sociologique, pourquoi pas. Cela dit ça reste sympa à lire.

  9. Plutôt en phase mais il y a aussi les « bisous de papillon » dont je suis adepte depuis toute petite (dixit mon papa) le bisou qui frôle, qui effleure…mais là c’est sûrement trop régressif et guimauve…
    Em

  10. Il y a bisou et bisou. Ce qui m’agace plus c’est cette habitude prise d’embrasser tout le monde à tout bout de champ (même les ministres se claquent la bise) et pire, les fameuses accolades (les hugs) tout droit sorties des séries américaines. Aujourd’hui, ne pas être tactile, c’est être un monstre de froideur ou un affreux catho coincé (au moins les cathos coincés vous laissent tranquillles! Et pire ne vous tutoient pas d’emblée… Ahah. Moi je tutoie mais j’ai eu une expérience professionnelle où tout le monde se tutoyait et ça m’est un peu resté).

  11. excellent post, Polina, je vote pour avec les 2 mains… 🙂 ce qui m’amuse encore plus les bisous virtuels entre les gens qui ne se connaissent pas en vrai… 😀
    bonne soirée et amitiés toulousaines, Mélanie

  12. Pas hyper fan non plus… Trop utilisé, et le pire sont celles qui le disent sur le Net ! Quand j’ai un commentaire qui finit par « bisous », par politesse je lui rends la pareille mais ça me coûte !
    Par contre, le « gros baisers », errk ça me dégoûte encore plus ! J’alterne avec « bises » et « je t’embrasse » !
    Voilà !! Tu sais tout ! 🙂

  13. Bon bon bon, j’aime bien terminer mes petits mots ou sms par  » bisous  » ! C’est un petit terme affectif … et j’en réserve d’autres ( de mots ! ) quand c’est un bisou plus sérieux, plus profond ! 😉

  14. Et si ce n’était pas le bisou en lui même qui énervait mais l’ensemble.
    Vous avez remarquez en tant que blogueurs comme les petits prénoms donnés aux lecteurs font augmenter l’audience? Combien de nanas postent des petits coeurs à tout va sur fond pastel?
    Moi ce qui m’écoeure c’est cette envie de régression! Il faut garder une âme d’enfant pour ne pas trop se prendre au sérieux mais gagatiser c’est ridicule même face à un gosse. Mais je pense que vraiment les gens aiment ça…

  15. Je n’aime ni la bise, ni les bisous, ni les câlins avec les inconnus. Inconnus sont pour moi ces personnes que nous voyons tous les jours, aux études, au travail. Certains disent connaissances ou collègues. Je préfère de loin les baisers avec l’homme que j’aime et les grands sourires et « bonjours » sonores avec mes ami(e)s.

  16. à 100% d’accord.
    ce « bisou  » à toutes les sauces correspond au consensus mou de notre société, il ne représente rien.
    quand on entend les présentateurs télés vous embrasser en fin d’émission, je rêve !!!
    NON, j’embrasse ceux que j’aime et je salue ceux que je rencontre.
    Je sais on me trouve distante mais en réalité je le suis bien moins que ceux qui bisouillent à longueur de temps.

  17. Même si j’admets qu’il est utilisé à tort et à travers (et qu’il me gêne souvent car certains l’utilisent avec n’importe qui alors qu’il marque une certaine familiarité avec l’interlocuteur), le « bisou », côté sonorité, me dérange moins que le « coucou » contre lequel je serais prêt à lancer une croisade… Chacun ses causes perdues !

  18. Je plaide coupable, Polina, je termine souvent par « bisous » bien que je préfère « je t’embrasse ». C’est le mot bizz qui me heurte.
    Mais surtout, cette habitude, si détestable, qui m’avait choquée à mon arrivée en France, les bisous obligatoires et quatre qui plus est. J’arrive à en supporter deux et encore donnés à des proches.
    Je me souviens encore avoir vu dans le métro, quatre personnes qui en saluaient quatre autres, entre deux stations. Le temps d’effectuer cet exercice, (bonjour et au-revoir) ils n’ont même pas échangé une parole 😀

  19. Même si je partage, Polina, votre irritation pour la « sonorité de ce mot », voir même son « utilisation abusive », ou encore « sa niaiserie », je vous trouve très remontée contre tous ces « bizous »… Vous devez être vraisemblablement dans une mauvaise période.
    Je vous embrasse malgré tout.

    1. Mince, je ne pensais pas que mon billet d’humeur passerait pour de la frustration ! Non Javier, tout va bien pour moi en ce moment, je dirais même que le fait de retrouver mon cynisme est le meilleur signe qui soit ! 😉

  20. Mon bisou est un point final en forme de marque d’affection. Un petit claquement amical. Pas une grosse léchouille. Pas une niaiserie gratuite. J’arrête là, je ne voudrais pas bizuter celle qui ne bisoute pas.

  21. Je suis adepte du bisou modéré et surtout pas à tord et à travers … des bisous à ma puce bien évidemment, des bisous à mon chéri , à mes cops , les vrais , les pures et dures mais cela ne va pas plus loin !

  22. Drôle et assez justifié cet agacement… quoique, personnellement, c’est le mot – aux sonorités si infantiles- plutôt que l’acte qui me gêne! Ce mot je le trouve assez vulgaire (mais c’est là sans doute une scorie de l’éducation reçue enfant qui n’était pas vraiment… cool). Bref, j’écris en général « je t’embrasse » puisque l’acte ne me dérange pas, et – comme je suis devenue sociable avec le temps – je consens à employer ce vilain mot quand il le faut, c’est-à-dire pour ne pas vexer mon interlocuteur s’il l’utilise fréquemment. C’est une compromission inexcusable, je sais. Mais il est devenu difficile d’assumer tout à fait mon caractère « princier »! Et puis, contrairement à toi, je ne dédaigne pas un peu de béatitude politiquement correcte: il est tant de sujets sur lesquels c’est finalement la moins mauvaise option (handicap, apparence physique, etc.)…

  23. On n’a pas toujours envie de partager les bisous visqueux des collègues le matin au boulot. Mais un petit bisou sur un texto ne nous gêne pas et nous le préférons au trop superficiel « biz ».

  24. Voilà un combat qui me semble noble et sincère. Non aux adulescents, stop les Bisounours, halte aux cuculs la praline, arrière les mous du bulbe guimauvés!
    La pelle, sinon rien !
    😎

  25. Je ne partage pas forcément car je suis une mère bisous (et pas que sur la toile, j’aime aussi passionnément embrasser les truffes dans la vraie vie et le hug est chez nous un sport national, tout simplement parce que c’est bon ^^) mais je comprends ton point de vue, trop de bavouille peut tuer la bavouille 🙂

  26. Bien Madame Polina, point de bisbille ente nous, de « bise bile » voulais-je dire, et si un jour je vous textote, je finirai telle la Grande Catherine, en cuirasse lourde et portant le masque. Je rentrerai la langue, le sexe à pile étant à ce prix.
    Pour autant, votre billet m’éclaire sur mon emportement à lécher gravement, alors que je suis d’un naturel pudique. L’électronique est très (trop) papillaire, en effet 😉

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