Simple Life

C’est ainsi qu’en son temps je me sentais dans la peau de Paris Hilton lors de mes séjours à la « datcha » ; comprenez, la maison de campagne de ma mère-grand à proximité de la banlieue de Moscou. Si enfant j’y ai vécu des moments carrément inoubliables, une fois devenue jeune adulte j’avais vraiment du mal à m’y retrouver plus de deux jours d’affilée. Entre les WC qui s’apparentent davantage à la « cabane au fond du jardin » et la douche chauffée à l’énergie solaire… comment dire… le besoin du confort citadin revenait vite au galop ! Et pourtant…

Maintenant que j’y pense j’aurais presque préféré passer mon confinement là-bas, loin de la pollution en plein cœur de la nature, avec mémé et la forêt de bouleaux pour seuls interlocuteurs. Le pied. Le vrai.

Cette envie de se verdir s’est d’ailleurs bien manifestée pendant la crise du corona : qui n’a pas tenté à ce moment-là de dompter une plante verte voire s’improviser jardinier en chef sur son balcon, quitte à se planter en beauté ? Qu’importe, on en est tous au même point : besoin de se reconnecter au monde qui nous entoure, courir les pieds dans l’herbe et se retrouver avec un peu de terre sous les ongles pour se remémorer d’où l’on vient. Et là où l’on finira tous accessoirement, mais c’est une autre histoire. Certains en viennent même à se payer des sessions de câlins aux arbres, c’est dire…

Il faudrait pourtant pas grand chose pour se rappeler que nous faisons partie intégrante de cet écosystème que nous nous ingénions à détruire comme un virus. Preuve en est, il nous apaise, nous déconnecte, tout en nous rappelant la part « animale » qui subsiste en chaque être vivant. 

Alors profitons autant que possible de cette période estivale pour nous ressourcer, surtout en cas de seconde vague qui de toute évidence ne saurait tarder. Et une fois de retour en ville, pourquoi ne pas poursuivre cette démarche en s’adaptant au contexte ? Planter des graines pour les abeilles, trier ses déchets tout simplement ou alors attendre la prochaine poubelle au lieu de jeter son mégot par terre ? Autant de petits gestes anodins qui pourtant une fois cumulés font beaucoup de bien. Pas qu’à la nature d’ailleurs. Alors gardez votre « BA » en tête pour ensoleiller votre été !

8 réflexions sur « Simple Life »

  1. Vous avez parfaitement raison, ces crises nous incitent à remettre les priorités aux bonnes places. Nous devenons plus conscients, d’autant plus cette crise n’est pas finie et que nous savons que d’autres viendront, le réchauffement ne s’est pas volatilisé. C’est majeur ça!

  2. Commençons par des petits gestes ! Il est insupportable de voir les gobelets et mégots jetés dans la nature, et le dernier cri, les masques… ! C’est désespérant !

  3. J’ai passé pas mal de vacances scolaires en Haute-Marne dans une bicoque sans eau chaude (et même à une époque sans eau courante du tout, il fallait aller à la pompe), sans chauffage à part les cheminées, avec une cuisinière à bois, les wc au fond du terrain (on dirait des toilettes sèches aujourd’hui), pas de salle de bain, ni même un lavabo. Mon grand-oncle vivait là à l’année. Et franchement, pendant le confinement, aucune nostalgie!
    Mais sans balcon, sans accès aux parcs et jardins parisiens, ni aux bords de Seine, j’ai trouvé le temps long. J’ai toujours eu des plantes vertes. Un de mes plaisirs a été d’acheter des fleurs quand les supérettes en vendaient : des tulipes, des roses, des pivoines, des plantes vertes que je ne connaissais pas.
    Bien sûr qu’on a besoin de nature! Et aussi de douches chaudes! 😉

  4. C’est sans doute parce que je vis à la campagne mais finalement, le confinement a peu changé mes habitudes … par contre, ma vision de mes congénères a évolué et pas dans le bon sens !!

  5. Très joli post chère Polinacide. Bien pensé. Merci.

    L’être humain a besoin de se connecter, de se ressourcer et la nature a toujours été près de nous, patiente et généreuse à foison.

    Cette « crise » a remis quelques valeurs de base au goût du jour et c’est une excellente chose.

    Amour et Lumière

  6. Ah la datcha !
    Vous savez que les enfants et petits-enfants des soviétiques – leurs grands- parents qui y terminaient leur vie tranquillement – à une époque n’arrivaient plus à les vendre sauf si elles étaient sur des terrains à construire que les spéculateurs convoitaient comme certains villages de datchas proches de Moscou qui étaient les résidences des Officiers supérieurs du KGB et des organes. Eltsine au sens propre du terme avait « donné » ses résidences qui n’étaient auparavant disponibles pour ces personnes durant leur carrière et devaient les rendre en prenant la retraite. Du coup 1/ Tous les grades intermédiaires (Major, Colonel…) était mécontents. C’était une manière pour Eltsine qui en avait une peur bleue de « casser » l’homogénéité tchékiste. Mais 2/ Les Généraux qui n’en avait rien à faire du jardinage avait vendu leurs datchas à des oligarques qui construisaient des quartiers de luxe et d’affaires.
    Ensuite la datcha cela peut être cela !:
    (Mince on ne peut pas mettre de photos ?)
    https://www.la-croix.com/Monde/Europe/datcha-havre-dhospitalite-lhomo-sovieticus-2017-08-30-1200872950

    Mais aussi cela :
    https://maison-monde.com/datcha-russe/
    Il y a celle de Pasternak je crois !

    Les Russes en tous les cas, ces dernières années avaient commencé à améliorer leurs datchas en y installant des éléments de conforts pour mieux les vendre et n’y parvenaient pas. Sauf que ce deux, trois dernières années c’est redevenu à la mode. Les Russes cherchent à nouveau une certaine autonomie et qualité de vie qu’ils n’ont plus en ville.
    Votre histoire de WC évoque bien des choses chez moi. Je sais que durant mon enfance les WC étaient à l’extérieur et il fallait y aller même durant les hivers les plus rudes. Moi en tous les cas parce que je détestais les « pots de chambre » qu’utilisaient mes grande tantes et grand-mères. Pourtant je n’ai aucun souvenir d’avoir eu froid. Il faut dire que ma grande-tante, l’ainée qui avait eu à s’occuper de tout durant que les hommes étaient à la guerre, me donnait toujours une rasade de Vodka ou alcool de noix.

    Aujourd’hui, enfin depuis les années 2000, j’ai non pas une datcha, bien que cela soit effectivement un don du Tzar, mais une Isba dans la région de Bargouzine sur le Baïkal côté Bouriate. Pas loin des Phoques 😉
    Je ne mettrais pas de photo actuelle mais on était les premières années en ceci un cabane.
    Que voulez-vous ? Pour un Полковник depuis le 27 12 2019 40ème anniversaire Генерал-майор cela suffisait au début.

    J’y vais tous les ans au moins deux fois. En hiver et en été. J’y serai à partir de lundi parce que je loue en juillet. Là cette année j’ai carrément « loué » (Des amis qui n’avaient pas à payer de location mais juste ce qu’ils utilisaient depuis mars à des amis de Oulan-Oude. 42 morts du Covid en Bouriatie depuis fin avril. Impossible de trouver des chiffres sérieux sur l’Oblast d’Irkoutsk où le gouverneur a dû faire passer ses calculs en lignes de coke !!! ET Volodia qui dit, ce n’est pas le moment de le remplacer…
    Alors de ce point de vue je suis absolument d’accord avec vous. Passer le confinement en regardant ceci : ( panorama du Baïkal)
    C’est être au paradis ! Surtout que je n’ai plus ces problèmes de datchas prolétariennes. Le bania, un hangar à bateaux, et même une écurie pour les chevaux dont s’occupe mon ami le Garde-forestier la plupart du temps.
    Dieu que j’aurais aimé ne pas être en France tout ce temps !
    Par contre y être avec une Paris Hilton… Il y aurait malheureusement eu un accident.
    Mes amis les Nerpas, les phoques du Baïkal auraient eu droit à un festin douteux pleins de produits chimiques 

  7. Très bien pensé et écrit Polina …mais c’est quand même fou qu’il y ait besoin d’une pandémie pour que l’homme comprenne que sans mère nature il ira vite sous terre , ou en enfer, que sa progéniture vivra très mal , qu’il y aura surement d’autres pandémies, mais pour beaucoup c’est après moi le déluge …on s’en tape !!!
    je câlinais la nature bien avant cet horrible virus …
    petite anecdote : tiens hier en allant dans dans ma ville proche ( Barcelonnette) envahie de touristes masqués j’ai vu un grand con écraser méchamment et volontairement de son gros pied de connard une petite sauterelle égarée sur les pavés …
    Bonne presque fin d’été Polina 😊 et prend garde à toi , Bise

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