La (re)conquête

© Schneider/JBV NEWS
Meeting de Nicolas Sarkozy au Trocadéro, 1er mai 2012.
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Reviendra, reviendra pas ? Après des mois de spéculation au sujet du retour de Sarkozy sur la scène politique, Bernadette Chirac lâche le morceau. Son « il va me gronder ! » fait gloser les médias bien plus que le principal intéressé, qui joue la carte du silence radio. Un fin stratège. Si les Français lui avaient longtemps reproché son hyperactivité, beaucoup semblent aujourd’hui céder à la nostalgie de l’ère sarkozyste, guettant le moindre indice annonciateur d’un « come back ». J’en tiens pour preuve le compte Instagram de l’ancien président, fraichement mis à jour après un an d’inactivité, où les « Reviens Nicolas ! » fusent. Le French Paradox dans toute sa splendeur.

La pépite de l’ex-première dame tombe à pic alors que vient de paraître le dernier livre de Christian Delporte, Come back ! Ou l’Art de revenir en politique, dans lequel le spécialiste décrypte les mécanismes d’une traversée du désert réussie.« Pour revenir…il faut partir ! » et Sarkozy l’a compris malgré lui. De Napoléon à l’époque actuelle, l’analyse passe au crible « un siècle montrant qu’au-delà des écarts de contexte, au-delà des singularités humaines, se dégagent de troublantes similitudes d’itinéraires et de situations ». Prenant « la France pour cadre et la République comme référence », l’auteur constate que « les Français aiment l’homme politique qui s’effondre, parce qu’ils pourront l’aider à se relever ». Méfiant à l’égard de l’ambition personnelle du pouvoir, le peuple tient à montrer que c’est toujours à lui que reviendra le dernier mot. Piqûre de rappel à l’héritage révolutionnaire.

Si « l’espace politique a horreur du vide ; les places vacantes sont vite occupées », il semblerait qu’à l’UMP personne ne soit parvenu à s’asseoir sur celle de Sarkozy. Du moins, pour l’instant. Christian Delporte l’affirme dès les premières pages, « les vainqueurs sont ceux qui, par leur habileté et leur audace, savent saisir les opportunités et forcer le destin ». S’emparer du Kairos, en somme, pour s’accorder le luxe d’une revanche triomphale. Alors que des personnalités a priori « finies » sont parvenues à revenir plus d’une fois sur le devant de la scène, le temps montrera bien assez tôt si Nicolas Sarkozy aura droit lui aussi à l’épopée de la seconde chance.

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32 réflexions sur « La (re)conquête »

  1. Penser déjà à 2017 c’est zapper sur les 3 ans qui restent. Soyons pragmatiques : en attendant que va-t-il se passer dans l’immédiat en dehors des belles phrases de discours genre grand oral de l’ENA ?

  2. Un mauvais président fait paraître Sarkozy meilleur qu’il ne l’est. Se pourrait-il qu’un bon président, meilleur que les autres puisse exister?

    Grand-Langue

  3. J’aime la France et sa relation passionnée à la politique 🙂 personnellement Nicolas Sarkozy ne me manque pas du tout. Ceci étant, s’il revient, il sera certainement réélu. Hollande et le PS dans sont ensemble ont déçu l’électorat de gauche. Pour l’instant, je ne vois pas grand monde à droite pour contester le retour de Nicolas Sarkozy. Tout ceci a cependant le temps d’évoluer. Nous sommes à 3 ans des élections il me semble…

  4. La figure de « l’Homme providentiel » * me laisse toujours sceptique, à mes yeux Nicolas Sarkozy restera justement ( & au-delà de la dimension quantifiable de son bilan) le grand artisan de la démonétisation de la Parole publique, dévitalisée dans un océan d’hystérisation & de gesticulation 😉
    * ses ressorts paternalistes & infantiles
    a presto, Antoine

  5. Je suis sûre qu’il va revenir. Je pense que Sarkozy a besoin de la politique, c’est toute sa vie. Et depuis Hollande, les Français le regrettent. S’il se présente à nouveau, il fera sûrement parti des favoris aux prochaines élections présidentielles.

  6. L’art de revenir est d’autant plus facile à exercer en France que l’amnésie généralisée, politique et autre, est grande auprès d’une majorité de la population
    qui se nourrit de l’instantanéité télévisuelle plutôt que des analyses de la presse écrite et de son propre entendement.
    A ne pas négliger non plus que malgré les apparentes divergences politiques, les personnages sont interchangeables, tous étant plus ou moins soumis (le revirement social-libéral du social-traitre Hollande était en ce sens prévisible)
    à la même idéologie d’un totalitarisme néo-libéral mondialisé !

  7. La citation est désespérante dans ce qu’elle révèle des français: les français aiment les hommes politiques qui s’effondrent….je trouve l’approche anglaise, toute de pragmatisme bien plus mature.

  8. Youpie, Bernadette nous a livré un petit rebondissement supplémentaire pour occuper la France le temps que les élections arrivent au mois de mars.
    Perso, je crois qu’on devrait oublier les élections et faire un bon vieux jeu de lutte entre Messieurs Hollande et Sarkosy, style WWF ou sumos. En les enduisant de graisse de canard on pourra peut-être donner un coup de pouce à l’économie du sud-ouest en même temps – le simple fait que Mr Hollande ait porté une casque a suffit pour remplir les carnets de commande de ses fabricants, donc les Présidents, ça vend, surtout en période de révélations chocs.

  9. Les français n’aiment les politiques que quand ils ne sont plus au pouvoir. C’est peut-être aussi pour ça que la France a tant de mal à se réformer…

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