Changer d’air

fuir-parisPour vivre heureux, vivons caché. Jardins secrets, pique-niques sur l’herbe, terrasses VIP et autres recoins oubliés : pas un seul jour ne passe sans qu’une nouvelle adresse n’invite les Parisiens à « fuir la capitale », comme pour combler leur besoin vital de se ressourcer. Une bouffée d’oxygène à l’abri du tumulte, ou l’exotisme d’entendre le chant des oiseaux plutôt que le vrombissement des voitures. Peinard, calé sur son banc, le temps de casser la croûte à défaut de croquer la vie à pleines dents. Une consolation aussi fade que la garniture dudit sandwich.

Paris je t’aime, mais tu m’agaces ; comme un amant dont les baisers auraient perdu leur saveur, l’effervescence des nuits blanches n’étant désormais qu’un souvenir révolu. Si l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs, les charmes de « la plus belle ville du monde » ne retiendront pas pour autant ceux qu’elle a fini d’épuiser : jusqu’à ce qu’ils décident de la quitter pour de bon. La valise sous le bras, cherchant leur bonheur ailleurs, puisqu’il ne vient pas à ceux qui l’attendent assis. Coincé dans le métro entre deux sièges, sans trouver sa véritable place au fil des stations : du rat d’égout au rat des champs.

Lessivé de la foule, des lundis pluvieux et de l’impression de « rater le coche » en permanence, ce besoin de changer d’air n’est pas qu’une lubie de « Parigot embourgeoisé ». Une « envie de nature » largement partagée, pour retrouver le peu d’authenticité que le tourbillon des grandes villes a balayé d’un revers. Si Aznavour chantait que la misère est bien moins pénible au soleil, qui ne troquerait pas un shot de stress contre un verre de rosé aux relans du sud ? Un remontant sans pareil.

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57 réflexions sur « Changer d’air »

  1. Je viens de la « campagne » et vivre en ville est réellement la chose la plus pénible qu’il est. La ville pue, elle est moche, les gens sont désagréables, les bruits assourdissants, l’insécurité pénible.
    J’espère que ces 2 années restante passent vite afin de repartir au plus vite vivre à la campagne, là où personne ne viendra me faire chier aha!

  2. C’est vrai que cette peur de « rater le coche » est très présente dans notre génération et nous incite à nous remettre en question plus souvent et à voyager plus pour voire d’autres choses… mais c’est une bonne chose, non ? A moins, bien sûr, de ne pas tomber dans l’instabilité totale et chronique.
    Bises, Eli

  3. J’ai vécu 12 années de ma vie à Paris dont 2 ans dernièrement pour mes études et je suis bien contente de ne plus y vivre !
    Paris est une ville merveilleuse mais le quotidien m’y est insupportable, le stress, le monde dans le métro… Comme je n’habite pas loin, je préfère à présent m’y rendre le temps d’une journée et retrouver mon petit coin au calme le soir 🙂

  4. Moi qui m’apprête, au printemps prochain, à quitter le chants des oiseaux pour le roucoulement des pigeons, l’air pur Savoyard pour l’air pollué Parisien…
    Je ne sais pas si c’est drôle ou flippant de lire cet écœurement général de Paris 🙂
    Qu’à cela ne tienne !

  5. C’est drôle mais je pensais justement à ça en sortant du boulot. J’avais envie de campagne, de nature et d’air frais. J’aime les grandes villes mais elle finissent toujours par m’étouffer.

    bisous!

    – crée ta vie

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