Pète un coup !

Et ouais, ni plus ni moins. C’est ce que j’essaye de me dire (sans le faire pour autant) à chaque fois que je sens un pic de stress monter, bien souvent pour des raisons très futiles. Il en va de même quand me vient une irrépressible envie de râler, plus récurrente – soyons honnêtes –  depuis que j’habite à Paris. Allez savoir pourquoi. S’il est facile de dire aux autres d’arrêter de se plaindre, se forcer à en faire de même s’avère un tantinet plus compliqué en pratique. Il suffirait pourtant de dédramatiser un peu pour se détacher de ses frustrations : chose que l’on n’a plus du tout l’habitude de faire aujourd’hui.  Lire la suite « Pète un coup ! »

Publicités

Tape l’affiche

les hauts de hurlevent_ emmanuelle_histoires de voir_dessinQu’ils soient «Rebelle», «Fille à papa» ou «Cœur à prendre», ils se sont tous passés le mot. De vrais moulins à paroles d’après les slogans fièrement exhibés sur leur poitrine, comme revendiquant une étiquette qu’ils n’osent pas formuler de vive voix. Tape-à-l’oeil et criard, le T-shirt à messages a inondé nos placards : y compris, hélas, ceux des personnes ayant passé leur crise d’ado depuis longtemps. «Keep calm and carry on». Comment une telle insulte au bon goût prêche-t-elle désormais la bonne parole vestimentaire, d’autant plus dans une ville aussi «branchouille» que Paris ? Autrefois réservé au camping et aux soirées pyjamas, le petit haut humoristique a fini, comme une mauvaise blague, par remonter des plages de beauf pour conquérir le pays tout entier. Veni, vidi, vici. Tiens, tant que j’y pense, ça ferait même un bon slogan pour un T-shirt. Plus intolérable encore, les modèles qui vous martèlent de messages philosophico-moralistes, le ridicule en plus. C’est ainsi que «Bosser tue», «Ni dieu ni maître» et j’en passe, rivalisent de bêtise quand un simple «Couillon» aurait suffit. Dans cette cacophonie visuelle, la palme revient quand même au «Mon T-shirt est nul» (si, si, ça existe…) qui lui a au moins l’honnêteté de correspondre au produit. À l’envers comme à l’endroit, les T-shirts à messages sont à la prose ce que le slip Droopy est au derrière : une hérésie dont la seule vocation est de finir en chiffon. Surtout s’il y avait écrit «Pshiiit !» ou «Oust !» dessus.

Des larmes de crocodile

birkin croco_histoires de voir_emmanuelle_dessinLa chasse à l’homme est ouverte. Face au soulèvement planétaire qu’a provoqué la mort du lion Cecil, difficile de ne pas sortir les crocs contre ce dentiste amateur de trophées. Ce même genre de trophée que les plus opulentes d’entre nous exhibent fièrement à leur bras, sans s’émouvoir de la souffrance animale que coûte souvent la confection d’un tel accessoire. Le sac Birkin. Loin des yeux, loin du cœur. Mais jamais du porte-monnaie : en croco, lui aussi, bien évidemment. Si je suis la première à pouvoir m’extasier (comme bon nombre de femmes) devant la beauté des créations de grands couturiers, jamais je n’ai considéré le luxe sous le prisme de la cruauté. Tout simplement parce que le rêve ne s’achète pas au prix du sang, aussi « rare et cher » que puisse être notre bon plaisir. Lire la suite « Des larmes de crocodile »

À toi, Charlie

jesuischarlieQuand les mots manquent, on en vient aux mains. Alors que la France entière peine à se remettre du terrible attentat au siège de Charlie Hebdo, une question demeure sur toutes les lèvres, qu’on hésiterait presque à prononcer à voix haute. Sortir sa langue de sa poche mérite-t-il la peine de mort désormais ?

Si la vérité peut fâcher autant qu’une blague acerbe, personne n’aurait pu imaginer qu’elle embraserait les esprits au point de réduire toute une rédaction au silence. Charb, Cabu, Tignous, Wolinski et bien d’autres ne sont plus. Muselés de force pour ce qu’ils savaient faire de mieux : du rentre-dedans. Un prix bien élevé pour l’impertinence accomplie. Satirique, libertaire et souvent offensif, Charlie Hebdo ne se résume pas à un torchon raciste pour autant, n’en déplaise à ses détracteurs les plus farouches.

Au risque de choquer, bousculer et attiser les passions, ce journal est resté fidèle à sa ligne de conduite de départ. Le rire, car c’est le propre de l’Homme. Tout comme l’auto-dérision d’ailleurs, aussi déplaisante soit-elle quelques fois. Puisqu’une telle barbarie ne peut que laisser sans voix, consacrons une minute de silence en hommage aux familles des victimes et à mes confrères de plume et de crayon. Car «nous sommes tous des Charlie».

La France n’aime pas les riches

France aime pas richesPersonne n’aime les riches. Et les Français tout particulièrement, qui ont même fait de la haine du fric un véritable sport national. À force de se répéter en boucle que « l’argent ne fait pas le bonheur », aurait-on fini par oublier qu’il y contribue quand même foutrement bien ? Un dicton aussi rassurant qu’hypocrite, dont les plus pingres sont bizarrement les plus friands, se défilant illico lorsque vient le moment de payer l’addition. La bonne planque. Lire la suite « La France n’aime pas les riches »

Boucle-la !

Faucon yaka Grande gueule. Quelle autre expression typiquement « frenchy » pourrait-elle mieux qualifier les « Je-sais-tout » qui nous agacent ? Spécialistes de tout et experts en rien, ces nuisibles ne ratent pas la moindre occasion d’étaler leur confiture, quitte à déborder sur les tartines des autres sans y avoir été conviés. Qu’importe si leur science infuse aussi mal qu’un sachet de thé premier prix, surtout quand l’urgence d’ouvrir son bec devient palpable. Sous couvert d’un « caractère fort » en réalité infantile, le bien-pensant rappelle l’oisillon braillard incapable de fermer son clapet. Il piaille et piaille, sans jamais décoller du nid : la dialectique du « qui parle trop et agit peu ».

Lire la suite « Boucle-la ! »

La solde folle

Pire que l’épidémie de gastro, voici venue la fièvre acheteuse. Chaque année, la même rengaine : frappant ses victimes par millions à grands renforts de 60, 70 puis même 80%, les soldes font chauffer la carte bleue jusqu’à décimer la moindre trace de bon sens qui viendrait prévenir un achat inutile. Plus, plus toujours plus ! Sans modération. Cédant volontiers à la pression consumériste et à l’euphorie de la promo, des millions de Français partent en croisade pour quérir le Graal dont ils se sont pourtant passés pendant tant d’années. D’optionnel, il leur est devenu indispensable, quitte à se taper la cohue dès l’entrée de la boutique et même poser leur dernier jour de congé, histoire d’être le premier dans les starting blocks. On ne plaisante pas avec le rabais, surtout en période de crise. Un vrai bal populaire. Lire la suite « La solde folle »