Plus normal tu meurs

histoires de voir_emmanuelle_la vache qui ritSans odeur ni saveur. Fade, insipide et parfois même indigeste, la normalité cristallise aujourd’hui la quintessence du bon goût, détrônant l’audace qui a longtemps étanché notre soif d’idéal. Qui aurait cru que la « mollassitude » finirait par gagner le bras de fer ? Réalisme oblige, le mainstream a la côte : à tel point que la perle rare relèverait presque de la banalité, et les grands destins d’une époque révolue. Si la moindre extravagance peut désormais porter préjudice, à quoi bon se forcer à sortir du lot quand il suffirait simplement de vivre peinard, fondu dans la masse et son confort routinier ?

« Normal », ni plus ni moins. Le « bon gars », la « girl next door », le geek un peu mou sur les bords : autant de héros ordinaires que l’on pourrait réunir dans une édition spéciale de Mes chers voisins, succès d’audience garanti. Cette douce fable d’une petite vie tranquille: n’est-ce pas au final ce que tout le monde recherche désormais ? À l’abri de l’envie, de la comparaison et des regards indiscrets. Le plan-plan dans toute sa splendeur. « Être original c’est, en un sens, mettre en valeur la médiocrité des autres, ce qui me paraît d’un goût très suspect. » disait Ernesto Sabato. Quand la singularité peut parfois paraître hautaine, la dite platitude n’a jamais réussit à personne, et ce malgré les faux-semblants. S’il faut se brûler les doigts pour briller dans l’adversité, difficile de contredire la sagesse d’un vieux dicton russe : « Qui risque rien ne boit pas de champagne ». Car c’est si bon de sentir le sang pétiller dans ses veines…Et renouer avec l’envie d’oser.

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61 réflexions au sujet de « Plus normal tu meurs »

  1. C’est vrai que la normalité règne un peu partout en ce moment… En grande partie pour rassurer les gens et ne pas les mettre face à leurs propres limites (ou « médiocrité » comme dans ta citation) mais il est vrai que cette routine a tendance à empêcher les gens de se tirer vers le haut, ce qui est bien regrettable…
    Bises, Eli

  2. L’extravagance, quand on la rencontre, c’est un peu le sel de Guérande qui manquait à l’assiette. On l’apprécie quand on a appris à y goûter une première fois, mais ceux qui vivent trop hermétiquement enfermés dans leur bulle, ne savent que rarement l’apprécier et la montrent bien souvent du doigt.
    D’un autre côté, il faut aussi que cette façon de sortir du lot, cet façon d’oser, soit naturelle. Rien de pire que celle qui ce qui ne l’est pas.

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