Contrefaçon : souvent copié, jamais égalé

De la tyrannie du « posséder », la contrefaçon est certainement l’un des symptômes les plus criants aujourd’hui. Lacoste, Dolce&Gabanna ou encore l’incontournable Louis Vuitton, combien de grandes marques ont perdu de leur prestige face aux multiples copies vendues sur la plage ou entre deux stations de métro ? À la sauvette, en moins de temps qu’il n’en faudrait pour cuire un oeuf : du réchauffé à l’état pur. Pas vu, pas pris, et vous voilà jouer les bling-bling avec une paire de lunettes en toc, à l’identique de celle que vous rêviez autrefois d’acquérir. L’étincelle en moins, la rengaine du plastique premier prix : l’heureux propriétaire !

Exploitant cette frustration mal assumée – car c’est bien de cela qu’il s’agit – les mafias chinoises, russes et africaines filent leur mauvais coton à foison pour combler la plaie béante d’un consommateur trop gourmand pour ses moyens. Quand beaucoup suent volontairement pour espérer s’offrir un jour « leur premier » sac Chanel avec fierté, d’autres s’en donnent à coeur joie dans le « fake », faute de pouvoir acheter ne serait-ce que le modèle le moins cher de la maison désirée. En cause, le prix exorbitant, triant la clientèle de facto pour ne cibler que le gratin de la société. Un parti pris compréhensible venant de « l’inaccessible » tant convoité.

Mon intention n’étant pas de soulever la question morale de ce genre de pratique, je me demande toutefois quelle satisfaction peut-on tirer d’une vulgaire copie, quand la pièce de créateur se veut porteuse de tout un symbole, signature emblématique de l’aura d’un style intemporel. Une griffe propre à chaque couturier, qui surpasse même l’acte d’achat en tant que tel. On aura beau collectionner les modèles contrefaits, de pâles imitations n’offriront jamais la part de rêve essentielle de l’authentique, ni le plaisir renouvelé de le porter à chaque fois qu’on le sort du placard. Quitte à devoir économiser pendant des années, le fantasme ne s’accomplit que rarement d’un bref claquement de doigts: il n’en devient que plus précieux dans cette course à l’acquisition.

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67 réflexions sur « Contrefaçon : souvent copié, jamais égalé »

  1. Eh oui, le rêve inaccessible devient réalité pour beaucoup via le « fake ». Pour ce qui est de l’image des marques, je me demande si celles- ci perdent réellement de leur prestige ou si elles n’en profitent pas un peu de cette renommée? Est-ce que le fait de se faire copier nuit réellement à leur image de marque? Je me suis toujours demandé pourquoi les grandes enseignes de luxe ne font rien par exemple pour fermer les sites de ecommerce proposant des contrefaçons, ces sites sont très visibles et accessibles par tous finalement, il suffirait d’un claquage de doigts pour procéder à leur fermeture mais non… ils sont toujours là. Bises bises et bravo pour ce joli blog! Bee.

  2. Personnellement je préfère avoir un sac classique plutôt qu’une copie. Je trouve ça vulgaire. Soit j’économise et j’ai du plaisir à acheter la pièce que je convoite, soit j’achète totalement autre chose. La contre-façon tue les marques de luxe.

  3. Les gens devraient se contenter de ce qu’ils ont 🙂 Je n’ai jamais rien eu portant une marque prestigieuse. Je n’en ai pas besoin. Un sac Chanel ne m’aidera pas à payer mes factures ni à améliorer ma vie, loin de là 😉

  4. Je trouve indécents les prix pratiqués par certaines maisons et cela me fait sourire la contrefaçon. Cela témoigne de notre magnifique époque ou l’apparence, même fake, compte plus que la réalité, le fond et le contenu. Je suis triste pour toutes ces personnes (notamment à Paris) qui se privent de tout durant un ou deux ans pour s’acheter une pièce en peau de bête… Quand le monde offre mille merveilles à contempler bien plus enrichissantes!

  5. Ta conclusion est le reflet exact de ce que je pense.
    Ok, la contrefaçon ressemble de loin à un vrai. Mais quel plaisir a-t-on quand on sait bien que ce n’est pas un vrai ? Pour ma part, ça me dépasse. Je préfère me passer de ces faux sacs Vuitton même si leur apparence me plait au plus haut point, et espérer m’en offrir un vrai, un jour. (:

  6. La contrefaçon, vaste sujet! En mode, la désinvolture d’une Chanel n’est plus de mise. Mais, les marques qui font fabriquer leurs modèles à l’autre bout du monde ou exploitent éhontément leurs sous-traitants, ne sont-elles pas un peu responsables du développement de « marchés gris »? Que penser de ces sous-modèles « spécial soldes et braderies » que développent certains labels? Et de cette façon de recycler perpétuellement les idées, souvent venues des « petits » créateurs indépendants, pour produire des collections plétoriques? Bref – et j’évoque là exclusivement la mode-, j’ai un peu d’indulgence pour les acheteurs – naïfs finalement car la mauvaise contrefaçon se détecte très facilement!

  7. Marques, contrefaçons tout ça n’existe finalement pas, je suis sûre que ce sont les marques elles mêmes qui ont lancé les contrefaçons. Comme les mecs qui vendent les pesticides et les traitements contre les cancers qu’ils engendrent. Pourquoi les contre façons feraient souffrir les grandes marques alors que ça ne touche pas du tout la même clientèle ? Comment ça pourrait toucher leur image ? Moi si je fais du Picasso je ne pense pas que ses toiles vont en prendre un coup pour autant, sauf je suis « meilleure » 😉 et en fait même pas. Bref : moi pas comprendre votre raisonnement…
    Sortez de tout ça…vous êtes en train vous même de vous engluez dans ce que vous dénoncez : la société de consommation, vous êtes en plein dedans.
    Le mode ça n’existe pas non plus.
    Et mauvaise nouvelle aussi : « Dieu est mort »…

    1. C’est une belle réflexion, je n’y avais jamais pensé, au coup du « 2 boutiques, 1 seul propriétaire »! Et effectivement, la contrefaçon n’attire que des gens qui ne seraient, de toute façon, pas entrés dans leurs boutiques de luxe.
      Par contre… Dieu est vivant! et ça, quoi que tu en dises! 😉

  8. Réflexion très intéressante.

    Dans tous les cas, toutes les marques se copient un peu entre elles. J’ai audité des sociétés de distribution de textiles, et elles ont toutes des litiges avec d’autres marques qui les attaquent pour contrefaçon. Ca peut être juste un petit détail qui rappelle un modèle…
    J’ai acheté une robe chez Maje cet été, qui n’est autre qu’un modèle repris de Lanvin. Donc du fake, il y en a partout, et on ne s’en rend pas toujours compte!

    Perso, j’ai du fake: des petites ballerines chat de chez Zara kids (imitées des ballerines chat de Charlotte Olympia), je viens d’acheter les fake des Rockstud de Valentino… Après tout dépend du prix que l’on veut mettre dans chaque pièce pour les acquérir. On sait très bien que ce ne sera pas de la bonne qualité, que ce n’est pas du cuir mais c’est un choix. Je n’achète pas un fake pour faire croire que c’est un vrai (dans tous les cas, ça se voit quand c’est du fake!!!), mais je l’achète parce que je trouve le modèle joli et que personnellement, même si je peux avoir les moyens de me payer une jolie pièce originale, je ne peux pas psychologiquement dépenser 1000 euros dans une paire de chaussures…! (pour les sacs, c’est différent. Je suis pro original et je suis méga contre les fakes des sacs à main de luxe).
    Le fait d’avoir des fakes ne me donnent plus envie d’acheter les vraies car la mode évolue tellement vite que dans un an, je n’aurai peut être plus envie de les porter…

    Bonne soirée,

  9. La société de conso et son « je veux tout tout de suite » font souffrir la mode aussi.. Non à la copie et la destruction de l’identité créatrice par la même occasion.!

  10. La contrefaçon est comme un virus qui atteint les marques les plus prestigieuses! Combien de nanas voient on, habillées en jogging dégueulasse, avec un « beau » Vuitton au bras? On s’approche d’un peu plus près, ah mais oui, c’est un faux, on le voit rein qu’à l’usure précoce et au gainage du « cuir »… Les marques prestigieuses ne sont pas faciles d’accès, mais de là à acheter une copie, sans doute fabriquée par des petites mains innoncentes … Ben je dis NON

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