Névrose psy

nevrose-psy« Psychologiquement corrects » s’abstenir. À l’heure où la thérapie s’est imposée dans toutes les sphères de la société occidentale comme une nouvelle croyance, Alain Valterio dénonce les effets pervers de cette « psyrose » dans un livre polémique et percutant. « Ce néologisme s’est imposé à moi en raison du fantasme qu’il fait miroiter : une vie sans blessures dont il faut profiter comme d’une friandise », écrit-il pour introduire son ouvrage Névrose psy.Un bien de consommation comme un autre, somme toute, où l’impératif de bonheur transforme le moindre dérapage en pathologie inquiétante, et chacun d’entre nous en victime potentielle. De quoi frôler l’hypocondrie quand la soft dictature échoue bien souvent à mettre le patient à l’abri de toute épreuve, et ce malgré ses discours complaisants.

nevrosepsySi les dogmes d’un monde rose bonbon donnent toujours la raison au plus faible, l’excès de psychologisation serait-il en passe de nous rendre tous fous à petit feu ? Quitte à devoir écouter son « enfant intérieur », autant essayer de vivre – vraiment – sans intellectualiser à outrance. L’auteur l’affirme, c’est autour de nos « erreurs que parfois nous nous construisons le mieux »: alors autant apprendre à faire passer la pilule plutôt que d’avaler des cachets.

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50 réflexions au sujet de « Névrose psy »

  1. C’est un peu cette vision des choses qui m’a permis de comprendre que je ne ferais pas psy, mais graphiste! Tu sais ce qu’on dit: un psy est un fou mal soigné! Donc on est tous un peu plus fous les uns que les autres ^^

  2. 50% de mes amis consultent. je trouve que ça fait beaucoup une personne sur deux, non ? Pourtant certains je ne sais pas trop quels « problèmes » ils ont car rien ne semble hors du commun. Pour certaines personnes je trouve que ça peut aider à surmonter un divorce, un décès ou autre chose de très difficile, mais quand ça dure 6 ans, 10 ans des fois j’me demande si ça veut pas dire que le psy est mauvais ?

  3. Ravie d’avoir le lien qui redirige vers le travail de l’illustratrice 🙂
    Thème très intéressant. Je vais aller me documenter de ce pas sur ce nouvel ouvrage.
    Bises.

  4. ce n’est pas mon cas, mais certaines personnes ont besoin de se confier pour avancer, et ne sont pas aussi fortes que d’autres. Je suis à 100% convaincue qu’un médoc n’arrange rien, mais du coup il faut savoir faire un travail sur soi, et certains adultes ne savent pas le faire seuls….Par contre ce qui me dérange, c’est de voir tous ces gosses qui vont chez le psy maintenant pout telle ou telle raison, j’en ai un tas autour de moi, pour certains avec des problèmes minimes, je ne comprends pas ce fléau effectivement. (au hasard, la gosse de ma collègue qui y va parce qu’elle a des soucis de compréhension en maths à 8 ans!!! je me me meurs….)
    flo
    jaivoulutester.over-blog.com

  5. Je ne sais si je névrose ou si je psychote, mais il me semble que Polina a modifié la forme de son blog. Merci ! Grâce à toi et aux gros caractères de cette nouvelle présentation, je peux profiter de ton style inimitable même sans lunettes ! 😉

  6. Je ne me lasse réellement pas de lire ce que tu rédige, c’est parfait et toujours totalement véridique. Ayant un passé assez tourmenté par les psy etc.. je pense effectivement que l’on se soigne soit même, et puis pourquoi appelé ça « soigner », nous ne sommes pas malade, juste mal intérieurement. Je pense que les psy nous délivre d’un poids : celui de parler à quelqu’un d’extérieur à tout sujet au problème. Mais je ne pense pas qu’ils nous soignent, ni qu’ils nous aident. En réalité nous choisissons notre destin en fonction des chemins que nous prenons, et peu importe ce que dis le psy, nous choisissons toujours celui que l’on veut. Celui qui nous aide à nous en sortir sera toujours celui qu’on trouve soit même. Le spsy sont là pour nous délivrer de nos pensées et de nos tourments, mais ils ne sont pas là pour nous mettre « la tête hors des problèmes ».

    Ma façon de penser peut-être perçu comme une mauvaise remise en questions des psychologue mais en réalité nous avançons par nos propre choix.
    Bisou, continue à écrire de si beau texte !

  7. Coucou Polina.
    Je n’ai pas lu le livre, je n’ai donc pas les mots exacts de l’auteur.
    Mais en me basant sur ton billet, je dirais que cette façon de présenter les psys est totalement réducteur.
    N’oublions pas que la personne qui se tient à suivre, des années durant, plusieurs fois par semaine, une psychanalyste, a dépassé l’effet de mode ou la gourmandise: c’est une personne en souffrance.
    D’autant plus qu’engager une psychanalyse, c’est éviter de régler les problèmes en gobant des médicaments. C’est plutôt accepter la mort, et la réalité de la vie donc, par la parole.
    Concernant les psychiatres, j’espère qu’ils ne prescrivent pas de médicaments à l’aveuglette; il me semble tout de même qu’ils côtoient des personnes extrêmement mal en point.
    Encore une fois, peut-être l’auteur fait-il bien ces distinctions: pour oser s’attaquer à un tel sujet, j’espère qu’il le connaît et l’a vécut.
    Et qu’il sait faire la différence entre le médecin. Et le charlatan.

  8. Moi je dirais plutôt que je me nourris de mes échecs , plutôt que de mes erreurs … je ne les place pas exactement au même niveau. Les erreurs, on peut les corriger et oublier … les echecs, il faut d’abord les digérer avant d’en tirer des enseignements.

  9. Je considère que le bonheur ne peut être ressenti qu’après avoir vécu des périodes difficiles. Sinon, comment savoir si l’on est heureux, si on l’a toujours été!
    Belle réflexion!
    Bisous
    bows-and-girls.blogspot.fr

  10. L’abus de psy n’est pas bon mais à l’inverse, la peur du psy n’est pas mieux. Personnellement, je vois un psy une fois toutes les deux semaines et cela m’aide à avancer… pourtant, quand j’en parle aux gens, il y a toujours cette peur du psy, comme si aller voir un psy était honteux, ou un dernier recours alors que je pense que ça peut être une bonne chose de se faire aider parfois 🙂

  11. J’ai bien aimé le « Autant apprendre à faire passer la pilule plutôt que d’avaler des cachets. » ^^ Ca résume très bien!
    C’est vrai que maintenant les gens font un peu des thérapies un peu pour rien… Alors certes pour certains c’est nécessaire mais il ne faut pas faire une fixation sur tout, je suis bien d’accord 🙂

  12. Il y aurait tant de choses à dire sur ce qui peut se passer entre un patient et son ou sa thérapeute. Comme partout, il y a de très mauvais psy qui ne font pas honneur à la profession. Elles sont souvent jeunes et inexpérimentées et mis en cmp pour affronter des situations qui bien souvent les dépassent. Mais il y a aussi quelques personnes qui valent vraiment le coup et qui te font avancer. La thérapie n’est pas faite pour nous empêcher d’affronter les choses de la vie. Elle est là pour nous aider à mieux vivre avec ses propres fantômes.. Je recommande toujours des psy qui ont un certain âge et donc suffisamment de vécu personnel et professionnel pour pouvoir comprendre les choses qui se passent dans nos petites têtes. Je te rejoins lorsque tu dis que l’on a tendance à rendre « pathologique » des choses qui sont seulement des petites déviances, des traits d’originalité qui font la richesse des hommes et des femmes de ce monde. Quel ennui si nous étions tous sain d’esprit à cent pour cent 😉 et puis où se situe la frontière entre la folie douce et la folie qui vous ronge et vous coule peu à peu rendant nécessaire la consultation d’un ou d’une psychiatre ou psychologue. Ne pas dramatiser tout le temps et puis se dire que se ne sont que des êtres humains et non des Dieux.. les psy aussi ont leurs failles, leurs petits démons intérieurs ! Le livre d’Onfray sur Freud m’avait beaucoup plu. Je pense que je pourrais retrouver le même plaisir avec celui là. J’aime bien quand on remet en cause les totems. La psychologie est un Totem dans nos sociétés occidentales du XXIème siècle. La thérapie n’est pas un long fleuve tranquille, on avance, on recule, on stagne.. et puis il y a le fameux transfert qui peut-être vraiment dangereux si l’on est fragile d’où mes recommandations de prendre quelqu’un qui ait de l’expérience. On va à confesse comme chez le curé autrefois. Bonne fin d’après midi Polina, @plus tard sur wordpress ! 🙂
    Frédéric.

  13. il faut analyser ses erreurs, en tirer la lecon, du negatif on en sort un positif comme une photographie,
    il y a du bon aussi a utiliser la thérapie, j’ai vu des personnes vraiment dans le besoin, mais j’avoue aussi qu’il y a des exces,
    il serait bon d’avoir quelques fois des maitres a penser par exemple dans telle ou telle situation
    je suis pas contre en fait, juste ne pas abuser,
    attention aussi, je connais une personne de mon entourage qui se complet la dedans a la fin elle en devient vraiment malade,
    bon , je te laisse ya l’ambulance qui m’attend devant la maison, lol

  14. « autant apprendre à faire passer la pilule plutôt que d’avaler des cachets » ♥
    Même la psychothérapeute en moi est d’accord 😉

    J’ajouterai un petit truc sur les erreurs: il y a une forte croyance dans ce monde que la vie est faites de leçons, que l’on apprend de nos erreurs… En conséquence de quoi, nous manifestons des obstacles/problèmes à dépasser (pour justement apprendre). Pourtant, il suffirait de croire que la vie peut aussi être simple, sans embûches et censée coulée de Source… Un « petit » changement de perception qui change vraiment tout ♥

  15. Merci pour cette remise à plat! Dès qu’un enfant à l’école n’a pas les résultats attendus par ses parents, ils demandent de suite des tests psychologiques…

  16. Oui je suis d’accord! C’est en commettant des erreurs que nous avançons le mieux dans la vie. Nous apprenons tous les jours en sachant que nous sommes loin d’être parfaits. Il est évident qu’une personne très fragile aura sans doute plus de problème à résoudre sa névrose. Les psys ont de l’avenir!

  17. Comment les gens vivaient-ils avant les psys?
    Ceci étant, le métier de psy est un bon créneau quand on pense à toutes les situations dramatiques pour lesquelels on fait appel à une cellule d’aide psychologique! (accidents d’avion, prises d’otages et autres…)

  18. « c’est autour de nos « erreurs que parfois nous nous construisons le mieux » ! C’est tellement vrai mais j’avoue avoir eu recours au bonbon rose occasionnellement afin de digerer l’erreur ! Bravo pour cette analyse très bien construite !!!! En résumé je dirais que la vie n’est pas un long fleuve tranquille … Bisous Poline

  19. La meilleure remède pour le mal-être, c’est se faire soigner par un bon bain d’amitié. Un ami nous connaît bien mieux qu’un psy. Plus on analyse, moins on s’y trouve et souvent, plus on doute de soi. On finit par faire du sur place, plutôt que de foncer tout droit, faire des erreurs, se relever et continuer…

  20. Excellent article. Je suis une fervente adepte de la psychologie mais pas dans l’optique de construire un monde aseptisé !

  21. Entièrement d’accord. Endormir la douleur n’est pas l’enrayer. Les bonnes comme les mauvaises expériences forgent le caractère et cette promptitude à vouloir tout régler par la prise de pilules « miracle » légitime une fuite en avant qui nous éloigne un peu plus chaque jour de nous même. Merci pour cet article Polina. 🙂

  22. En fait, et avec mon expérience récente, je dirais que quelques pilules euphorisantes sont sans doute plus efficaces que de longues séances chez le psy et surtout peuvent permettre d’amorcer un changement désiré.
    Un peu comme un plâtre soutient un bras cassé, alors qu’il n’est pas question de ne plus se déplacer qu’en fauteuil roulant…
    De toutes façons, les pilules n’empêchent pas les cahots de la route, elles les rendent juste plus supportables pour pouvoir continuer son chemin.

  23. Je suis assez d’accord avec ça. Nous sommes des êtres humains, nous ne sommes pas censés être parfait, même dans le sens psychologique du terme. Après, je dirai que c’est aussi une question de ressenti, je ne recommanderai pas les psychotropes mais si une personne ressent le besoin de parler de ce qui le fait souffrir, pourquoi pas? Après je dirai que les personnes ont surtout besoin de « psy » parce qu’ils ne sont pas capable de vivre naturellement, de faire les choses sans se poser de questions et de régler les problèmes.

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