Espace vital : alerte à l’invasion

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« Pot de colle ». À Paris, force est d’admettre que l’expression ne s’applique pas qu’aux couples neuneus, surtout si l’on est adepte des transports en commun. Heure de pointe oblige, chaque sortie de bureau vous emporte dans un rapport fusionnel (consenti ou non) avec l’ensemble de vos voisins de métro, le temps d’un trajet moins glamour que celui que vous vantent les pubs pour « s’envoyer en l’air » entre deux stations. « Pas avec n’importe qui ? » Tu parles. Un coup de coude par ci, un croche pied par là, des frottis en veux-tu en voilà : de quoi repousser les limites d’un espace vital déjà confiné dans son 20m2 parisien. Une taille coquette dont on s’accommode… jusqu’à ce qu’une tierce personne vienne l’envahir.

L’enfer commence ici. Quand cette précieuse zone de confort, aussi mince fût-elle, devient inexistante : noyée sous les bibelots et les objets volants (parfois terrestres, voire suspendus) non identifiés de votre conjoint. Du cocon à la fourmilière à merdouilles, il n’y a qu’un pas : et pour moi ce seuil est très vite franchi. Quand certains ne se sentent bien qu’en compagnie de leur moitié, j’ai toujours eu ce besoin de « prendre un bol d’air » pour souffler en savourant des instants rien qu’à moi. Sans que quiconque n’interfère dans ces petits rituels « de célibataire » : des moments de solitude où l’on se retrouve comme un gosse en l’absence des parents. Tout est permis. Même le pire. De toute manière personne n’en saura rien.

Sauf que… Si les habitudes ont la vie dure, la lassitude fait en sorte que l’on se surprend parfois à vouloir les changer brusquement. Ou du moins, les bousculer un peu. Je ne sais si c’est l’âge de raison approchant ou l’été qui rend les transports parisiens plus vivables, mais pour la première fois depuis longtemps, en poussant la porte de mon appartement, j’ai ressenti le besoin de « meubler » mon espace vital. « Vivement qu’il rentre », me suis-je dis. À condition, bien sûr, qu’il sache se tenir suffisamment à carreau.

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32 réflexions au sujet de « Espace vital : alerte à l’invasion »

  1. Je me suis énormément reconnue dans ton texte ! Etant fille unique, j’ai besoin de mes moments à moi, je suis solitaire et même si mon copain et moi vivons ensemble, je ressens toujours cette envie de m’isoler parfois de cette vie à deux. Ah et le métro parisien, il me laisse des souvenirs bien amers ! Je ne supporte plus cette foule condensée avec des gens qui parfois manquent carrément de civisme…
    Bisous Polina et à bientôt 🙂

  2. Non parisienne et ne prenant pas le métro non plus, j’ai pourtant besoin d’un espace vital qui me fait souvent me lever tôt en sachant que je serai seule…

  3. Je te comprends parfaitement : pour avoir déjà testé le métro parisien aux heures de pointe (pour le boulot et occasionnellement seulement), c’est vraiment désagréable, disons-le franchement… Moi aussi j’éprouve le besoin d’être seule parfois et je pense que l’écriture nécessite cette solitude choisie. En même temps j’aime savoir qu’il y a quelqu’un à la maison… C’est compliqué les filles qui écrivent !! 😉 http://valeriesdays.blogspot.fr/

  4. Ton article tombe à pic, mon espace vital est sérieusement entamé en ce moment entre les transports et une nouvelle collègue intrusive… :/

  5. Habitant une petite ville de province, nous vivons dans des maisons qui nous laissent un large espace vital et nous nous déplaçons en voiture. Nous connaissons les inconvénients des transports en commun lorsque nous séjournons à Paris. Nous ne subissons plus le collage (c’est le privilège de l’âge) mais nous supportons mal les resquilleurs qui passent dessous/dessus les portillons ou nous bousculent pour profiter de notre passage avec ticket. Ceci est impensable à Londres où nous nous rendons aussi fréquemment.

  6. Presque une vraie déclaration pour lui !!!
    Pour ma part il y a un endroit ou je déteste que l’on vienne me « coller », c’est sur la plage
    Je ne comprends pas le besoin de certaines personnes de venir s’agglutiner alors que la plage est vide …
    Bon week end

  7. De l’avantage de la province, je ne connais pas les joies des transports en communs ! Maintenant, je peux te comprendre quant à ton envie d’espace. Avec mon homme, nous vivons ET travaillons ensemble alors nos moments de libertés sont des bouffées d’oxygène vitales, lui devant sa télé et moi à l’autre bout de l’appartement devant mes livres (et des joies encore de la vie en Provence, quelques 20m … de couloir nous séparent !!!). Passe un bel été Polina, c’est au mois d’août que je préfère Paris !

  8. Avec mon époux, nous avons toujours eu ,chacun ,notre petit espace vital et ce depuis 3 décennies et chacun fait aussi ce qu’il lui plait de ses soirées, de ses journées, dans le respect de l’autre évidemment 😉 la confiance règne entre nous : inséparables mais pas collés l’un à l’autre  » vive la liberté ! »

  9. Coucou Polina,
    Ne prenant pas les transports en commun, je ne souffre pas de cet espace de confort vital réduit. =)
    Mais je remarque tout de même que la vie en générale est beaucoup plus agréable en juillet/août dans les grandes villes. Il y a moins de circulation, moins de bruit, c’est beaucoup plus paisible.
    Je te souhaite une belle journée. A bientôt.

  10. J’adore, surtout : « qu’il se tienne suffisamment à carreau » 🙂
    C’est une opinion qui n’engage que moi mais il est prouvé scientifiquement que les couples qui ne vivent pas « les uns sur les autres » sont bien plus stables…
    Bien sûr, faut en avoir les moyens mais…
    Et dans 20m2 parisien, surtout au retour du boulot/métro, c’est quasiment mission impossible…
    Mais je ne voudrais surtout pas te saper le moral, Polina, et je te souhaite une belle cohabitation, en préservant ton droit à l’espace intime

  11. La solution: jouer au loto et s’offrir un petit hôtel particulier tout simple en plein Paris. Si tu as besoin d’autres réponses, tu me demandes, surtout.

  12. Les deux cas de figure sont acceptables. Quand on vit avec quelqu’un, on aime bien de temps à autre respirer seul et également, désirer la présence de l’autre.
    Mais la promiscuité dans le métro, c’est une horreur quand il fait très chaud!

  13. Je ne cohabite plus depuis pas mal de temps. J’ai toujours eu du mal et ça ne devrait pas s’arranger. Quant au métro en été, le pire c’est le contact d’autres peaux moites…

  14. Le « collage » dans les transports en communs sont coutume partout ici à Nice, c’est magnifique car l’été on pourrait dire que c’est plus calme. Que nenni, nous aussi on a les touristes, en plus de la promiscuité physique il y a celle sonore Ya! C’est dommage, je trouve ça tellement pratique de prendre le bus pour se déplacer mais je déteste sentir la peau d’inconnus se frotter à la mienne…beurk
    Avec mon chéri nous avons un merveilleux compromis, deux soirs par semaine il est en déplacement pour son travail, j’apprécie ce côté indépendante où je mange ce que je veux et peux voir le film le plus pourri qui soit parce que j’ai décidé. Mais quand il rentre, c’est trop bien. Être seule « à la carte » c’est le top.

  15. Un article qui résonne profond ! Parisienne depuis quelques mois, transports bondés, appart 20m2, loin de mon Aquitaine d’adoption et de mon compagnon depuis 30 ans… Une super aventure ! Mais vivement qu’elle se termine et que je rentre chez moi 😻

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