L’effet Lucifer, des bourreaux ordinaires

effetluciferComment devient-on bourreau ? Aux tréfonds de l’âme humaine, Patrick Clervoy explore les mécanismes de l’ « épidémie du mal », cet « effet Lucifer qui amène l’homme au pire de ce qu’il  peut être lorsque des forces sont lâchées contre son semblable ». Si la violence a toujours été une constante dans l’histoire de l’humanité, c’est bien par « pulsion » et non par « instinct » que l’individu bascule et devient tortionnaire. À l’inverse de l’animal, qui tue par nécessité mais jamais par plaisir. « Un décrochage du sens moral »  au cours duquel le jugement s’efface, déshumanisant la victime et annihilant toute capacité de voir la souffrance infligée. Bizutage, tauromachie, génocide arménien et massacre de la Saint-Barthélémy, le psychiatre passe en revue de multiples exemples pour comprendre les raisons de ce dérapage. De la soumission à l’autorité à l’euphorie engendrée par l’effet de meute, la « tache aveugle » s’explique par des facteurs multiples, donnant raison à Freud qui qualifiait tout homme de « pervers polymorphe » porteur « d’un noyau archaïque de pulsions destructrices ». Rien que ça. Si en chacun de nous se cache un bourreau en puissance, l’étude saisissante de Patrick Clervoy ne s’intéresse qu’à la violence de masse uniquement. Pas aux cas individuels. « Cette immersion dans la cruauté ne risquait-elle pas de réveiller chez le lecteur une forme de satisfaction perverse ou de fascination révulsée ? » Tant mieux si la question demeure sans réponse, quitte à noircir l’énigme.

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46 réflexions sur « L’effet Lucifer, des bourreaux ordinaires »

  1. Pourquoi effet « Lucifer » ? N’est ce pas plutôt Moloch ou Chronos dévorant ses enfants ?
    Libérer notre démon intérieur pour la satisfaction de nos propres plaisir immédiat ne relève pas d’un porteur de lumière. Pour mémoire Lucifer est identifié à Prométhée. Prométhée, le héraut des dieux, vole le feu pour l’amener aux hommes et aura comme punition l’enchaînement à la matière et le foi éternellement dévoré par un aigle mais sera aussi éternellement regénéré. C’est une figure un peu plus complexe que Chronos ingurgitant ceux qui se réfugient dans la satisfaction matérialiste. La déclaration universelle des droits de l’homme, l’organisation des nations unies, la démocratie sont présentées comme des créations luciférienne, des créations de l’homme pour l’homme par l’homme libérant l’homme du joug de la nature et des dieux anciens. Le totalitarisme ne libère pas l’homme, il le dévore, mais que dire des démocraties ? Bonne réflexion mais attention aux mots qui ont du sens. Schtroumpf alors 😀

  2. Je l’ai lu du coup ce livre. J’ai vraiment bien aimé. Je ne peux pas l’ajouter à mon blog car il ne correspond pas aux  » livres faciles à lire « . Je voudrais néanmoins faire un commentaire que je posterai sur Amazon mais je crois m’inspirer de ce que j’ai mis ici – oui un peu la flemme lol ! Je pense mettre un jour un extrait sur mon blog.

    Merci donc du conseil. Le livre sur les médicaments me tentent bien aussi.

  3. […] rebondir ce soir sur un récent post de la blogueuse Polinacide, « L’effet Lucifer, des bourreaux ordinaires », qui se termine par ce mot qui résume à lui seul toute la question : « énigme ». Oui, il […]

  4. Y’en a encore trois (je tairai les noms) qui mettent des « Bisous » voire des « Bisous Bisous » pour clôturer leur commentaires. Soit elles le font exprès pour énerver la patronne de ce blog qui déteste ça, soit elles ne sont pas des lectrices assidues. En tant que délateur/bourreau/tortionnaire, je ne laisserais pas passer de telles négligences (ou provocations). Des sanctions s’imposent.
    😎

  5. C’est tout de même effrayant de penser qu’un « bourreau en puissance » se cache en chacun… Je n’aime pas vraiment l’idée. Mon côté « fleur bleue » certainement… 😉

  6. ah voila un sujet interessant! il y en a toujours certains qui disent que l’homme nait avec le « mal » en lui, d’autres qui disent que le mal se développe au fur et à mesur de nos vies, de nos expériences, de notre manière à les traiter (et cette manière elle même est le fruit dexperiences et de lecons tirés) et de genes aussi peut etre?

    Cest un sujet que j’aime beaucoup, qui me fascine…. l’humain est pret à se sacrifier pour une idée, pour une personne, et est prêt a sacrifier tout court pour la même chose… l’etre humain et un des rares etre à prendre du plaisir à voir quelqu’un souffrir, même si cette souffrance ne lui apporte pas de la survie ou quelque chose de vital.

    La banalité du mal, dirait Hannah Arendt, et cela résume bien pour moi ce qu’est l’être humain. Je crois que la pire chose est d’accepter que des catégorie tel que bien et mal ne sont pas forcément des antagonisme. ils cohabitent très bien….c’est ca qui nous dépasse, et c’est pour ca qu’on veut COMPRENDRE comment l’horreur peut parfois, banalement, prendre le dessus…. un bourreau peut etre un bon père, un ami loyal, et pourtant, il peut etre un bourreau…

    bref: Je vais commander ce livre, merci!!!!!

  7. Des maux et un côté obscur latent, mais qui ne se manifeste que s’il fait écho à une histoire particulière…tout le monde n est pas un serial killer ou tortionnaire en puissance 🙂 Tres bel article, je suis très freudienne aussi dans l analyse

  8. Sujet passionnant et passionnément commenté. Cherchons à comprendre et soyons humbles devant ce qui nous dépasse et cet exercice de puissance sur l’autre. Le bourreau ne se prendrait-il pas pour Dieu ?

  9. Ce doit être passionnant à lire ! Ce sont toujours des thèmes à travers les romans, les séries ou les documentaires qui m’ont interessé , merci pour cette critique , je note le titre !

  10. La violence existe en chacun de nous et nous sommes les bourreaux en puissance.
    Mais je crois que chacun a le choix de le libérer ou bien le sublimer, en l’assumant d’abord, bien sûr…
    Ce qui est bien plus effrayant et incontrôlable est la cruauté de la masse

  11. Pas sûre d’avoir envie de lire le bouquin, cependant oui la théorie de départ comme quoi l’homme a des pulsions de violence et non un instinct et que chacun l’a en lui j’y adhère complètement.

  12. On pourrait croire que ce livre est noir mais il ne semble pas l’être du tout. J’ai pu, télécharger un extrait sur Amazon et j’ai craqué… Je l’ai acheté ! Cet extrait m’a convaincu.
    Il parle non pas du mal en lui-même pas de ce qui le crée. Il est parle de façon pédagogique de manière à le voir et le comprendre afin d’éviter de tomber dans les actions qui peuvent l’aide, le soutenir etc. Le déni par ailleurs, ce qui est de l’ordre du  » je n’ai rien vu  » est le lissage dont il parle ( je ne suis pas encore rendu là ). La compréhension permet de voir et l’on ne peut éviter ce que l’on ne voit pas. Comprendre, c’est aussi se donner les moyens d’éviter, de détourner ou de faire cesser le mal quand avant qu’il prenne définitivement racine.
    Enfin, chacun fait ce qu’il veut. Mais on ne peut pas juger un livre à sa couverture et, même si Poline a donné des informations sur ce livre, le mieux est peut être, puisque c’est possible, de chercher à obtenir un extrait. Mais je comprends que les informations que nous donnent l’éditeur sont sans doute minces.

    Merci Poline pour ces conseils littéraires car c’est le troisième livre, si mes souvenirs sont bons, que j’ai eu envie d’acheter grâce à ce blog, un de Frédéric Lenoir que j’achèterai, celui-ci que je possède à présent et un sur la Mafia je crois, que je ne pense pas acheter. J’aimerais passer mes journées à lire, mais je ne le peux pas : dommage… !

    Bonne soirée. 🙂

  13. Mon père , adolescent , a assisté de loin, à un lynchage dans le Limousin, par la foule, d’un  » présumé  » collaborateur !
    j’ai aussi vu de terribles trucs racistes dans le métro Londonien à une époque, des gens débiles, acharnés contre une seule personne, qui n’avait rien fait de mal, mais qui les dérangeait, par sa couleur de peau et qui croyaient t-ils ces gros cons, leur prenait leurs boulots … RIEN NE CHANGE 😦
    et oui les animaux qui tuent seulement pour se nourrir ou se défendre nous sont bien supérieurs !

  14. Cet ouvrage apporte-t-il vraiment une avancée dans la réflexion sur la violence ? En ce qui concerne la violence de masse la théorie d’Hannah Arendt sur la banalité du mal nous paraît tout simplement évidente si on pense à tous les allemands et français qui n’ont fait « qu’obéir aux ordres » sans se poser de question. Pour ce qui est des cas individuels on cherche trop souvent des explications très compliquées d’ordre philosophique ou sociologique à ce qui est un comportement essentiellement pathologique. Et sur ce sujet le psychiatre sera peut-être plus convaincant.

  15. Cet ouvrage a l’air passionnant mais j’aurai peut être peur d’y découvrir des facettes de l’humain pas très rassurantes 🙂
    Bisous

  16. Durant la Guerre de Bosnie, Arte avait diffusé un documentaire d’Adémir Kenovic (alors directeur de l’école de cinéma de Sarajevo) sur le premier prisonnier (criminel – il y en eu dans tous les camps) de guerre serbe (un Tchetnik) fait prisonnier par les Bosniaques : Borislav Herak qu’Ademir avait interviewé longuement. Ce qui était fascinant, c’était que cet homme racontait ses crimes comme s’il racontait sa semaine de travail. Et loin d’être le paysan inculte dont son manteau militaire lui donnait l’apparence il était fils de médecin. L’idée que j’avais alors, c’est que n’importe qui dans des conditions données peut voir le monstre se réveiller en lui.

    Pour ce qui est maintenant de la différence entre pulsion et instinct, et de ce que la foule et le groupe peut amener un individu à faire, Gustave Le Bon et Freud l’ont beaucoup étudié. La notion à mon sens la plus intéressante étant celle d’Hannah Arendt : « la banalité du mal » qu’elle développe en assistant au procès d’Eichmann à Jérusalem.

    Ceci dit, je serais plus réservé quant aux exemples de l’auteur qui me semble trop facilement mélanger les genres lesquels ne me semblent pas tous pertinents.
    Si vous prenez la tauromachie par exemple, amplement étudiée par Georges Bataille, Michel Leiris, Hemingway, etc… Je n’y vois nulle monstruosité. Il s’agit plutôt d’un rite sacrificiel où se joue de manière spectaculaire le rapport à la mort.
    De même pour le massacre de la Saint Barthélémy où il s’agit d’une rivalité de pouvoir préméditée et ordonnée.

    Avec le bizutage quand il devient excessif, on est déjà plus proche d’une perte du sens moral, lorsque,sous condition d’entrée dans un groupe donné, l’on amène quelqu’un à faire des choses que sa morale réprouve, mais où justement le sens moral décroche.
    Sade en avait soulevé le caractère paradoxal : « on me donne une médaille si je tue à la guerre. On me pend si je fracasse le crâne de mon voisin »
    Et Platon avec son fameux exemple de l’anneau de Gygès qui rend invisible avait demandé : qu’en est-il du Bien si je sais que je resterai impuni ?

    Avec les génocides ont est déjà plus proche de la question de la monstruosité.
    Littel dans « Les Bienveillantes » montre les mécanismes psychologiques à l’oeuvre.
    (A lire aussi son « Tchétchénie II » sur Kadyrov) Mais pour ma part, je trouve bien plus terrible encore le livre de Raul Hilberg sur « La destruction des Juifs d’Europe » qui montre comment s’installe le mécanisme de l’horreur à travers ses aspects administratifs et techniques. L’Etat comme monstre froid dont avaient fait l’expérience Dostoievski et Schopenhauer en assistant très jeune à une exécution capitale. Ce qui n’a pas empêché ce dernier de proposer ses fenêtres pendant la Révolution de 1830 ou 48 aux militaires qui tiraient sur la foule…

    « Patrick Clervoy ne s’intéresse qu’à la violence de masse uniquement »
    Bien entendu, c’est une approche. Mais Gustave Le Bon l’avait déjà fait. Et Edward Bernays, le neveu de Freud en avait même profité pour inventer le « marketing » moderne : « Propaganda,ou comment manipuler l’opinion en démocratie » (1928). Et nous savons que la masse déresponsabilise les individus.

    Ce qui m’intéresse plus pour ma part, c’est comment l’individu peut ne pas succomber à la sollicitation de la masse.

    Ainsi de ce marin ukrainien qui s’opposera à tout l’équipage de son navire lorsque ceux-ci, ayant découvert des clandestins à bord, voulaient tout simplement les passer par-dessus bord !

    Car comme l’écrivait Goya au bas d’une eaux-forte célèbre : « Le sommeil de la Raison engendre les monstres »
    Et nous sommes nombreux souvent sinon à dormir, du moins à somnoler…

    1. Cher Lev, merci pour ce très beau commentaire et pour votre implication, croyez moi sur parole j’en suis profondément touchée. Pour vous répondre, si l’auteur ne bouleverse en rien notre réflexion sur l' »effet Lucifer », il en propose une lecture très profonde et documentée, surtout pour les personnes qui ne s’étaient pas renseignées sur le sujet auparavant. Plutôt qu’un mélange des genres, il analyse la spécificité de chaque évènement en y apportant les nuances, que vous-même citez d’ailleurs ;). Simplement, je ne peux pas réécrire le livre à sa place ou en faire un résumé qui ôterait le plaisir de le lire par la suite.
      Concernant la corrida, vous parlez de « rite sacrificiel », mais quel sacrifice n’use pas de la cruauté, voire de la monstruosité ? Cela pourrait s’argumenter dans un contexte religieux autrefois, lorsque les croyants étaient persuadés que le dit rituel leur apporterait les fruits de leurs espérances. Pour la tauromachie, le but est tout autre : les gens viennent pour voir un spectacle, le spectacle de la mort et de la souffrance, aussi esthétique qu’ils la trouvent. (D’ailleurs n’est-ce pas en soi une perversion que de trouver du plaisir à voir un être qui souffre ?) Je citerai pour finir ces quelques phrases du livre, qui parlent de l’admiration éprouvée par le spectateur.
      « Cette admiration est le prototype de l’effet Lucifer, du décrochage du sens moral et de son aspect épidémique au sein d’une foule. Sous l’effet conjugué de l’empathie pour le torero et de l’ambiance de l’arène, la liesse de la foule et des cris, le spectateur, captif de ce qu’il voit et de ce qu’il éprouve, abdique toute capacité critique. Il participe au spectacle avec un enthousiasme et une complicité aveugle ». Le « point aveugle de sa conscience morale », somme toute. Qu’en pensez-vous ? Je suis ouverte à la discussion.

      1. Cher Paulina,
        Merci pour votre réponse. Je suis d’accord avec vous pour ce qui est de la manière de l’envie de lire un livre.
        Pour ce qui est du sacrifice, celui du Christ a été ritualisé de manière non sanglante dans l’Eucharistie. Différence entre les catholiques qui à travers le dogme de la transsubstantiation font de l’hostie le corps et du vin le sang du Christ et les protestants qui y voit un rappel symbolique. L’Eglise orthodoxe va dans le même sens que l’Eglise catholique mais y voit plutôt un mystère. C’est d’ailleurs en ce sens que les romains pouvaient voir en les premiers chrétiens des adeptes du cannibalisme…
        Pour ce qui est de la corrida maintenant.
        Je dois dire tout d’abord que je ne suis pas pour la poursuite de la corrida comme spectacle, surtout à touristes. Et que j’ai horreur de voir souffrir des animaux. De ma vie, je n’en ai tué que deux fois : la première fois adolescent lorsque mon grand-père qui tuait des lapins (j’avais toujours refusé sa proposition de le faire aussi) tremblait tellement du fait de son âge que la pauvre bête prenait une sorte de matraque en bois tout patinée de sang sur les oreilles, sur le museau. Là, j’ai demandé à le faire pour mettre fin aux souffrances du lapin dont d’ailleurs j’adore manger la cervelle. Et la seconde fois, en des conditions analogue lorsqu’une de mes grandes tantes ne cessait de louper une carpe. Lorsqu’on tue, il ne faut pas hésiter…
        Et souvenez-vous de ce que disait Leonid Biliunov lorsque à l’âge de 12 ans il tue pour la première fois avec une barre de fer chauffée à blanc son gardien tortionnaire : « Je n’avais pas tué un homme. J’avais tué ma propre peur »…
        Pour ce qui est de la corrida maintenant l’analyse que vous citez vaut sans doute pour des touristes allemands qui assistent à un spectacle truqué à Benidorm où le taureau est drogué et le torero un amateur lâche qui ne veut pas courir de risque… Mais dans la vraie corrida, il faut que l’Homme risque réellement la mort face à la Bête. De plus je ne pense pas que des auteurs comme Georges Bataille ou Michel Leiris qui ont amplement analysé la corrida qui les fascinait aient abdiqué « toute capacité critique » Réduire la corrida au simple plaisir sadique de voir souffrir un animal, c’est aborder superficiellement le problème.
        A quoi est-ce que j’assiste lorsque j’assiste à une corrida ? Au spectacle d’une mise à mort ! Ce qui est mis en scène dans la corrida c’est la mort elle-même ! Et je m’identifie certes au torero en tant qu’il risque sa vie dans le jeu ( en tous les sens du terme), mais je m’identifie aussi au taureau qui va vers sa mort. C’est dans le jeu de ces deux identifications que tout se joue ! Lorsque Patrick Clervoy parle d’empathie pour le torero il a raison mais il oublie l’empathie pour le taureau. Il ne voit que le retour à une bestialité que paradoxalement il semble faire le propre de l’Homme en foule.
        (Freud avait souligné que la foule pouvait aussi se montrer généreuse)
        Alors que se joue là le rapport de l’Homme à sa propre animalité. Picasso comme Bataille y soulignent d’ailleurs tout l’aspect érotique Comme Pedro Almodovar dans le film « Matador ».
        De fait, dans l’identification je suis à la fois celui qui voit la mort en face, celui qui la donne, et celui qui la reçoit. Autrement dit, vivre ( j’allais dire intelligemment) une corrida, c’est vivre sa propre mort avec une rare intensité à la fois de l’extérieur (le torero qui la voit en face) et de l’intérieur (le taureau qui se sent mourir et qui meurt). C’est donc une « expérience » de ce dont je ne peux faire l’expérience : ma mort ! Alors la foule allez-vous me dire ? Et bien si je suis à côté d’un boeuf de touriste allemand qui n’y comprend, je ressentirai juste ma mort comme ce dans quoi je sombrerai dans la plus infinie des solitudes ( cf Maurice Blanchot : « L’Arrêt de mort ») Mais si je suis comme cela a été le cas lors d’une exposition Picasso devant même les simples tableaux de corrida et que ma copine de l’époque, une actrice d’origine espagnole, me dit que la simple vue de la scène la fait frissonner et qu’elle me tend son bras en se serrant contre moi pour faire sentir qu’elle a la chair de poule, je deviens immédiatement à la fois taureau et torero. Malheureusement, les salles du musées étaient pleines de monde et le placard à balais fermé à clé…;-)
        « L’érotisme est l’acceptation de la vie jusque dans la mort », écrivait Georges Bataille. A lire à ce propos le numéro de la revue « Critique »dont il fut l’un des fondateurs et qui consacra en hommage son numéro de juillet 2007 à « L’éthique et l’esthétique de la corrida ».
        Pour le reste à m’excuser de ma tendance à faire toujours de longs textes.
        On me dit toujours que sur internet il faut faire court.
        Mais je lirais le livre de Patrick Clervoy dès que j’en aurais l’occasion. Là je suis, entre autres, sur les livres d’Elena Arseneva qui éclairent sur l’origine varègue de la Russie, et que l’URSS n’avaient guère l’envie de faire connaître. J’en suis au 4ème et 3 des 4 suivants attendent dans ma bibliothèque.
        Cordialement
        Lev.

  17. Ce livre, encore une fois, attise ma curiosité. Je réfléchis… Ce serait franchement pas raisonnable que je me le procure aujourd’hui, mais je dois lutter pour résister.

  18. Je ne pense pas avoir envie de lire ce livre.
    J’ai vu le film « Old boy » du réalisateur coréen Park Chan-Wook qui montre un bel exemple de bourreau. Après avoir vu ce film, tu te poses 36 questions sur l’Homme et la violence. Le film est super bien fait mais très dur à regarder.
    Donc, je ne vais pas me replonger dans ce sujet.
    Je reconnais qu’il y a matière à discuter.

    1. Moi non plus, je n’ai pas envie de me procurer ce livre. Et ce, pour deux raisons simples :
      1) Je crois l’auteur sur parole.
      2) Je ne sais pas lire.
      🙄

    1. Il y a du Taoïsme dans votre réponse il me semble 😉
      Mais comment se placer avant la pulsion ? Lao Tseu a sa réponse. Confucius, la sienne quelque peu différente…
      Freud dirait que les pulsions sont toujours en guerre contre le sens moral. Mais il est vrai, que dans certes spiritualités, c’est une discipline constante que de se placer avant la pulsion.
      Autrement dit, il faut lire le Hagakure comme un livre de paix ?
      Et je dois préférer mon Aïto à mon Katana 😉

      1. Bien d’accord avec vous. Freud est dans le vrai : le sens moral s’oppose à l’exaction mais quand c’est la foule qui se déchaîne, elle valide le sens moral ce qui est très grave (voir dernier lynchage de deux étrangers à Nosybe).

      2. @Daniel BuKō HōTen
        Juste deux questions :
        1/ En quoi « le sens moral s’oppose à l’exaction  » ?
        2/ Et en quoi la foule déchainé valide-t-elle le sens moral ?

        Avez-vous lu les livres de François Jullien sur la pensée chinoise ?
        J’ai parcouru votre blog avec intérêt et lui consacrerai plus d’attention quand j’en aurais le temps.

        Deux remarques juste :
        1/ Les requins baleines se nourrissent de plancton ou de petits poissons. Jamais que je sache ils ont attaqué l’Homme. Les attaques récentes sont dues à des requins « grands blancs » ou autres. Mais aussi bien parce que l’attraction touristique pour laquelle on les exploitent les incitent à considérer l’homme comme une proie. Vous le savez sans doute ! La plus grande partie des animaux sauvages – même les plus grands prédateurs – ont une peur instinctive de l’Homme…Et vous connaissez sans doute ce monastère où les moines vivent avec des tigres…
        2/ « Le zen d’avant c’est être présent, pleinement conscient juste avant …l’instant.  » c’est aussi le Kaïros des grecs ( Voir Jean-Pierre Vernant : Le Mêtis ou la ruse de la Raison) Le Kaîros est l’art de saisir l’occasion en la prévoyant avant qu’elle ne se présente. C’est la fameuse course d’Archiloque à qui le royal père disait : « tes chevaux sont moins rapides que ceux de ton adversaire. Tu ferais tomber le déshonneur sur la Maison (Oïkos) si tu perdais. Abstiens-toi !  » Et Archiloque de répondre : Père, il a les chevaux les plus rapides, mais j’ai la ruse de prévoir quand il faudra avoir le kaïros ! »

        François Jullien lui, parle de disposition. Il se réfère au Yi King et à l’art de laisser le monde aller en son sens naturel et d’épouser celui-ci. comme l’eau épouse le rocher qui n’est plus un obstacle.

        J’ai vu un jour une femme proviseur arrêter à elle toute seule toute une manif excitée et déterminée. Elle avait renvoyé auparavant les gendarmes et la police qui voulaient la soutenir pour garder les autres entrées du lycée.
        Elle leur a juste parlé. Ce qu’elle leur a dit…?

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