007 Spectre

Bond ou pas Bond ? C’est la question qu’on s’est posée avec Cinéluctable pour notre deuxième collaboration ciné. Quand 007 s’invite au cinquième anniversaire de son blog, le spectacle promet d’être explosif : de quoi faire complètement diverger nos avis sur « Spectre ». À vous de vous faire le vôtre !

C’est bond ça ! Des muscles, des bulles, la gachette généreuse et la testostérone gonflée à bloc: après le succès fracassant de Skyfall, Daniel Craig revient avec le même panache qu’à ses débuts dans Casino royale, signant un volet moins « intello » mais tout aussi jouissif pour les amateurs du genre. Un grand cru signé 007, dont beaucoup regrettent la profondeur de l’opus précédent. On ne demande pourtant pas à l’agent de sa majesté de signer un film d’auteur, ou encore un thriller psychologique qui viendrait décortiquer les zones d’ombre de son identité. Tirer des coups, à droite, à gauche comme dans le mille : voilà ce que Bond sait faire de mieux. Ce qu’il s’applique ardemment à mettre en pratique dans Spectre, fidèle au dicton « un de perdu, dix de retrouvés ». Lire la suite « 007 Spectre »

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L’art de s’empiffrer à Rome

Après l’effort, le réconfort. Aujourd’hui c’est férié, alors pour l’occasion on vous a concocté deux billets spécial ripaille avec Raconte-moi l’histoire, tirés du Manuel des antiquités romaines de Joachim Marquardt, déniché sur Gallica. Puisque la faim justifie les moyens, vous en reprendrez bien une part chez Marine ?

Vomir, c’est repartir. Et ça ne vaut pas que pour l’alcool chez nos amis les Romains. Si la réputation de leurs orgies déchainées les suit sans relâche à travers les siècles, c’est parce que la demi-mesure n’a jamais été leur fort. Au lit comme à table, rien ne se consomme avec modération: un coup d’œil au menu suffit pour le comprendre. Mise en bouche.

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50 raisons d’être frustré

À deux, c’est mieux. Et c’est surtout plus amusant. C’est ce qu’on s’est dit avec Cinéluctable pour notre première collaboration « ciné », inaugurée avec le très attendu Cinquante nuances de Grey. Histoire de marquer le « coup », quoi.

50-shades-of-GreyRien de tel que l’interdit pour faire monter l’excitation : ça, l’équipe marketing de Cinquante nuances de Grey l’a bien compris. Après avoir chauffé les ménagères à grands coups de BA sulfureuses, la sortie du film s’est doublée subitement d’un embargo sur les critiques, de quoi attiser un peu plus l’effet d’hystérie. Un retrait dans les règles de l’art, mais pas sans bavures. Frustration garantie côté presse : la voilà muselée et réduite au même sort que cette pauvre Ana, forcée à se taire au risque de récolter une sévère fessée. Finement orchestré, le coup de comm’ ferait presque un sans fautes tant il reprend le principe même de séduction : je te fuis, tu me suis. Mais il en va de l’effet de buzz comme des passions éphémères : la tension va crescendo pour finir dégonflée comme un flan. Mi-molle, tout au plus.

Verdict après tant de matraquage médiatique ? Trop de bruit pour pas grand chose. Si Cinquante nuances de Grey raconte bien une histoire d’amour à l’eau de rose, la mièvrerie ne laisse que très peu de place au piment annoncé. Manque d’action, de rythme, et bien entendu de cul : rien de bien croustillant à se mettre sous la dent donc, hormis quelques gémissements et deux-trois scènes pseudo-coquines. Résolument plus cucul que SM: allez donc fouetter d’autres chats le soir du 14 si vous voulez vraiment « lâcher prise ».

Le choc d’être en cloque

bulletin-allaitementVoilà, c’est dit. À force de courir les prostituées avec Marine, il advint ce qui devait arriver. Un polichinelle dans le tiroir, pire encore qu’un Kinder surprise empoisonné : de quoi chopper le baby blues avant l’heure. Si parmi les phobies les plus répandues aujourd’hui reste encore celle de tomber enceinte, ne mésestimons pas l’intensité du bonheur « d’être pleine », au sens propre comme au figuré. Retour en 1902 : guide de survie de la jeune maman de l’époque.

Avoir une brioche au four et rien à se mettre sous la dent, en voilà un curieux paradoxe ! Et pourtant, une bouche de plus à nourrir n’a jamais écarté la famine, surtout à l’époque où le congé maternité relevait de l’utopie pure et dure. À quel sein (oui, j’ai bien écrit sein) se vouer lorsqu’on n’a plus ni le sou ni casse-croûte ? Incroyable mais vrai, des refuges spécialement dédiés aux femmes enceintes existaient déjà il y a plus d’un siècle, mis en place par Madame Béquet de Vienne, une femme de bien. Des Restos du coeur à la sauce 1900, somme toute, qui tentent «un effort minuscule pour supprimer de véritables tortures». «Le ventre vide, les yeux hagards» : on se croirait presque dans un refrain des Enfoirés. Lire la suite « Le choc d’être en cloque »

La pute et le curé

Après une première fois des plus jouissives, on a remis ça avec Marine. Dans le deuxième volet de nos tribulations historiques, voici la soirée « pute et curé » comme on n’en fait plus de nos jours, avec le détail des participants déniché sur Gallica. À l’ancienne.

pute et curé illustrationLa barbe ne fait pas le curé, pas plus que la toge ni le vœu de chasteté. Si l’on dit souvent que l’enfer est pavé de bonnes intentions, le religieux de l’ancien régime n’a rien d’un ange. À défaut d’avoir des ailes, il sait se poser les questions qui fâchent, en commençant par celle du célibat sacerdotal. Feu de Dieu ! À quoi bon se forcer à porter cette croix quand l’Éternel en personne a ordonné de s’aimer les uns les autres ? C’est à n’y rien comprendre. Plutôt que d’oser contredire la volonté divine en démêlant le vrai du faux, autant aller croquer la pomme tant qu’elle est encore juteuse. Lire la suite « La pute et le curé »

La fille de joie, ce grand stigmate

Une première « historique » avec un billet un peu spécial, dans lequel je vous propose de remonter le temps. N’ayez crainte, vous êtes en bonne compagnie. Car si l’on s’est prêtées au jeu du billet croisé avec Marine de Raconte moi l’histoire, c’est pour évoquer un sujet des plus piquants, à partir de deux documents trouvés sur Gallica* (références en fin d’article). Décrochez vos ceintures, nous allons voir les prostituées. Rendez-vous dans deux siècles.

illustration-courtisaneL’histoire est un éternel recommencement où la trainée a bon dos. Quoi qu’on en dise, la vie de p*te n’a rien de fun. Pas plus aujourd’hui qu’en 1830, du temps où les rues parisiennes grouillaient encore de jeunes frivoles la nuit tombée, lorsque les hommes se rendaient disponibles à leurs avances. Car si l’on dit que les murs ont des oreilles, les propriétaires de l’époque n’avaient pas encore la chance de disposer de boules Quies pour se protéger du bruit. Au grand dam des filles de mauvaise vie, dont les ébats sonores ont tôt fait d’agacer les riverains.

Accablé par les plaintes s’empilant chaque matin un peu plus sur son bureau, le préfet de Paris rapplique. L‘« inflexible Mangin » n’attendra pas l’invention du tapage nocturne pour en punir les principales responsables, par une ordonnance marquée du sceau de son courroux. Répression du délit de tapinage sur la voie publique, et tant pis si ces dames se retrouvent sans le sou. Cloîtrées dans des maisons closes, les voilà loin des yeux, loin des bourses. En mode silencieux, de quoi ravir la vertueuse épouse. Son cher mari, un peu moins. Lire la suite « La fille de joie, ce grand stigmate »