« Avant, c’était mieux »

Le virus du vieux con. Je crois bien qu’il frappe avant l’heure, car le « paradis perdu » n’a hélas plus rien d’un mythe. Si la faculté de s’émerveiller de tout devient de plus en plus rare de nos jours, rien d’étonnant à ce qu’elle touche les enfants eux aussi. « Avant, c’était mieux », sonne l’éternel refrain. Pas complètement je le concède, mais immanquablement par certains aspects. Quand les générations précédentes se rappellent de leur jeunesse insouciante avec de grands soupirs nostalgiques, que reste-t-il des valeurs refuges et des plaisirs régressifs qui illuminent encore leurs regards ? Pas grand chose, avouons-le. Même nos « madeleines de Proust » n’ont plus la même saveur que celles de nos parents, transcendés par la charge émotionnelle d’un souvenir aussi « futile » que l’odeur d’une tarte aux pommes préparée avec amour. Ne parlons même pas des dessins animés actuels, leur aura n’égalera jamais les Roi Lion et Aladdin à l’ancienne, malgré les millions déboursés et les nouvelles technologies à l’appui. Rien à faire, la sauce ne prend pas : à croire que la soupe est vraiment meilleure dans une vieille casserole. Ou dans un emballage rétro, comme en témoignent les innombrables campagnes marketing qui veulent ressusciter leurs fondamentaux en produits « réconfort ». Faute d’idéal, on se remplit la panse pour étancher la soif, grands blasés que nous sommes.

On aura beau critiquer Barbie et les méfaits psychologiques de sa taille de guêpe inhumaine, ce jouet a fait l’exception de créer l’étincelle dans les yeux de toutes les petites filles qui la tenaient dans leurs mains. A quelle part de rêve ont-elles droit désormais, avec des poupées Bratz ou Monster High qui tiennent plus de Lady Gaga que d’un véritable modèle à suivre ? N’en déplaise à certains, si les enfants demandent dès 10 ans « des sous pour Noël », c’est bien la preuve qu’ils ont cessé de rêver depuis un moment déjà. La faute à la petite souris sans doute, ou à ce vieux barbu qui n’existe pas. Blagues mises à part, aussi naïfs que certains contes de fées puissent paraître, ce sont bien eux qui sèment en chacun la part d’enchantement indispensable à toute existence, sans laquelle progrès et grandes découvertes n’auraient jamais été possibles. A commencer par la Lune. C’est un fait établi: rares sont les cas où l’Homme parvient à se contenter d’une existence ordinaire, terre à terre à outrance et imperméable à la moindre fantaisie. Alors pourquoi se priver de l’élan poétique que lui confère un brin d’idéalisme, surtout quand le corps tout entier le réclame ? D’autant plus que le rêve est gratuit, et la liste des possibilités infinie. De quoi rendre demain peut-être même meilleur qu’hier.

 

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72 réflexions sur « « Avant, c’était mieux » »

  1. Même en étant encore dans le début de la vingtaine, je dois quand même avouer que par exemple niveau dessins animés, y’a quand même pas photo !!

  2. Je n’ai mm pas encore 29 ans (dans qq jours…) et pourtant j’ai du attraper le virus « du vieux con » comme tu dis!! c ‘est vrai que c’était mieux avant!! et en toute objectivité lol ceci dit, ca fait peur pour nos enfants et les enfants de nos enfants et les enfants des enfants de nos enfants…

  3. Je ne sais pas si c’était mieux avant ou pas. A vrai dire je me le dis assez rarement. Je pense qu’il y a du mieux et du moins bien mais que l’humanité poursuit son évolution. Vers quoi? C’est ça qui me fait parfois cogiter. Cette grande inconnue et parfois je me dis que la vie humaine est très courte et que j’aimerais savoir comment sera le monde dans 100 ans!
    En attendant ça ne m’empêche pas d’être nostalgique parfois. J’aime bien ton style d’écriture en tout cas.

  4. Ahaha quand j’ai lu le titre de ton article j’ai rigolé car c’est la phrase qu’on me reproche de dire souvent « c’était mieux avant ». C’est vrai les dessins animés était plus jolis, plus romantiques, et entrainait bien plus aux rêves que maintenant. Pour moi la musique aussi était mieux avant. Enfin, je ne vais pas énumérer tout ce que je trouvais mieux avant 🙂 mais d’une manière générale pour moi les choses étaient moins superficielles et c’est pour ça qu’on les trouvait mieux.
    Bisous

  5. Je me suis dit que c’etait mieux avant lá semaine derniere au photmaton. Avant, tu avais 4 vues differentes et tu pouvais choisir la moins pire. Maintenant si tu es moche, c’est sur 4 photos! Blague à part y’a vraiment dês turcs mieux maintenant aussi…mais lá, c’est vraiment trop long à exposer!

  6. C’était mieux avant, une phrase qui m’énerve parfois dans la bouche de vieux oncles et tantes qui vivraient dans le passé s’ils pouvaient.

    Et en même temps, il m’arrive de le penser. Je ne trouve rien de plus triste que ces petites filles qui veulent porter des talons en primaire, se soucient de leur coiffure et voudraient porter du maquillage. Moi, à leur âge, je me préoccupais de ne pas me faire attraper au loup glacé et de coucher mes poupées dans leur petit lit douillet. (:

  7. Je ne pense pas que c’était plus simple avant, mais les gens se prenaient moins la tête. A force de courir après un bonheur éphémère, nous passons à coté de plein de choses à portée de mains… vivons la vie à pleines dents sans chercher plus loin ce qui est tout à coté, ouvrons les yeux sur les belles choses que la vie nous offre. Bises

  8. Pour ma part, je regrette de ne pas être née plus tard. J’enrage à l’idée de tout ce que je connaitrai pas. Pourquoi être nostalgique du Walkman quand on peut avoir 10000 chansons dans son Ipod? Le c’était mieux avant… Je pense que le rapport a soi peut être; trop de narcissisme nous rend con et sans classe

  9. J’ai l’impression qu’ « avant, c’était mieux » est une réalité universelle, et pas seulement une ruminerie de vieux cons. Exemples :
    Le bébé en train de naître pleure parce qu’avant, c’était mieux !
    Le jeune actif regrette ses années d’étudiant, parce qu’avant, c’était mieux.
    Les parents ont la nostalgie de quand ils ne l’étaient pas, parce qu’avant, c’était mieux.
    Les disques vinyles, c’est d’avant, et c’est mieux; la photo argentique, c’est d’avant, et c’est c’est mieux; les clafoutis de mamie, c’est d’avant, et c’est mieux;

    Et je dirai même plus : l’homme s’est toujours inspiré de ce qui était mieux dans l’avant, pour bâtir son après idéal. Parce qu’après sera mieux si l’on s’inspire de ce qui nous manque d’avant.

  10. Ahhh mince….Je crois que je suis un « vieux con »….Rire…Je pense qu’avant tout était plus simple….Aujourd’hui, je trouve que les gens se prennent trop la tête…Au risque de passer à côté de choses simples…

    Il faut vivre sa vie, la brûler par les deux bouts…On reste maître de sa destinée après tout…

  11. Je ne suis pas totalement convaincue qu’actuellement les enfants aient perdu leur part d’émerveillement. Il y a du changement c’est certain, cette génération n’est pas la même que celle d’il y a seulement 5 ans. Mais parfois quand au boulot je me pose un peu dans un coin et que j’observe les enfants qui jouent dans le grand parc qui accueille notre centre de loisirs, je vois poindre « la guerre des boutons ». Je ne suis pas certaine que ce soit les enfants qui changent, je pense que c’est le regard des adultes sur eux qui induit tout cela.

  12. J’en parlais justement avec des amis il n’ y a pas longtemps^^ les nouvelles générations grandissent trop vite et perdent trop vite cette insouciance par soucis de devenir grand! Mais le problème est posé par leur éducation, et la société qui change elle aussi… un sujet tellement intéressant!!
    Bisous bisous

    http://lironsdelle.com

  13. Je suis quelqu’un qui ai assez tendance à vivre dans mon temps, je ressase donc assez peu sur avant … Par contre, je peux quand même être ‘vieille conne’ sur d’autres sujets 😉

  14. Polina j’espère que tu ne le prendras pas mal, mais la police de tes article est beaucoup trop petite ce qui fais qu’à chaque fois que je viens sur ton blog la nuit (comme là il est 4h15) je dois plisser les yeux à travers mes lunettes et c’est duuur. Du coup j’ai pas lu ton article, donc je reviendrais le lire demain. Je sais ce commentaire est inutile. Bisous.

  15. J’ai vraiment l’impression qu’il y a une perte de repères dans cette culture de l’éphémère. Du coup, difficile de trouver du sens et du goût dans ce qui nous entoure. Pourtant, je conserve cette capacité d’émerveillement et la recherche.

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