Anti-social Network

Victime de son propre succès, Facebook n’attire plus grand monde. Adulé au départ par quelques « branchouilles » initiées, le Social Network le plus populaire du monde voit désormais son heure de gloire écoulée. Phénomène bien courant du « buzz internet » éphémère. S’il fallait presque se justifier d’être aux abonnés absents il y a six mois – au risque de passer pour un ermite aigri – voilà que même le « réseauteur » aguéri ne supporte plus l’idée d’être devenu la cible d’espionnages commerciaux et autres publicitaires. Comprenez qu’avec ses 800 amis et ses 2 000 Likes à la clé, il n’avait pas vu le coup venir. Se croyant déjà devenu « quelqu’un », en haut de l’affiche, son profil ne serait en fait qu’un vulgaire outil prêt à exploiter, à portée de clic. La claque.

 

À titre personnel, je n’ai jamais aimé Facebook, et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Cédant à l’euphorie sociale et par simple curiosité, j’ai fini par m’y inscrire il y a trois ans. Résultat : l’expérience a duré moins d’un mois, jusqu’à ce que je sois las de ne plus rien trouver de croustillant à me mettre sous la dent. J’ai des canines à affûter, quand même. Si Facebook a ce pouvoir d’exacerber nos travers et pousser à la procrastination, il fait même pire en ôtant la dimension humaine propre au relationnel. Le comble pour un réseau dit « social ». Pourquoi se donner la peine de prendre des nouvelles si l’on a accès aux informations nécessaires en cliquant simplement sur une page ? À quoi bon passer un coup de fil quand il suffit d’apposer un « Like » en guise de « coucou » ? Aussi nombreuses qu’elles soient, ces interactions virtuelles sont vides. Il est loin le temps où l’on comptait ses vrais amis sur les doigts d’une seule main : l’époque veut que l’individu se donne en vitrine pour afficher fièrement ses nombreuses mais superficielles relations. Plus y en a, mieux c’est, et tant pis si on ne les reverra plus jamais. Quel intérêt d’ailleurs, puisque l’amitié se veut utilitaire. À l’origine, Facebook avait la noble mission d’aider ses membres à rester en contact, aujourd’hui il sert plutôt à l’entretien de leur propre ego. À arroser tous les deux jours, a minima, histoire que la base de données serve grassement les stratégies marketing. Je ne crache pas pour autant sur le Social Network : on n’est jamais à l’abri de changer d’avis. Mais si un « poke » ne remplacera pas l’éclat d’un sourire, dites-moi plutôt pourquoi je devrais m’y inscrire.

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64 réflexions au sujet de « Anti-social Network »

  1. Si je me suis lancée sur WordPress, c’était bien pour déguérpir du mur Facebook. Je suis devenue addict, trop addict… Des messages, des likes, des statuts, des photos, des tas « d’amis », etc. Pourquoi? Parce que, pour moi, c’est comme la cigarette, l’alcool, le café; on a parfois du mal à s’en dépêtrer mais j’y suis arrivée. Ca fait une semaine que je me détache peu à peu de ces relations superficielles et j’en suis très satisfaite. Ton article est très bien écrit, j’adore !

  2. Facebook mène à notre perte ! Nos modes de communications chagent et avec ça, les facettes de l’humanité aussi.. Je suis bien d’accord avec toi.
    En tout cas, je trouve ton blog vraiment interessant. Je repasserai. !

  3. J’ai longtemps pensé écrire un article sur la question que tu abordes ici. J’ai été sur Facebook très tôt, en 2006 je crois. Au départ, j’aimais beaucoup ce réseau car, en tant qu’expat, il me permettait de rester en contact avec mes amis. Avec le temps, je me suis rendue compte de la mascarade sociale qu’il s’y jouait. Je suis donc partie, puis revenue, car nombre de mes amis me demandaient de revenir : « c’est plus facile pour inviter tout le monde pour les soirées »… Je suis repartie puis revenue pour raisons professionnelles. En juillet dernier, je suis partie pour de bon.

    Facebook n’est pour moi qu’un outil marketing. Il n’est en aucun cas un bon moyen de rester en contact avec ses amis. Bien au contraire. Je trouve qu’il appauvrit les rapports sociaux – comme tu l’as fait remarqué, tout le monde lit ta page mais personne ne t’appelle pour prendre de tes nouvelles. Il envenime certaines situations du genre : « t’as été à la fête d’untel et pas à la mienne, j’ai vu sur Facebook »

    Depuis que je ne suis plus sur Facebook, mes amis, restés en Europe, me contactent plus souvent pour me donner de leurs nouvelles ou pour prendre des miennes. Ils m’écrivent de longs mails ou prennent le temps de m’appeler pour discuter pendant une heure ou deux.

    Les « réseaux sociaux » sont pour moi pires que la télé des 80/90. En plus de fournir un contenu pauvre, normatif et répétitif, ils sont intrusifs.

    1. Ha ben ça, oui, vous pourriez écrire, sur le sujet, et/mais vous pourriez ne jamais arrêter cesser de le faire…… tellement la matière est abondante, certes pestilentielle et putride, c’est bien mon avis aussi, j’en ai fait des pages, à ce sujet, je nommais la plupart de ces textes « colère » et « c’est toujours le samedi », tellement il est vrai que les abrutis se manifestent massivement pour leur premier jour de repos hebdomadaire…….

      Comme écrit plus haut, je n’ai jamais eu de profil Facebook, d’emblée ce truc puait la mort, le vulgaire, le médiocre, l’arnaque, la pourriture….

      Et pour faire le lien avec la télé que vous citez, si j’ai spontanément eu cette réaction de rejet pour cette toile nauséabonde, c’est parce que de toute ma vie, je n’ai jamais eu la télévision dans mon environnement personnel/familial, etc.

      Cela dit la télé d’avant 80 c’était pire, parce que le point de départ de l’édification du tas de fumier et après 90, c’est carrément la fosse à purin à ciel ouvert….

      Vous n’avez apparemment pas de blog wordpress, tant pis…..

  4. Facebook peut être très utile pour entretenir ses relations d’amitié à distance lorsque certains sont à l’étranger mais aussi à partager cependant comme tu le dis si bien maintenant les personnes préfèrent entretenir leur égo et prouver quelque chose aux autres et du coup ça peut créée des malaises sociaux pour les jeunes/ados.
    Pour ma part j’avais quitter définitivement facebook il y a 3 ans pendant presque 3 mois cependant je me suis rendu compte dans ma vie associative de l’époque que c’était super pratique et que je n’étais pas au courant de tout sans facebook donc je m’étais réinscrite. Hier soir, j’ai désactivé mon compte et penses éventuellement à le supprimer totalement d’ici quelques temps. Le soucis c’est qu’il me permet de garder contact avec des amis et de la famille à l’étranger. MSN était pratique à l’époque maintenant retour à Skype je pense ! (=

    J’aime vraiment tous tes articles ! merci pour ton partage 😉

  5. Je n’avais pas vu ton article (décidément tu postes tous les jours!). Je ne te jetterai pas la pierre car je connais des gens qui ne sont pas sur Facebook et qui le vivent bien. Malheureusement, le réseau social m’a rendue addict, passant des heures de ma journée sur internet, pour au final, rien du tout! Je deviens une espèce de voyeuse cynique qui redore son blason en riant grassement des tronches des autres. Faire ça virtuellement… alors qu’on pourrait le faire toutes les deux sur un banc dans Paris 😀

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