Tu peux pas test

Prendre le train_histoires de voir_emmanuelleIl m’arrive (parfois) d’avoir des éclairs de génie que gâchent (beaucoup plus souvent) des idées débiles. Et cette fois-ci je ne me suis pas loupée. Prise d’une folle envie de descendre voir mes proches, je me retrouve à prendre un billet le seul week-end où la Gare de Lyon est fermée exceptionnellement en raison de travaux. Bien évidemment. Pas grave, me dis-je, je prendrai le train lundi matin avant d’aller bosser. Pfiou. Quelle mouche m’a piquée ? La perspective de rester un soir de plus en famille me paraissait pourtant très bonne. C’était sans compter que cela fait un bout de temps je n’ai plus 20 ans : réalité que j’ai tendance à oublier soigneusement pour éviter d’angoisser à l’approche de la trentaine. Résultat ? Bouffie, crevée, déchirée, comme si j’étais bourrée : c’est dans cet état que j’ai du encaisser tout le reste de ma journée à la rédaction, au bout de ma vie avant même qu’elle ne commence. Top.

Il existe pourtant des personnes qui font ce genre de trajet tous les jours : frais, opérationnels, décontractés et très pro dès 6 heures du matin. La preuve qu’ils pianotent sur leur laptop pendant que moi je cherche désespérément une position adéquate pour dormir, sentant la faim monter sans avoir la motivation suffisante d’aller chercher un petit déjeuner au wagon bar. Un vrai déchet. Le même schéma s’est ensuite répété a peu près dans toutes les tâches que j’ai du exécuter – très péniblement – tout le reste de la journée. C’est à se demander si les deux heures de train ne m’ont pas fait basculer dans la quatrième dimension, tellement le temps ne m’avait jamais paru aussi long. Un peu comme dans l’enfer de Dante. La seule morale de cette histoire se résume en la phrase fétiche de Balou : il en faut peu pour être heureux. Et oui, comme rentrer chez soi et s’écrouler sur le canapé en fin de journée, se réjouissant d’avoir enfin un coussin pour y poser sa tête. Avec pour seuls mots en bouche : plus jamais ça.

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24 réflexions sur « Tu peux pas test »

  1. J’ai fait bien pire l’année dernière. Un vol Paris-Séoul en classe éco (autant dire que je n’ai pas dormi) avec un rv professionnel directement à l’arrivée….
    Tout est une question d’habitude. Rien à voir avec l’âge.

  2. Ahaha effectivement. Passés les 30 ans j’ai soigneusement évité, les nuits blanches et alcoolisées en semaine, et les retours de congé le jour de la reprise au boulot. Faut se ménager 🙂

  3. La trentaine approchant dangereusement pour moi aussi, je me rends bien compte que la fêtarde que je suis en a tout de même pris un sérieux coup dans la tronche depuis quelques temps au niveau de la récupération ! Le train, je l’ai fait fut un temps, tout comme la voiture d’ailleurs, mais j’avoue que je ne suis pas du tout partante pour recommencer même si je le ferais bien évidemment si je n’avais pas le choix. Bisous Polina 🙂

  4. tu m’as faite rire. C’est vrai qu’il y a des choses qu’on fait plus difficilement… je me rappeller des nuits blanches à londres passées dans une boite pour reprendre le train le lendemain pour rejoindre ma ville de banlieue….

  5. Coucou !

    30 ans ce n’est rien ! Il ne faut pas l’aborder négativement sinon c’est sur que ça se passera mal ! Sinon concernant ceux qui prennent le train 2h chaque jour, ils ont juste l’entraînement et c’est pour ça qu’ils paraissent tout frais !

    Julie – Comme on est

  6. Tiens, l’angoisse de l’approche de la trentaine, elle me colle un peu aux basques depuis que je suis passée dans l’année où je vais avoir 29 ans, donc dans l’année qui précède l’année de la trentaine.
    JOIE !
    J’avoue que j’admire secrètement le masochisme de ces personnes qui font ces allers-retours quotidiens. Au fond de mon lit, à me retourner sous la couette pour gagner 2 minutes supplémentaires, à 7h22, je suis BIEN.

  7. Ah non, ne déprimez pas à l’approche de la trentaine ! Profitez de tout instant, évitez le piège de ne vous rendre compte qu’après, que la vie était belle à ce moment-là !

  8. « L’angoisse à l’approche de la trentaine », ça fait un peu rigoler d’où je suis. Je peux te dire bien humblement et par expérience, qu’on réalise souvent très tard qu’il y a toujours une bonne raison de s’inquiéter d’un futur qui n’existe pas encore et qui n’existera probablement pas sous la forme qu’on l’imagine.

    L’inquiétude a peu d’impact sur l’avenir, mais elle gâche souvent inutilement le présent. Tu as bien fait d’aller passer du temps avec ta famille. À moins d’avoir une famille dysfonctionnelle, il est prouvé que ces liens contribuent fortement au bonheur. Il fallait peut-être juste penser à te coucher un plus tôt la veille, si tu voulais être aussi fraîche que ceux qui pianotaient gaiement sur leur laptop durant le trajet, parce que le sommeil dans les transports publics n’est jamais aussi paisible que celui d’un bon lit.

  9. Si tuas passé des moments exceptionnels en famille, alors le jeu en valait la chandelle ! C’est le train qui t’as épuisée ou tes proches ? 😉

  10. surement hors sujet, mais je suis retombé sur cette chanson de ma génération 🙂
    j’espere qu’elle te restera en tete et t’aidera dans ces moments…
    🙂

  11. Et oui, on n’a plus 20ans… Je sens que je récupère de moins en moins bien de mon travail de nuit. J’ai besoin de bien plus d’heure de sommeil alors qu’avant, après 7 nuits, j’étais fraîche et dispo dès le lendemain…

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