Yes you can !

maxime_histoire de voir_dessin_emmanuelle« Quand on veut, on peut. » Voilà une maxime que j’ai tenté d’appliquer – autant que possible – dès ma plus tendre enfance, et dont je constate les dégâts seulement aujourd’hui. J’en peux plus. Et je suis loin d’être la seule. C’est pourtant pas faute d’essayer de tout mener de front dans une seule journée, avec toujours le même niveau d’exigence et sans oublier de satisfaire chacun. Et si je ne voulais plus ? Peu de gens, en réalité, prennent le temps de se poser cette question ; j’ai moi-même mis plus de vingt ans à m’en rendre compte.

« Just do it ». Ce qui n’était au départ qu’un slogan publicitaire définit désormais le concept intime de notre quotidien : on le fait, sans trop y penser. Simplement parce que l’on « doit ». Mais qui a donc imposé cet impératif catégorique d’être au top tous les jours ? Amour, travail, argent, beauté : même la mouvance « feel good » s’y est mise, à grands renforts de pensée positive et de mantras sensés nous propulser vers une vie sans limites. Y a plus qu’à ! Dans la joie et la bonne humeur, bien sûr : la perfection étant atteignable pour peu que l’on s’en donne les moyens. Une obligation d’optimisme à toute épreuve, qui renforce d’autant plus la culpabilité lorsque les résultats ne portent pas les fruits escomptés. Sans parler de l’aubaine inespérée pour les flemmards « bisounours » : pourquoi donc se tuer à la tâche quand on peut accomplir tous ses désirs rien qu’en y pensant ? Si les techniques de développement personnel partent évidemment d’une bonne intention, n’incitent-elles pas, au final, au culte de la performance déjà bien ancré dans nos ego surgonflés ? Bien sûr qu’il faut se forcer un peu pour être heureux : mais à trop en faire, on risquerait de gâter le capital positif de la plus belle des pensées.

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19 réflexions sur « Yes you can ! »

  1. Je suis totalement, intégralement d’accord avec toi. Quand on veut, on peut, c’est aussi le rejet du concept, très éducatif, de l’échec. Des fois, on veut, on essaye et on ne peut finalement pas. La responsabilité que cela fait peser sur nous de devoir tout réussir… Alors si on se casse la gueule, ça voulait dire que notre volonté n’était pas assez forte? Et c’est vrai qu’on fait tout un tas de choses sans même prendre le temps de nous questionner sur le bien-fondé de ces choses.

  2. Culte de la performance, culte de la culpabilité, bien venue en France ! La bonne nouvelle c’est que quand tu craques, tu nous régales 😀

  3. J’adore ! quelle justesse. Et je comprends tellement le sentiment qu’il y a derrière cet article. Je t’adore !

  4. Tu continue comme ça, je te kidnapperai sur ile déserte où tu comprendra qu’on a qu’une seule vie, qu’elle est SEULE et qu’on doit saisir tous les jours comme une chance. Lâche prise ma Polina, be free and feel free

  5. C’est un vraiment très joli texte. Et surtout d’une très grande et louable mais aussi un peu inquiétante (attention au burn out! car comme dit le proverbe  » Le traîneau reste entier mais le cheval crève » ) honnêteté .
    Je pense que le premier qui a dit « si on veut on peut » était René Descartes.
    Celui qui disait qu’il n’y avait de passion si forte que l’Homme ne saurait en triompher et que par conséquent après avoir réformé son entendement il devait se rendre maître et possesseur de la nature a fondé cette vision prométhéenne du monde d’un progrès sans répit. Un impératif catégorique donc qui vient de Descartes comparé à qui on pourrait presque s’arranger avec celui de Kant. Et puis pensez à cette expression : « l’horizon toujours fuyant » J’adore cette image parce qu’elle dit au sens kantien que même si la perfection ( la paix perpétuelle para exemple) est impossible à atteindre nous devons faire « comme si » en tant que cela est pour nous juste une exigence. Pas une « obligation d’optimisme » qui est un mensonge moral mais juste un eptit pas chaque jour… Et peut-être même pas après tout !
    Vous écrivez : « Sans parler de l’aubaine inespérée pour les flemmards « bisounours » : pourquoi donc se tuer à la tâche quand on peut accomplir tous ses désirs rien qu’en y pensant ?  »
    A dire que je déteste les bisounours et partant les bobos mais que je comprends les moujiks qui au fond d’une sombre datcha abandonné des dieux et des Tzars font zapoï… 😉
    Pensez à Oblomov !
    Je pense souvent à Ilia Illitch et à son valet Zakhare. Au film de Nikita Mikhalhov « Несколько дней из жизни И. И. Обломова » et son formidable Oblomov : Oleg Tabakov que j’ai eu l’occasion de rencontrer avec ses élèves.
    Regardez ce film à nouveau. Le calme de la campagne russe, si belle si paisible ( et voilà cela ne loupe pas j’ai les larmes qui me viennent aux yeux, mais aussi parce que je viens de perdre deux amis cher des ces foutus cancers : 3 ans de lutte pour l’un avec qui je faisais du vélo cet été et 35 ans pour l’autre, cette femme si belle si intelligente la marraine de mon amour de l’époque et forcément de toujours, à qui j’avais fait connaître il y a 25 ans Mangeclous de Cohen )
    Non! Lisez Oblomov de Gontcharov ! Et puisque vous connaissez déjà lisez « la Terrible Maladie » l’histoire du famille qui est touchée par la terrible maladie de la promenade, aux éditions Circée. Et à vous dire que la descendante d’Ivan Gontcharov qui a d’ailleurs les droits sur l’oeuvre est une française qui habite Paris, une femme truculente et sublime

    Relisez Oblomov le plus désespéré des romans russes ( non ? vous connaissez plus désespéré encore ?)

    A juste dire que j’aime vos textes toujours profondément justes, mais que les derniers me semblent d’un pessimisme qui me trouble.

    Il me semblait que vous aviez su si bien vous accommoder des lumières parisiennes…

    Si quelque force obscure était venue à ternir votre image du monde désignez ( euh ne lisez pas Gogol 😉 la moi ! Je me ferai votre prince et le provoquerai en duel illico.

  6. Quel bonheur de retrouver tes billets ! Et quelle coïncidence… Une année pleine à répéter ce mantra « Oui je peux le faire, oui je peux le faire », des défis à relever, des échéances à respecter… Une belle aventure, exaltante mais OUF ! C’est fini et maintenant c’est « SI JE VEUX ! ». Merci Polina 🙂

  7. Yes you can ou comment arriver à la situation appelée « burn out » ! Il faut être vigilant et écouter son corps. Il y a certains qui disent que c’est une maladie de luxe – non, c’est l’overdose de la vie moderne qui impose d’être parfait en tout !
    Bon weekend de repos…

  8. No I can’t. fini pour moi les heures sup. je n’en prendrai pas l’année prochaine. J’ai tendance à vouloir trop en faire mais il y a un moment où on est surmenés… je vais me recentrer sur l’essentiel: ma famille….
    bon weekend

  9. Comme je dis souvent: à trop en faire, on oublie d’être! Et pourtant, mon expertise c’est le développement personnel 😉 auquel je préfère épanouissement personnel, car comme toi je me suis rendue compte en cours du temps que l’idée portait trop sur le fait de devoir ‘se développer’. Or il n’y a rien que nous devions développer ni faire. Simplement: S’épanouir dans la liberté d’être, d’être Soi, et de S’exprimer.

    Ps: et sur mon bureau j’ai entre autres un post-it JUST DO IT, mais qui pour moi représente ce rappel à ma propre expression, lorsque je procrastrine par peur de m’exprimer.
    J’ai aussi un post-it sur lequel j’ai écris Perfection is a trap 😉

    Toujours un plaisir de te lire. Continue d’être. ♥

  10. Voilà qui dépeint parfaitement un état moral général et plus particulièrement le mien : le « just do it » se transforme de plus en plus souvent en « à quoi bon »

  11. Tout ça est bien vrai mais parfois on a besoin de répit, un beau moment seule en pleine nature pour refaire le plein… Bise et bon vendredi tout doux!

  12. tout peut etre benefique, si on y arrive po, c est une experience, mais meme si on en a raz le bol, faut laisser, on a le droit d’en avoir raz le bol, c est normal,
    bref tout ne s’applique pas ainsi la phrase you can, d’ailleurs j’ai fait un blog de ma galere, ou j’ai mis cette expression, mais dans le sens de servir d’exemple pour les autres et dire voilà si j’y arrive vous pouvez, c est pour booster, mais en meme temps je raconte aussi que j’en peux plus, pfff, c est compliquer, vouloir c est pouvoir le le pouvoir c est le vouloir et gnagna on fait ce que l’on peut, garder de l’esperance aussi, s’aider et aider les autres, faut pas que se soit une culpabilisation aussi de ne pas y arriver,
    c est confus excuses moi mais je viens d’aprrendre que ma maison d’enfance vient de bruler entierement ! j habite toujours ds le meme village ! je vais aller voir les degats, j ai de la peine

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