Oscar Wilde dévergonde le Petit Palais

oscar-wilde-petit-palaisConsacrer une exposition visuelle à un auteur dont l’oeuvre reste majoritairement littéraire : voilà le défi que s’est lancé le Petit Palais pour célébrer l’ « impertinent absolu » jusqu’au 15 janvier 2017. Un portrait éloquent de l’écrivain et surtout du personnage.

« La modération est une chose fatale. Rien ne réussit mieux que l’excès. » D’emblée, le Petit Palais annonce la couleur. Dandy désinvolte, esthète, romancier, poète et critique d’art : si les étiquettes attribuées à Oscar Wilde sont nombreuses, aucune n’en saisit aussi parfaitement l’essence que ses propres propos. Car se plonger dans les écrits wildiens signifie bien souvent se retrouver à crayonner la totalité des pages. Ponctuée de citations, l’exposition n’échappe pas à cette règle tout en proposant bien plus qu’une simple présentation de manuscrits ou de correspondances écrites. Au-delà de l’hommage, elle ressuscite ce grand écrivain via un parcours chronologique en le faisant dialoguer avec les photos, les lettres, les tableaux et le contexte historique qui ont marqué son existence.  Lire la suite

Les Arts Déco jouent avec Barbie

barbieSuccess story rose bonbon aux Arts Décoratifs : c’est la première fois que Barbie fait l’objet d’une véritable invitation dans un musée français, retraçant cinquante ans d’évolution de la plus célèbre poupée du monde. Une expo résolument pop qui ravira petits et grands jusqu’au 18 septembre.

Tour à tour princesse, pompier, vétérinaire ou cosmonaute : à 57 ans, Barbie dispose d’un solide CV avec plus de 155 carrières à son actif, aussi classiques qu’avant-gardistes. Autant de « vies » déployées aux Arts Déco à travers 700 modèles de poupées différentes, le tout sur fond de décryptage. Car si les enfants préféreront s’extasier devant la beauté des jouets, l’exposition consacre une large partie à replacer la saga Barbie dans son contexte historique et sociologique. De quoi piquer la curiosité des visiteurs adultes en quête de détails plus cocasses. Outre les péripéties de sa vie amoureuse – car la jolie blonde aurait quitté Ken pour un surfeur australien en 2004 avant de lui donner une seconde chance ! – on y apprend notamment qu’elle aurait marché sur la lune en 1965, soit quatre ans avant Apollo. Ses silhouettes, ses coiffures, ses costumes, sont le fruit de quelques secrets de fabrication dont certains sont révélés pour l’occasion.  Lire la suite

« Fashion Forward » en front row aux Arts décoratifs

fashion-forwardUne « minute mode » de près de trois siècles. C’est le programme que propose l’exposition « Fashion Forward » aux musée des Arts décoratifs à l’occasion du trentième anniversaire de sa collection mode et textile. Un voyage dans le temps à faire sur son 31, jusqu’au 14 août.

Voila une exposition qui mettra du baume au coeur à ceux qui refusent de flamber pendant les soldes. Telle une frise chronologique inédite, « Fashion Forward » propose une avance accélérée sur trois siècles de création vestimentaire, de la fin du règne de Louis XIV jusqu’à nos jours, à travers 300 silhouettes célébrant l’élégance à la française. De quoi s’en mettre plein les yeux sans risquer le découvert sur son compte.  Lire la suite

Carambolages : un jeu de piste au Grand Palais

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Voila une exposition qui séduira les connaisseurs comme les novices. Calquée sur le principe d’un coup double au jeu de billard, « Carambolages » propose une nouvelle approche de l’art avec un concept aussi novateur qu’intuitif: « solliciter votre regard, votre imagination, pour une découverte ludique et sensible. » Autrement dit, lire les œuvres non pas via son « background » culturel mais par associations d’idées et de formes, chaque création dépendant de la précédente et annonçant la suivante. Inédit. Lire la suite

Louis Vuitton déballe son sac au Grand Palais

Se faire la malle en beauté à travers deux siècles de voyage  : voilà une invitation alléchante à laquelle vous convie Louis Vuitton au Grand Palais jusqu’au 21 février 2016. Une rétrospective remarquablement mise en scène où le bagage siglé se fait le conteur de l’une des plus grandes odyssées du style français  : comme un appel à prendre le large. Lire la suite

Léonard de Vinci, Il Genio

Le travail de toute une vie exposé pour la première fois en France. Si les rétrospectives consacrées à Léonard de Vinci ne manquent pas de nos jours, rares sont celles qui ont mis en lumière son célèbre Codex Atlanticus, dont certains passages restent encore cryptés aujourd’hui. Cinq cent ans après son arrivée à la cour de François 1er, le génie reste un mystère : à la Pinacothèque de lui rendre hommage jusqu’au 31 janvier 2016 en déchiffrant le plus énigmatique des recueils de pensées. De quoi pousser un peu plus la fascination que suscite ce personnage…puisque seuls quelques milliers de feuillets ont pu être retrouvés sur un total de 13 000. La faute à leur histoire mouvementée. Lire la suite

Elisabeth Louise Vigée Le Brun, invitée d’honneur du Grand Palais

«Tu seras peintre, mon enfant, ou jamais il n’en sera.» Louis Vigée était probablement loin de se douter de la valeur quasi-prophétique de ses mots lorsqu’il les prononça à sa fille. Aussi douée que belle, Elisabeth Louise Vigée Le Brun reste pourtant encore peu connue du grand public, malgré l’immensité de son œuvre et une carrière d’exception. Sans doute est-ce pour cette raison qu’aucun pays (à l’exception des Etats-Unis) ne s’était risqué à lui consacrer de rétrospective jusqu’à présent. Au Grand Palais de corriger le tir en réunissant près de 150 tableaux pour la première fois en France; un défi risqué quand on sait que ce genre d’exposition n’attire pas les foules. Lire la suite

Portraits à la cour des Médicis

medicisQuoi de plus banal de nos jours que de se faire tirer le portrait  ? C’est pourtant l’accroche qu’a choisi le musée Jacquemart-André pour nous entrainer à Florence au temps de la cour des Médicis, à travers 40 tableaux des plus grands peintres de l’époque dite «  maniériste  », jusqu’au 25 janvier 2016. Pontormo, Andrea del Sarto, Bronzino et Salviati s’y font ainsi le miroir d’un Cinquecento en pleine émancipation, où les traits de leurs contemporains en disent long sur la société de l’époque.

Le portrait comme arme politique. Si tous les moyens sont bons pour s’emparer du pouvoir, les Médicis ont préféré s’approprier les arts pour asseoir leur autorité à Florence au XVIe siècle  : une réhabilitation par l’image, subtilement habile en vue de la conquête à venir. Aux visages crispés et stoïques du début du siècle succèdent ainsi des mises en scène héroïques, représentant la puissance d’hommes de guerre au service d’Alexandre et de Côme comme pour soumettre leurs derniers pourfendeurs. À mesure que la dynastie s’affirme, l’art du portrait se démilitarise et s’accorde à l’image de la cour: luxe, élégance et raffinement, jusque dans les moindres détails. Les visages se déclinent, toujours avec la même opulence, parfois peints sur cuivre ou même sur lapi-lazuli, laissant une trace indélébile de cet âge d’or à la postérité. Lire la suite

Tapis rouge pour Velázquez

velazquezManet le qualifiait de « peintre des peintres ». Près de quatre siècles après la mort de Diego Velázquez, le Grand Palais lui consacre une rétrospective d’autant plus attendue que ses productions se font rares dans les musées français. Une première annoncée comme événementielle malgré l’absence des Ménines, le chef d’œuvre absolu dont le musée du Prado ne se sépare jamais. Si Velázquez a longtemps rêvé de devenir le peintre attitré du roi d’Espagne, ses portraits officiels ne représentent qu’une partie de la visite, dont les sections reprennent plutôt la trame biographique d’un artiste aussi talentueux que mystérieux. Peintre économe, Velázquez a peu produit : ce qui n’empêche pas ses représentations de frapper tout spectateur qui croiserait le regard d’Innocent X, de l’infante Marguerite ou des nombreux autres modèles grâce auxquels il a pu révolutionner les codes d’un genre plutôt rigide. Un coup de pinceau que le pape en personne qualifiait de « trop vrai ». Lire la suite

Jean Paul Gaultier habille le Grand Palais

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Après avoir exposé ses créations aux quatre coins du globe, Jean Paul Gaultier fait escale au Grand Palais jusqu’au 3 août 2015, de retour dans sa ville de cœur. Avec une rétrospective à son image : détonante et décomplexée, la promesse d’un vrai show.

Dès l’entrée, « l’enfant terrible de la mode » donne le ton. En accueillant lui-même les visiteurs via une projection animée, aux côtés de plusieurs autres mannequins aux regards aguicheurs. Clin d’oeil sexy sur fond d’humour : on en oublierait presque que l’on se trouve dans un musée.

La mode ? Gaultier s’y intéresse surtout pour sa dimension de spectacle, en défilé comme au Grand Palais. En témoigne la scénographie audacieuse de l’exposition, qui se joue des codes établis en écho à ses précédentes créations: corsets, trench coat et inspirations punk cancan succèdent à son emblématique marinière, dont il avoue avoir toujours aimé « l’aspect graphique et architectural ». « Ma mère m’habillait avec des pulls marins, ils vont avec tout. C’est un basic, un vêtement qui ne se démodera probablement jamais. »  Lire la suite