La beauf attitude

L’été sera chaud. D’autant plus après une victoire en finale de la Coupe du monde, à l’issue de laquelle toutes les supérettes se sont retrouvées littéralement vidées de leurs stocks d’alcool. A sec, quoi. En particulier de bières, puisque de toute évidence il s’agit de la boisson préférée des supporters… qu’affectionnent tout particulièrement les « beaufs », ces personnages stéréotypés un peu benêts qui répulsent tant les Français et qui font pourtant partie intégrante du folklore national. Ben oui. Personne ne s’identifie à eux, quand bien même il serait pris en flagrant délit de siroter une petite mousse devant le Tour de France, les pieds sur la table et le postérieur enfoncé dans le canapé. OKLM. 

On pourrait d’ailleurs facilement imaginer « une Grande Boucle » du beauf, quitte à pousser la caricature jusqu’au bout. Car ce dernier n’a pas de sexe, d’âge, de signe distinctif et encore moins de position géographique. Chaque région de notre douce France possède le sien : amateur de pastis et de tuning dans le sud, de chartreuse et de frometon à la montagne, sans oublier le chasseur qui part traquer son gibier avec quelques grammes dans le sang…Autant de candidats idéaux pour un reportage dans le JT de Jean-Pierre Pernault. Voilà qui ferait une belle vitrine de la diversité de nos territoires ! A la différence que l’on n’aurait pas besoin de pédaler pour la découvrir.

Qu’on le veuille ou non, on a tous en nous un « beauf » que l’on empêche sciemment de s’épanouir, pour se démarquer de ce Français moyen trop « mainstream » pour être un brin sexy. Qu’à cela ne tienne, zappons le cours de yoga du week-end pour enfiler notre jogging en vue d’une toute autre fin. Car vous ne la ferez à personne : on sera toujours le beauf de quelqu’un à défaut d’en être un soi-même.

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14 réflexions sur « La beauf attitude »

  1. Quand je me relis je vois la différence entre le moment où j’ai bu un litre de vodka et le moment où j’en ai bu deux.
    Je comprend pourquoi ma maison d’édition, m’a tant de fois renvoyé le texte bien que les correcteurs français et russes… en fait j’ai un « word » qui ne reconnait pas la moitié des fautes en français. Tandis que mon correcteur « russe » m’envoie sur des mots et des expressions qui m »obligent à relire la moitié de la littérature russe (en Russe bien entendu)
    Pour les deux noms des Messieurs, l’un (Guennadi Aïdaïev) est le maire de Oulan-Oude la capitale de la République de Bouriatie où je suis là maintenant et l’autre (Alekseï Tsidenov) le « chef » ( le terme « président » n’existe pas chez les Bouriates parce que le statut techniquement n’est pas assez clair au sein de la fédération. En fait les Russes ont toujours gardé la Bouriatie comme un territoire Mongol où ils pouvaient non seulement faire – depuis le XVII ème siècle – le commerce du thé, mais aussi bien jouer d’une faiblesse chinoise qui est son rapport au Tibet. Et surtout une vieille idée qui vient des Romanov selon laquelle la Russie deviendra un jour une sorte d’orthodoxie bouddhiste.) De fait tous les Bouriates que je connais sont – en dehors d’un nouveau folklore pour ramener les touristes « spirituels » (bobos) de l’autre rive (ou sont les beaufs) et se prendre une part du gâteau – chamanistes et vodkaphiles 😉 Mais là il va bientôt être 6 h au lac Baïkal…

    1. Vous pensez ?
      Je n’arrive pas à compter en arrière.
      Par contre je me souviens d’une coupure de courant à New York dans les années 70…

      P;S!!! Le coup du « Parti Bolchévik » c’était une blague. Sinon vu la réponse du camarade vous croyez que je serai encore vivant? Parce que les mecs ils tuaient vraiment à l’époque… Mais Polina, je crois – et vous en avez le bonheur – que vous êtes née après cette histoire ( que des fous semblent vouloir recommencer). Soyez heureuse, Polina, de ne pas avoir connu ce temps ! Avec l’âge que j’ai, je n’ai pas d’autre choix. Un juge français, (il y a un chapitre complet sur ce juge dans mes Mémoires qui vont paraître en 2019 à l’occasion de l’Anniversaire de la Guerre d’Afghanistan) « fou amoureux d’une femme russe dont il n’avait jamais supportée le divorce, dès qu »il voyait ma mère criait : « Comment vont toutes les Saintes Russies ? »

  2. Ici, dans le sud, nous avons le cacou ! Pastis, chainettes en or et macho – que des compliments…:)
    Le lumpenproletariat de Marx est très pauvre et comme exclu de la société, le boeuf en fait partie intégralement.

    1. @ matchingpoints ‘ c’est une référence à Woody Allen ?
      « Le lumpenproletariat de Marx est très pauvre et comme exclu de la société, le boeuf en fait partie intégralement. »
      J’ai oublié d’écrire « Lumpenproletariat » ? Dans la langue allemande il faut toujours. .la Majuscule. Enfin peu importe. La traduction française « haillons » donne toujours à des discussions effrénées chez mes camarades trotskistes. Mais mon meilleur ami – philosophe comme moi – ne s’en mêle pas et m’en tient à l’écart surtout de peur qu’ils apprennent que je ne suis pas simplement « philosophe gauchiste » mais bolchevik. Enfin il avait tenté un jour le coup. Avec un copain qui était dans la garde rapprochée de Lambert. Il lui a dit : « Tu sais, Vassili et moi on va créer un « Parti Bolchevik » Et l’autre de répondre : « Alors élimine-le avant qu’il ne t’élimine ! » C’est vrai que c’est un humour particulier. Et que Polina surtout ne devrait pas apprécier. Mais aussi à ceci qu’elle n’a pas vraiment connu l’URSS. Et surtout qu’elle n’a pas fait comme moi, la guerre en Afghanistan de 79 à 84. Là je suis sur MON Baïkal avec mes vieilles armes ( SVD, AKMS ;un peu cassée, AKS -74U et Makarov ensuite bien entendu ce que tout le monde a : Baikal 12 etc…)

      Mais revenons au « Lumpenproletariat » !!! Chez Marx , il y a d’abord une définition idéologique du « Lumpen » qui veut effectivement dire strictement « haillons » mais – et d’où les discussion idéologiques chez les trots…- la notion de Lumpen en allemand ne signifie pas que haillons. Un « Lump » c’est par exemple le nom dont j’ai qualifié hier soir Boris, un de mes anciens gardes du corps, qui cherchait à me vendre un P09 (et sans même l’avoir sur soi !) à 1000 euros qu’il a pensé bloozer en le rachetant un Russe en France. Juste parce que parfois on lui permet de conduire de bagnoles diplomatiques… suisses ;-). Mais ce « Lump » a bazardé le costard à 3000 euros qu’on lui avait filé pour faire l’emploi ! Le Lump c’est donc aussi « l’arnaqueur ». Encore que hier soir plus personne au monde aurait su où était resté mon Boris…Techniquement et vu la quantité de vodka qu’on a bu je pense que s’il est en raccord avec les Saisons, il n’est pas passé ce matin par le lac. Je le saurai demain ou dans la semaine parce que je lui ai demandé de donner des « billets » d’épicerie al long de la côte….
      Mais revenons au « Lumpenproletariat » !!! Le Lump là c’est le garnement. Sauf s’il a cherché à arnaquer mes amis Bouriates….Bon on le dit clairement…Certains « trots » vont jusqu’à dire que le Lump c’était dans les camps nazis comme soviétiques le Kapo. Pour Marx ce n’est pas loin. Contrairement à ce que vous dites le Lumpen n’est pas exclu de la société mais son plus acharné défenseur.
      Expérience ! Allez comme je l’ai fait à l’époque (dans les meilleurs magasins – pâtisseries, charcuteries, etc…), habillé en clodo puis en en bourg. La vendeuse ne vous reconnait même pas
      Le Lumpen c’est celui qui profite du système. A son petit niveau… Aujourd’hui vous le reconnaissez dans les Mammouths (cela existe encore, sinon je vous raconterai leur histoire…) parce qu’il remplit un Caddie de m. avec des bidules style « Steaks hachés » comme on a dit l’autre jour… Là où je suis-je ne mange que du poisson. Je n’ai pas demandé à l’autre « Lump » sur aucun de ses billets des steacks hachés. Par contre je ferai une fête fin du mois. Et j’aurais de la viande. Mais celle des Bouriates. Bon J e comprend votre texte. Ils ont essayé aussi ici. Mais je suis allé ici à OUlan –Oude et j’ai viles deux ( on ne va pas dire cinglés) Aïdaïev et Tsidenov. J’ai juste rappelé à ce cinglé de
      Alekseï Tsidenov que même sur Wiki il était« chef » et pas président. Mais il a compris. Pas qu’il était chef des 24 % de Bouriates en République de Bouriatie. Mais que s’ils faisaient ce qu’ils ont fait en face, il ne serait même plus « chef » En ce moment on travaille à une prise de conscience. La plus difficile concerne le camarade Vladimir Vladimirovitch. Le truc est tout bête. On a de grands alliés. « Il faut que les richesse du peuple revienne d’abord au peuple »Je crois que c’est même un cinglé comme Lénine qui a pu écrire cela. Je vais proposer à Volodia un truc où il me faut son camarade cinéaste Nikita Milkhakov ! C’est pour cela maintenant que j’ai donné mon idée, je crois que j’ai plus de chance de survie que Boris. Tiesn ! Pourquoi il est venu hier ? ;;;

      à suivre sur le « Lumpen »

      P.S. Je peux insérer ma photo ?

      1. @ Vassili
        Non, pas de référence à Woody…
        C’est vrai, en allemand le mot Lump a aussi une signification moral, comme goujat, petit voyou etc. Merci de m’avoir éclairée…Mais ici il n’y a pas assez de place pour parler de ce Lumpenproletariat, la définition du boeuf est bien plus facile 🙂

  3. Ce sont des socio-types. Leur réalité est à la fois réelle et caricaturale.
    Cela me fait penser à un texte que j’avais écrit, étudiant, à partir des « Mythologies » de Barthes sur un thème imposé : « La France profonde » (par le regretté Phuilipe Lacoue-Labarthe et et le retraité Jean-Luc Nancy, profs derridiens qui faisaient cours en tandem.) qui justement disparaissait au profit du « Français moyen ». J’étais revenu sur cette scène où la Rolls du riche personnage incarné par De Funès met littéralement en pièce la 2CV de Bourvil qui debout au milieu des débris le volant encore à la main, voyant le désastre dit « Forcément ! Maintenant elle marchera beaucoup moins bien. « Le Corniaud », (https://www.youtube.com/watch?v=jbBuoDTnvkw) je crois. Rencontre violente et comique entre une France profonde encore agraire et gentiment prolétaire, petite-bourgeoise et la France des « nouveaux riches », industriels m’as-tu-vu et boursicoteurs hasardeux.
    Dans les années 60, et aussi avec les films de Tati, cette opposition prépare 68 qui selon mon ami André Bertrand qui vient de sortir un livre sur « Le scandale de Strasbourg » commence dès 66 avec la publication par une bande de Situ (dont André était) du fameux fascicule : « De la misère en milieu étudiant »
    Alors les Beaufs mettront dix ans de plus à arriver sous la plume du regretté Cabu dans le Charlie des années 70.
    Je déteste le football, je n’aime pas le tour de France et le Tennis (qui n’est pas un truc de beauf, mais de bobos, j’y reviendrai) m’ennuie. Mais il y a quand même des nuances dans la typologie des beaufs. Et si « Les Chevalier du fiel » ont eu du mal à se faire un nom à Paris justement à cause de leur beaufitude, ils ont finalement réussi à avoir leur petit « empire » local toulousain pour devenir des habitués sur C8 où le représentant de la nouvelle beaufitude (et pire que cela, la crétinisation des masses) l’insupportable Hanouna règne en maître.
    Aussi le dessin d’Emmanuelle est-il d’une grande gentillesse en plus d’être d’une immense qualité. Ces beaufs-là ne sont nullement ridicules ou gênants. Ils sont tendres. Comme les personnages de Bourvil et de Poelvoorde qui incarnent le héros populaire. L’homme du quotidien qui n’a que la gentillesse naïve de sa spontanéité franche à opposer au cynisme et à l’hypocrisie du monde qui l’entoure. Sans oublié par exemple que des écrivains comme Antoine Blondin (hussard de droite) en écrivant sur le Tour pour l’Equipe a été le précurseur du style Libé (je perle du vieux Libé à l’encre qui tâchait les mains. Pas du journal social-libéral pour bobos actuel)
    Ce que je n’aime pas chez le beauf, ce sont ses positions politiques. Ou disons, l’incapacité dans laquelle il est souvent de voir où sont ses vrais ennemis. Marx appelait cela le « Lumpenproletariat » Mais la conscience de classe n’est pas donnée à tout le monde !!!
    En ce sens, me sont bien plus insupportables les « Bobos » (bien chantés par Renaud lui aussi, comme Benoît, détruit par un certain milieu.), autre typologie apparue elle dans les années 80 (fric à droite et opportunités culturelles (encore fric) et vote à gauche, destruction finalement de celle-ci). Je crois que les gens qui lisent vos excellents textes, Polina (je parle bien entendu de ceux qui tomberait dessus par hasard et non les « habitués ») n’ont aucune crainte à avoir pour tomber dans le beaufisme, mais plutôt le boboïsme. Ne serait-ce que parce que les beaufs sur le net se retrouvent aujourd’hui dans les forums de leurs journaux régionaux. Pour avoir fréquenté le P.S. dans les années 80, j’ai assisté à la naissance des bobos et j’en ai été horrifié. Pas seulement de voir le nombre d’adhésion au P.S. dans les facs de droits après le 10 mai, ni pour avoir vu presque en direct la trahison de Cambadélis pour une carrière finalement avortée (il visait une Présidence lointaine, et pas que d’un PS agonisant, face à un Mitterrand méprisant et hilare) Mais j’ai vu aussi la trahison du P.S. en général dès 82-83 ( voir les analyses de Badiou) …
    Bon j’ai été encore une fois trop long, mais je vous invite à réfléchir – et peut-être à nous donner un texte – sur les influences politiques (ou leur absence réelle) des beaufs et des bobos, ces dernières années. Montée du populisme et impuissance des partis dits socialistes qui sont disloqués comme les sociaux-traitres qu’ils étaient…

    P.S. Désolé pour ma sortie sur Leonid l’autre jour. Le contact est établi. Et je vais le voir dans sa villa « Churchill » dès que je reviendrai d’Oust – Bargouzine où je suis en ce moment. Comme tous les ans. C’est d’ailleurs un de mes plus chers désirs : mourir là, sur ce lac magnifique en pêchant l’Omoul. En hiver cela serait moins drôle. Comme Hibernatus (je n’amei pas trop ces films de De Funès annnées 60) dans la glace.
    Donc pour terminer à vous remercier pour votre texte sur les beaufs et surtout ce beau croquis d’Emmanuelle.
    Mais ne pensez-vous pas qu’il faudrait – pour être juste – en faire un autre sur les bobos (enfin vous avez peut-être déjà fait ? ) Parce qu’il n’y a-t-il pas les deux en nous ? A se demander lesquels sont les plus socialement avouables 😉

    Et puis tenez ! Que serait un beauf ou un bobo russe ?
    Celui-là ? https://www.youtube.com/watch?v=odfnQBSbaAc Il se rapproche le plus, niet ?
    Ou celui-là ? https://www.youtube.com/watch?v=kOeAXKUK6aM
    Mon ex-copine qui ne comprend pas troc le russe a dit cela (ce qu’Alicia dit à SergueÏ) c’est toi ! Un beauf russe ?
    Un mélange : https://www.youtube.com/watch?v=b2RHgyH-Nxo
    Le beauf et la super woman. Une réconciliation des deux. Je vais demandez à Schourov s’il est à Peter quand je reviendrai du Baïkal.
    Côté bobo je vous propose deux clips :
    Mon préféré : https://www.youtube.com/watch?v=1ugivNRYfjc
    Et puis celui des bobos russes : https://www.youtube.com/watch?v=sM1LOMZjFJ4
    J’adore quand Poutine lui parle à la TV !
    A revenir sur le sujet..
    One day….

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