Du bonheur, un voyage philosophique

« Il n’y a qu’un seul devoir : se rendre heureux. » Denis Diderot.

dubonheurPassée au crible de nombreux philosophes et derrière son apparente banalité, la quête du bonheur demeure encore aujourd’hui une énigme partiellement résolue. Label d’une existence réussie, la béatitude tant convoitée devient même une exigence fondamentale, à l’heure où tout le monde « se doit » d’être heureux. Si Frédéric Lenoir souhaitait depuis longtemps s’atteler lui aussi à ce vaste sujet, son dernier livre Du bonheur, un voyage philosophique aux éditions Fayard s’éloigne des recueils de recettes pré-mâchées, qu’il suffirait de mettre en pratique pour atteindre l’effet placebo escompté. Tranchant avec le simplisme de certains gourous, il invite à une promenade spirituelle vivifiante, croisant les regards de penseurs d’orient et d’occident avec les dernières enquêtes scientifiques, confrontation de savoirs détachée de tout dogmatisme. Entre Spinoza, Bouddha ou encore Épicure, ce concentré de sagesses passionne autant qu’il pourrait dérouter, tant les questions qu’il pose se multiplient à mesure qu’il en dévoile les réponses.

Si Lenoir se définit lui-même comme un « électron libre », passant de Diderot au Christ au risque de paraître « brouillon », les contours de sa pensée n’en restent pas moins bien tracés. À l’époque où la boulimie du posséder a pris le pas sur l’être, l’auteur revient sur les sources du bonheur essentiel, cet état recherché de tous mais que l’on a bien du mal à mesurer. Face à l’encombrante succession de plaisirs futiles (et à terme, paradoxalement frustrants), la voie du juste choix s’imposerait comme la paroi la plus solide contre les aléas de la vie. Ivresse d’un bien-être enveloppant et joyeux, libéré des vampirismes comme des angoisses existentielles, à condition de savoir le construire et le nourrir. « Le rire de celui qui a atteint la félicité est sans pourquoi » disait Tchouang-tseu. À défaut d’avoir trouvé toutes ses réponses, c’est avec une sensation d’apaisement durable et le début d’un travail sur soi que le lecteur refermera les pages de ce livre. N’est-ce pas, somme toute, le début du bonheur ?

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45 réflexions au sujet de « Du bonheur, un voyage philosophique »

  1. J’en ai mangé des livres sur l’estime de soi, la quête du bonheur et autres titres racoleurs. Finalement, ces écrits n’ont fait que brouiller ma pensée. Aujourd’hui je suis heureuse. Comment? Seulement en le pensant, en le voulant. Un matin, je me suis levée en me disant : « tout va bien, souris à la vie, elle est merveilleuse ». Cela fait des mois que ça dure.
    Cela me fait souvent ça : quand j’ai des problèmes de psychologie, je lis des articles, des bouquins mais cela ne fait qu’embrouiller mon cerveau et me rendre encore plus stressée 🙂

  2. Magnifique article sur un sujet tellement à la mode !
    Tout le monde veut sa part de bonheur et semble faire tout et n’importe quoi pour l’atteindre, au risque de s’en éloigner
    Je ne connais pas ton livre mais j’ai lu il y a quelques années : M Ricard  » plaidoyer pour le bonheur » livre que je relis ou consulte régulièrement,
    car on ne se corrige pas comme ça, en quelques coups de pensées sages et philosophiques
    Cents fois sur le métiers remettez votre ouvrage…

  3. Merci pour cet article joliment tourné, sur un livre que je serai curieuse de lire après les je-ne-sais-combien qui m’attendent déjà! 🙂

    De mon humble point de vue j’ai le sentiment que la recherche de l’être est en train de prendre le pas sur la boulimie de posséder, après que la crise soit passée par là… D’où la prolifération des ouvrages de méthodes en tous genres pour être heureux.

    Sauf que les gens ont oublié qu’accéder à la félicité, la béatitude (à mes yeux à distinguer du bonheur qui serait la succession de petits plaisirs, mais qui voue forcément à la déception ou frustration puisque cela s’arrête à un moment) est le travail de toute une vie.

    Pas quelque chose que l’on apprend en lisant un bouquin.Un vrai marathon, pendant lequel nous pouvons aussi être désemparés, traverser tout un tas d’épreuves pour nous montrer que nous sommes sur le « bon chemin » etc. La félicité dont les sages parlent n’est rien d’autre (pour moi) que le fait d’avoir trouvé son véritable Soi; dépouillé de tous les conditionnements qui nous enveloppent dès notre naissance… Le long travail de retirement de tous ces voiles mène au bonheur permanent puisqu’il nous fait nous voir tel que nous sommes… En résumé, être heureux = être Soi. (au sens profond du terme, si je puis dire…)

    Je ne suis pas vraiment partisane des ouvrages pratiques pour apprendre à vivre, je préfère inviter à lire Sénèque (apprendre à vivre…) ou écouter le Dharma du Bouddha. Car Bouddha était le premier à dire voilà, je vous propose un chemin, je vous dis ceci ou cela, mais tout comme vous vérifieriez la qualité de l’or que vous vous apprêteriez à acheter, vérifiez chacun de mes propos. Investiguez, décortiquez, réfléchissez, leur véracité au fond de vous. J’ai toujours privilégié l’expérience aux lectures de sagesse en tous genres, même si bien sur j’en consomme aussi 🙂

    Merci de m’avoir inspirée de la sorte 🙂

  4. J’aime beaucoup Frédéric Lenoir … sur les ondes. Par contre, je ne l’ai encore jamais lu. Il est peut-être temps.
    Ravi de t’avoir découverte à mon tour et merci pour ton passage chez moi.

  5. Le bonheur, un petit mot pour de si grandes définitions.. Pourtant, il n’est que morceaux dans toute une vie! Je pense que ce livre doit être très intéressant, et enrichissant!

  6. Super, on m’avait parlé de F.Lenoir, mais en ayant marre des « gourrous du bonheur », j’avais peur que ses écrits soient simplistes et un peu illuminées comme peuvent l’être ceux d’autres « auteurs du bonheur »… ta critique éveille un peu plus ma curiosité et m’amènera surement à me procurer ce livre !

  7. Frédéric Lenoir est de plus en plus médiatisé, c’est une bonne chose que les philosophes rendent les textes philosophiques accessibles et cet auteur à le mérite de s’exprimer avec clarté et simplicité. Ne boudons pas la « vulgarisation » de la philo !

  8. Très bien dit par ici Poline et chaque commentaire apporte une vision différente de ce que l’on appelle Bonheur.
    Je viens de finir l’Art du Bonheur du Dalaï-Lama écrit par le psychiatre Howard Cutler
    Ici les premières page du livre en audio, je t’invite à l’écouter.

    Je ne connais pas Frédéric Lenoir, tu m’inspire, merci.

    1. Un grand merci ! J’ai écouté un peu plus de la moitié hier soir avant de m’endormir, un vrai plaisir ! Existe-t-il une version audio intégrale du livre ?

  9. Bonjour Pauline .
    Tu expliques très bien ce livre que j’ai mis en avant dans mon article du 19 janvier 2014 avec celui de Christophe André  » Méditer , jour après jour  » qui a lui aussi, une approche différente pour nous initier à la méditation . Bonne Journée

  10. J’aimerai beaucoup lire cet ouvrage. Personnellement, je pense que le bonheur est accessible à tous. C’est nous qui décidons si on veut être heureux ou pas. Tout dépend de notre attitude, de notre vision des choses et de la vie. On ne peut trouver le bonheur dans les choses matérielles (ce  »bonheur » est bien souvent éphémère). Par contre, on peut apprendre à reconnaitre le vrai bonheur, à le ressentir en nous, car c’est bien en nous qu’il se trouve.

    crée ta vie

  11. Les injonctions du bonheur mais aussi du plaisir sont omniprésentes aujourd’hui et parfois cela m’énerve grandement ! J’aime la description que tu fais de cet ouvrage, cela donne vraiment envie de le lire et de repenser le bonheur si souvent galvaudé !

  12. Encore un article très bien écrit, et qui me donne vraiment envie d’acheter ce livre !
    Je pense qu’il est parfois utile de se poser les bonnes questions, et de réfléchir au sens profond de ce que l’on appelle le bonheur.
    A bientôt,
    Laury

  13. je pense, enfin c’est moi qui pense lol c’est peut etre idiot mais je pense que le bonheur, bah, dans la vie ya pas vraiment une vie de bonheur,par contre dans notre existence nous vivons des moments des instants de bonheur voilà, et quant aux aléas de la vie, deuil, maladie, violence , pauvreté etc, on peut essayer de trouver non pas le bonheur mais le calme et positiver peut etre pour aller retrouver du bonheur, quant au malheur, le truc, c’est que c’est ce qui est difficile qui est douloureux qui reste et paralyse les gens, je pense que avant de travailler sur le bonheur qui normalement devrait être à nous tout le temps, on devrait travailler sur le malheur pour l’éviter ou le soigner,
    je lirai ce livre pour m’ameliorer alors

  14. Je constate une belle synchronicité dans le foisonnement des articles aux penchants philosophiques sur nos blogs.
    J’ai adoré le livre de Frédéric Lenoir (je les aimes tous, d’ailleurs) et tu parles si bien de cette quête de l’Être, Polina….
    Puisse-t-elle prendre le pas sur le paraître

  15. Il est dans ma bibliothèque depuis 1 mois, je l’ai eu pour Noël, mais je dois finir d’autres livres d’abord ! Je vais pouvoir juger de cela ! Je vois en tout cas que nous avons les mêmes centres d’intérêt 😉 Merci pour cet avis !
    A bientôt !

  16. Pour ma part, j’ai depuis longtemps trouvé la solution et ne suis plus en quête. Ado, je m’étais lancée dans les lectures du Dalai Lama que je trouvais très justes. J’approche le bonheur serein en appliquant quelques principes dont la simplicité est à la portée de n’importe quelle personne: A quoi bon le mécontentement finalement quand être heureux peut être si simple?

  17. C’est décidément un sujet bien à la mode. Le bonheur rend-il plus attentif aux autres pour autant? Sans doute s’il est authentique. Mais à travailler dans un des quartiers les plus à la mode de Paris, remplis de jeunes gens habillés et coiffés de la bonne manière, avec l’âge qu’il faut et les revenus qui permettent de passer ses soirées au restaurant, je vois certes qu’ils sont heureux entre eux mais que l’idée d’avoir un regard pour qui est différent ne les touche même pas. Je ne parle pas de la vague idée qu’il faut être « pour » telle ou telle condition défavorisée. Je parle de l’ordinaire voisin de palier, vieux, ou gros, ou moche, bref qui ne leur ressemble pas.

  18. La philosophie est pour moi une science intéressante mais avec laquelle je me suis assez peu familiarisé.
    A mon avis, il y a deux types de bonheur:
    – l’immédiat, qu’on peut obtenir par la lecture d’un livre, une sortie…
    – le durable mais qui s’obtient au terme d’un parcours semé d’embuches.
    Ah j’en ai oublié un, il y a la sagesse: être capable de se concentrer sur l’essentiel, de se retirer et de se ressourcer par rapport au monde extérieur prenant.

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