L’art en fusion : Frida Kahlo/Diego Rivera

Comme pour confirmer le divorce impossible de deux artistes mythiques, le musée de l’Orangerie réunit les oeuvres de Frida Kahlo et Diego Rivera jusqu’au 13 janvier 2014 sous la dénomination « L’art en fusion ». Un coup de foudre créatif que même la mort n’a pas su éteindre.  

affiche-khalo Frida Kahlo disait souvent qu’elle avait eu deux grands accidents dans sa vie. Sa catastrophe dans le bus et…Diego. Mariés deux fois, divorcés pendant un an seulement avant de se retrouver, autant dire que les deux peintres ne pouvaient pas vivre l’un sans l’autre. Unis à jamais, pour le meilleur de l’art et le pire au quotidien. C’est pour célébrer cette passion dévorante que le musée de l’Orangerie expose pour la première fois leurs oeuvres côte à côte, retraçant l’histoire mexicaine à travers l’intimité de leurs pinceaux. Indissociables, ils étaient aussi complémentaires dans leurs contrastes artistiques, témoignant d’une influence commune et constructrice de l’identité culturelle d’un Mexique révolutionnaire. Un hymne à la vie aux couleurs vives et « synthétiques », fort en symbolisme et à l’inspiration presque païenne.

« Je voudrais te peindre, mais les couleurs me manquent tant elles peuplent la confusion, forme concrète, mon grand amour ». 

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Autoportrait au singe, par Frida Kahlo, 1945

Sanglante, violente et rythmée de spasmes, l’oeuvre de Kahlo dépeint ses propres tourments physiques et psychologiques, avec une répétition quasi obsessionnelle…trois fausses couches, sept opérations chirurgicales et les innombrables infidélités de Diego. Blessée et trompée, sa douleur n’a d’égal que la fascination portée à cet incorrigible Don Juan, un amour masochiste qu’elle transforme en matière de sa création. La torture mise en scène sur fond d’humour grinçant, comme dans Quelques petits coups de pique ou La colonne brisée. Martyre, subversive et reconnaissable parmi mille grâce à ses sourcils en aile de corbeau. Erigée en idole incontournable via une Fridamania contagieuse, cette artiste saura garder la tête haute jusqu’à son dernier soupir et refusera d’être enterrée couchée, ayant trop souffert de cette position lors de ses séjours à l’hôpital et en fauteuil roulant. Diego ne lui survivra que trois ans, sans que son dernier souhait ne soit exaucé. Que ses cendres aillent rejoindre celles de « son ancienne magicienne », comme il aimait surnommer Frida.

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34 réflexions au sujet de « L’art en fusion : Frida Kahlo/Diego Rivera »

  1. Moi j’adore ces sourcils et ces couronnes de fleurs ! je l’adore !

    Ta participation est prise en compte pour mon concours 🙂
    Je ne laisse pas souvent de commentaires, car le plus souvent je ne sais pas quoi dire, mais je lis tes articles et ils sont très intéressants !

  2. Superbe post ! Je n’ai pas encore eu le temps de m’y rendre, mais j’ai tellement hâte… « Sanglante, violente et rythmée de spasmes », tu me sembles décrire parfaitement son travail ! C’est vrai que c’est plus un personnage, quelqu’un à comprendre par sa vie, son expérience, l’histoire de son pays et de son époque. Je peux comprendre qu’en se limitant au simple aspect esthétique de ses oeuvres on puisse se focaliser sur son monosourcil, mais vraiment c’est tellement plus que ça… Ne serait-ce que pas ces couleurs !

  3. j’adore ces deux artistes, quels destins tout de même et quel génie créatif, j’ai toujours adoré ce qu’ils ont pu réaliser, deux artistes mythiques… oui sans aucun doute 🙂 merci du partage !
    Frédéric.

  4. « Un coup de foudre créatif que même la mort n’a pas su éteindre »… cela me fait rêver, même si la réalité était bien plus triste.
    J’adore Frida Kahlo, cette femme si complexe, torturée, au sort peu enviable, qu’elle a su exorciser par ses magnifiques peintures…

  5. Une femme au sacré tempérament qui a su se dépasser, qui n’ a pas fait dans le misérabilisme et qui a le mérite de s’être fait un nom dans un univers aussi machiste que celui de la peinture. Une passionnée ! Merci Polina de lui rendre hommage.
    Et on se fiche pas mal qu’elle ait eu des sourcils à la Emmanuel Chain. Ce n’est pas ce qu’il faut retenir d’elle.

  6. J’aime beaucoup leurs œuvres, surtout en ayant passé une année au Mexique. J’ai eu la chance de visiter la maison de Diego Riviera. Les couleurs de Frida sont extraordinaires même ici, mais avec la lumière mexicaine , j’ai toujours eu l’impression qu’elles étaient encore plus fortes.

  7. Difficile d’y aller le week-end dernier avec ma fille de 10 ans et en même temps j’adorerais voir cette expo d’autant que ses oeuvres sont assez dispersées et que c’était une occasion unique de les voir toutes ensemble …mais bon je crois que ça va être difficile de revenir à Paris d’ici la cloture qui est je crois mi Janvier … tant pis !

  8. C’est une artiste fascinante et j’ai hâte de voir cette expo, non seulement car je n’ai jamais vu aucune de ses toiles « en vrai », mais aussi parce que je ne connais presque pas l’oeuvre de Diego. J’ai essayé d’y aller mais il y avait trop de monde dans la file d’attente et j’avais un temps limité… La prochaine fois je tente avec un coupe-file !

    1. Avec Salma Hayek n’est-ce pas ? Moi aussi j’ai découvert pour la première fois Frida Kahlo avec ce film, c’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à aller voir l’exposition, mon intérêt pour les personnages torturés mis à part… 🙂

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