Roman d’une garde robe : aux origines de la « Parisienne »

« Parisienne ». Un siècle avant le mythe, imaginez-vous pousser la porte de l’une des boutiques les plus luxueuses de Paris et vous laisser entrainer dans le rythme endiablé des fashionistas des années 30. C’est ce que propose l’exposition Roman d’une garde robe au Musée Carnavalet, à travers les yeux d’Alice Alleaume, première vendeuse de la célèbre maison de couture Chéruit de 1912 à 1923. Jusqu’au 16 mars 2014, célébration d’une élégance qui se fait rare de nos jours.

« Rue de la paix. Ces quatre mots qui sont une devise. » Sem, Le Vrai et le Faux Chic.

stylecouvWalkyrie, Brunehilde, Vestale ou encore Idole. Autant de robes griffées Chéruit, Worth et Lanvin, hypnotisantes et révélatrices d’un temps où les femmes n’avaient pas peur de revendiquer leur féminité. Vestimentairement et pas seulement. Temple du luxe, la place Vendôme vouait un culte à leurs courbes sensuelles, apologie d’une séduction à toute épreuve. Le paroxysme d’un style intemporel en somme. Si le sujet peut paraître cliché, l’exposition parvient à se distinguer et remonte jusqu’aux origines du mythe de « la Parisienne », en contant délicatement l’ascension d’Alice Alleaume dans le monde de la couture, via des archives familiales, lettres, cartes de vente et manuscrits.

« Vous qui êtes je crois très « lancée » dans la couture et les bals… » Suzanne Collin à Alice Alleaume, 2 décembre 1900.

Robe du soir « Sèvres », 1934-1935. Illustration originale à la gouache, extraite de l’album Collection 1934-1935, réalisée dans les ateliers Jeanne Lanvin. © Patrimoine Lanvin
Robe du soir « Sèvres », 1934-1935.
Illustration originale à la gouache, extraite de l’album Collection 1934-1935, réalisée dans les ateliers Jeanne Lanvin.
© Patrimoine Lanvin

Charmeuse, cristalline, benjamine, duvetine, éblouissante et satin des fées : jusque dans le choix des appellations, cette « élégante » manifeste un goût vestimentaire très sûr, non dépourvu d’originalité. Cliente des plus grandes modistes, son style se modernise avec le temps en révélant la virtuosité des couturiers de l’époque. Sans que le « chic » ne prenne une ride, en témoigne la fameuse robe « Vestale » en satin signée Jeanne Lanvin, incarnation du classicisme en matière de mode. Plus qu’une virée dans le Paris des années folles, cette collection de 400 pièces exceptionnelles remonte à la genèse de cette « Parisienne » que le monde entier envie aujourd’hui. Un rendez-vous incontournable qui ravira tous les passionnés de mode et d’esthétisme.

Retraçant l’évolution d’un style iconique, le spectre d’Alice questionne en filigranne l’image réelle qu’en renvoient les femmes actuelles. Allure, démarche ou raffinement inné : si le « chic » semble aussi dur à définir, c’est parce qu’il échappe au plus grand nombre, tant sa subtilité semble propre à chaque individu. Si être une femme est un art, Roman d’une garde robe en projette une inspiration sincère. 

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25 réflexions au sujet de « Roman d’une garde robe : aux origines de la « Parisienne » »

  1. C’est marrant ce post, je sors d’une interview de la créatrice de la boutique « Les Mistinguettes » à Nice (je suis actuellement sur la rédaction du prochain Nice Code 2014/2015). Tout l’univers de cette « parisienne » éternelle dans sa boutique, comme une bouffée d’oxygène personnellement alors que la Côte d’Azur brille davantage pour son sens inné de la vulgarité et du bling-bling que pour cet art intemporel de l’élégance-chic-glamour qui fait « la parisienne » éternelle. Merci, cela m’a donné envie de lire ce livre que je m’en vais de ce pas recommander aussi à cette passionnée du rétro-chic.

  2. Merci beaucoup pour l’info; j’irais voir l’expo sure! Une autre expo vraiment sympa était « L’impressionisme et la mode » au Grand Palais il y a un ans..des tableaux, de vraies robes et une athmosphère unique!

  3. Les années « où les femmes n’avaient pas peur de revendiquer leur féminité. Vestimentairement et pas seulement » me manquent tant. Où est passé le chic, la classe, l’art consommé d’être une femme ?

  4. A reblogué ceci sur T.S.A.et a ajouté:
    Vous connaissez ma passion pour une certaine période de notre histoire, et mon Phil a été ravi de retrouver son époque 😉

  5. Epoque où l’on osait changer la société sans buzzer et où l’on bougeait les lignes de la mode sans effet de manche. Les chansonniers se chargeaient du reste. « Elle s’était fait couper les cheveux… » 😉

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