L’amour est dans l’urne

Rares sont les communiqués de presse qui ont autant piqué ma curiosité. D’autant plus en tant que journaliste politique. Et pourtant, il arrive aussi qu’un truc sexy atterrisse dans ma boîte mail, pile le jour où je sèche pour trouver un sujet à exploiter sur le blog.

Bien que sexe et pouvoir se sont toujours mariés à merveille, personne n’avait encore pensé à afficher ses idées politiques en pleine action. Que ça vous excite ou non, c’est désormais possible. A droite, à gauche, au centre voire aux extrêmes, tous les recoins du plumard vont y passer grâce aux nouveaux préservatifs de Callvin. Absolument collector. Ne manquant ni de piquant ni d’humour, ils permettront aux plus passionnés de brandir fièrement leurs convictions pour la France jusqu’au bout de la nuit. Quitte à faire fuir leur partenaire, puisque cette élection présidentielle ne manque pas de rebondissements. Quant à ceux que l’offre politique 2017 n’emballe guère, ils pourront toujours se taper une bonne barre histoire de décompresser un coup. Une façon comme une autre d’éviter l’abstention.

Le Kâma-Sûtra « sexpose »

expo-kama-sutraLa galipette en 64 positions. Pour la première fois, la Pinacothèque de Paris consacre une exposition aussi osée que « profonde » au plus célèbre des livres hindouistes : le Kâma-Sûtra. Si l’Occident le résume souvent – à tort – à une vulgaire encyclopédie pornographique, ce texte fondateur de l’une des plus anciennes religions orientales était censé servir de guide à l’homme et à la femme pour atteindre le salut. Et pas uniquement à quatre pattes. S’il fait partie de ces ouvrages que l’on préfère feuilleter en privé, la Pinacothèque a réunit plus de 300 œuvres des collections majeures pour replacer le Kâma-Sûtra dans son contexte spirituel de l’époque : en sept livres et trente-six chapitres, selon son découpage d’origine. Une perche fort bien tendue pour être refusée.

© Pinacothèque de Paris Ganesha, École de Sirohi, Rajasthan, XVIIIe siècle, Aquarelle, 12,7 x 17 cm, Collection privée, Ahmedabad.
© Pinacothèque de Paris
Ganesha, École de Sirohi, Rajasthan, XVIIIe siècle, Aquarelle, 12,7 x 17 cm, Collection privée, Ahmedabad.

« L’érotisme du Kâma-Sûtra n’est pas l’art de la gaudriole mais un art sérieux et savant », rappelle Michel Angot. « Il illustre cette tendance profonde en Inde de transformer l’acte d’amour en un rite où les protagonistes ne sont pas seulement livrés à la passion mais principalement au savoir. Dès lors la pertinence de l’opposition sacré-profane s’efface ». Quand l’Europe chrétienne a longtemps mal interprété cette sensualité omniprésente, « cela tient au fait que si dans le christianisme Dieu est amour, en Inde Dieu fait l’amour ». Pas vite fait bien fait, mais divinement bien et à grands renforts d’acrobaties… Jusqu’à donner le tournis. Car si les culbutes en tout sens font d’abord sourire, la haute voltige et les rangées de phallus miniatures risquent d’assommer quelques-uns au terme du parcours, à force de répétition. Mieux vaut privilégier la qualité à la quantité ; la sexualité n’échappe pas à cette règle. Le propos de l’exposition n’en reste pas moins vif, coquin et piquant à souhait: juste assez pour séduire, somme toute.

L’amour au second degré

jvv_illustration3« Chéri, il faut qu’on parle ». Métro, boulot, dodo puis vaisselle, ménage, repassage : qui aurait cru que la vie à deux serait si peu trépidante au quotidien ? Certainement pas Barbie, dont le sourire indécrochable ne déride pas même en plein sommeil. Sans doute le mutisme de Ken n’y est pas étranger, épargnant les « t’as encore claqué tout notre fric » et autres « moi je descends toujours les poubelles » redondants. C’est pour éviter ce genre de marronniers que de nombreux couples décident d’habiter chacun chez soi, réservant leurs moments de tendresse aux instants qui s’y prêtent pleinement. Vivre séparés, pour mieux se retrouver, par désir et non par automatisme. De quoi faire battre de l’aile le mythe du  « Grand Amour » ? Pas si sûr, car la passion aveugle ne dure qu’un temps avant d’atteindre sa date limite de consommation. Trois ans plus précisément à en croire Frédéric Beigbeder.  Lire la suite

«Mon mec », mon os à moi

«Terriblette », c’est ainsi qu’il m’appelle. Que l’on soit adepte ou non des niaiseries propres à toute relation amoureuse, il semblerait que certains passages soient obligés et d’autres voies sans issue. Le coup du petit surnom, comme celui du pet sous la couette, tout le monde y aura droit tôt ou tard. Impossible d’esquiver. Compte tenu de mon (dé)goût prononcé pour les « bisous » et autres bavures de couple, c’est non sans une certaine fierté que j’ai pu échapper aux « chouchou », « princesse », « doudou » et j’en passe des meilleures. « Some like it hard », dira t-on. C’est pourquoi j’avoue me sentir complètement dépassée chaque fois que j’entends LA question existentielle – inévitable elle aussi – sortir de la bouche de mes congénères féminines: comment l’appeler, lui qui partage notre vie ? Lire la suite

Saint-Valentin: pourquoi tant de haine ?

Lunettes roses et guirlandes en cœur, voici venue la semaine la plus redoutée des célibataires. Et particulièrement des femmes, semble t-il, pour qui la moindre vue d’un bouquet de fleurs ou d’une boite de chocolats rappelle à quel point elles sont seules et désabusées. Cristallisant la peur originelle de « finir vieille fille », chaque Saint-Valentin passée devant un plateau télé enfonce le couteau (à défaut de la flèche) un peu plus dans la plaie. Dans cette poitrine que Cupidon vise toujours mal, la faute au champagne. Lire la suite