L’amour est dans l’urne

Rares sont les communiqués de presse qui ont autant piqué ma curiosité. D’autant plus en tant que journaliste politique. Et pourtant, il arrive aussi qu’un truc sexy atterrisse dans ma boîte mail, pile le jour où je sèche pour trouver un sujet à exploiter sur le blog.

Bien que sexe et pouvoir se sont toujours mariés à merveille, personne n’avait encore pensé à afficher ses idées politiques en pleine action. Que ça vous excite ou non, c’est désormais possible. A droite, à gauche, au centre voire aux extrêmes, tous les recoins du plumard vont y passer grâce aux nouveaux préservatifs de Callvin. Absolument collector. Ne manquant ni de piquant ni d’humour, ils permettront aux plus passionnés de brandir fièrement leurs convictions pour la France jusqu’au bout de la nuit. Quitte à faire fuir leur partenaire, puisque cette élection présidentielle ne manque pas de rebondissements. Quant à ceux que l’offre politique 2017 n’emballe guère, ils pourront toujours se taper une bonne barre histoire de décompresser un coup. Une façon comme une autre d’éviter l’abstention.

Mordez à l’hameçon

LOL. En ce premier avril, nous avons décidé avec Emmanuelle de troquer nos plumes et crayons pour inverser les rôles le temps d’un billet. Elle à l’écrit, moi au dessin. Juste pour rire… en espérant vous faire sourire ! (D’ailleurs, je vous serais bien reconnaissante de ne pas être trop sévères avec la croûte que voici…) !

1er avril_Polinacide_dessin

2 avril 2016. J’ai terminé froissé, déchiré comme un mal propre, moi qui voulais finir dans le ruisseau et accuser Rousseau.
J’ai relevé mon niveau, j’ai gardé ma ligne, c’était vraiment pas le jour de casser mes plombs. Il faut croire que je me mets à dos. C’est plus fort que moi, c’est ma bulle d’air, mon bouchon, ma canne, mon chalut!
Je vais appeler mon ami le bar, il est comme moi, toujours tout ouïe pour ses amis. Il a la palme celui là, il les encaisse les vers, à peine sortis de terre. Toujours chez lui, à nager en eau trouble, muet comme une carpe. Moi je n’ai qu’un jour, alors j’en profite. Lire la suite

Tape l’affiche

les hauts de hurlevent_ emmanuelle_histoires de voir_dessinQu’ils soient «Rebelle», «Fille à papa» ou «Cœur à prendre», ils se sont tous passés le mot. De vrais moulins à paroles d’après les slogans fièrement exhibés sur leur poitrine, comme revendiquant une étiquette qu’ils n’osent pas formuler de vive voix. Tape-à-l’oeil et criard, le T-shirt à messages a inondé nos placards : y compris, hélas, ceux des personnes ayant passé leur crise d’ado depuis longtemps. «Keep calm and carry on». Comment une telle insulte au bon goût prêche-t-elle désormais la bonne parole vestimentaire, d’autant plus dans une ville aussi «branchouille» que Paris ? Autrefois réservé au camping et aux soirées pyjamas, le petit haut humoristique a fini, comme une mauvaise blague, par remonter des plages de beauf pour conquérir le pays tout entier. Veni, vidi, vici. Tiens, tant que j’y pense, ça ferait même un bon slogan pour un T-shirt. Plus intolérable encore, les modèles qui vous martèlent de messages philosophico-moralistes, le ridicule en plus. C’est ainsi que «Bosser tue», «Ni dieu ni maître» et j’en passe, rivalisent de bêtise quand un simple «Couillon» aurait suffit. Dans cette cacophonie visuelle, la palme revient quand même au «Mon T-shirt est nul» (si, si, ça existe…) qui lui a au moins l’honnêteté de correspondre au produit. À l’envers comme à l’endroit, les T-shirts à messages sont à la prose ce que le slip Droopy est au derrière : une hérésie dont la seule vocation est de finir en chiffon. Surtout s’il y avait écrit «Pshiiit !» ou «Oust !» dessus.

Du plaisir de tricher

 

Parfois, les meilleures leçons que l’on apprend à l’école ne sont pas forcément les plus attendues.« Vous avez parfaitement le droit de tricher, mais surtout pas de vous faire prendre. » C’est ce qu’adorait répéter l’un de mes profs de maths la veille d’un contrôle, nous incitant à cueillir le fruit défendu comme pour mieux nous taper sur les doigts. Aucun doute que certains élèves en ont fait une ligne de conduite, et pas seulement en période d’exams. Frauder pour gagner sans efforts : voilà un principe de vie dérangeant et dont la facilité nous attire pourtant tous. Sans aucune exception. Face à la caisse du supermarché, la feuille d’impôts ou dans le cadre d’un régime, qui ne s’est jamais laissé tenter par une petite tromperie innocente ? Surtout si l’écart en question ne fait de mal à personne, mais dont l’effet euphorisant n’est plus à démontrer. Allez savoir pourquoi l’interdit a tant de saveur, comme s’il récompensait notre égo d’« avoir osé » le braver. Pas vu, pas pris : c’est si bon de gruger ! À condition, bien sûr, de ne pas trop s’en vouloir derrière… Quel intérêt de jouer si c’est pour gâcher tout le plaisir ? Pourtant, bien souvent la culpabilité rattrape le tricheur, le renvoyant à ses crasses comme par magie du karma. Oeil pour œil, dent pour dent. C’est bien là tout le problème : quand la fraude peut coûter très cher, une seule note salée suffit à nous en vacciner pour de bon. Jusqu’à la fois prochaine. Car on a beau se fixer une limite morale à ne jamais franchir, rien de tel qu’une bonne triche contagieuse pour se remettre sur le droit chemin. Faute avouée à moitié pardonnée : voilà qui rend la conscience un peu plus légère. « Méfaits accomplis. »

La guerre du soutif

Soutien gorge_emmanuelle_histoire de voirY a du monde au balcon ! S’il a suffit d’une session photo pour que Kim Kardashian réconcilie le monde entier avec son hémisphère sud (y compris les tailles XXL), certaines femmes n’arriveront jamais à se satisfaire de leur poitrine. Du moins à en croire les colonnes estivales de la presse féminine, que l’on feuillette volontiers sur le sable pendant que la peau dore au soleil. Trop petits, trop gros, en forme de poire ou de gant de toilette : rares sont celles qui remercient Dame nature pour ce qu’elle a bien voulu leur donner, tant les seins mettent en jeu l’image de soi et d’autant plus sur la plage. Surtout lorsque l’on considère la bronzette d’un point de vue masculin : ce qui devient tout de suite beaucoup plus drôle. Coincé entre la serviette de bain de sa copine et la pile de magazines rose bonbon, difficile de résister à l’envie de se rincer l’oeil en douce, sur les sirènes des couvertures comme la voisine de transat’. Faut bien tromper l’ennui en attendant que l’heure tourne. Lire la suite

Tout pour réussir sa période décès

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« Mort de rire ». C’est ainsi que l’on pourrait résumer le dernier recueil d’épitaphes de Philippe Héraclès, dont l’humour grinçant s’est déjà illustré dans plusieurs ouvrages, notamment « Le grand livre de l’humour noir », « Des fins pour défunts » ou encore « Feu à volonté ». Car s’il n’ « y a que dans les films que l’on ne meurt pas pour de vrai », bien choisir son épitaphe demeure la seule garantie de s’assurer l’immortalité tant souhaitée. En dédramatisant sans tabou un sujet pourtant grave et difficile. Puisque la fin justifie les moyens, l’éditeur a concocté un cocktail détonnant d’épitaphes plus drôles les uns que les autres, tranchant clairement avec les ornements que l’on retrouve sur les sépultures de nos anciens. De quoi conjurer la fatalité d’un passage sur Terre éphémère, ou d’un destin que certains croient encore incertain. « Pour une fois, personne ne va essayer de me piquer ma place », « Je ne pensais pas qu’un jour je descendrai si bas », « Je suis bien parti pour y rester » ou encore « Je suis hors je » sont autant de pieds de nez que Philippe Héraclès lance à la mort, dont un seul suffira au bonheur posthume de tout bon vivant qui se respecte. « Tous pour un, tous pourris » : voilà un humour qui fera se retourner plus d’un mort dans sa tombe.

Ça Sims pour moi !

emmanuelle_histoires de v oir_jeu vidéo_Les Sims« Sul sul ! » J’ai beau lutter, je suis trop faible : me voilà retombée en enfance. Malgré toutes mes tentatives d’éradiquer mon côté geek, il revient au galop et d’autant plus depuis que les Sims ont débarqué sur l’Iphone. Gratuitement, pour ne rien gâcher au plaisir. L’euphorie des débuts mise à part, quelques jours ont suffit pour que cet amas de pixel ambulant finisse par me vampiriser l’existence. Ça vibre, ça vibre, et ça n’en finit plus. Pire qu’un tamagotchi du temps où j’étais gosse. Lire la suite

20 bonnes raisons d’arrêter de lire

emmanuelle_histoires de voir_20 bonnes raisons_Pierre Menard (1)Que ceux qui n’ont jamais ouvert un seul livre de leur vie cessent d’avoir honte ! Ils devraient même le revendiquer haut et fort. C’est du moins le message que délivre le joyeux pamphlet de Pierre Ménard, dans lequel l’auteur passe en revue tous les risques auxquels s’exposent les bibliopathes, à commencer par celui de s’écorcher. « Combien d’innocents lecteurs se blessent chaque année en tournant les pages de livres médiocres, quand ils ne sont pas abjects ? » Vu l’ampleur du fléau, on se demanderait presque pourquoi aucune étude ne s’est jamais penchée sur la question. Lire la suite

Comment paraître intelligent ?

pierre-menard-comment-paraitre-intelligentQui a dit que le QI d’une huître ne pouvait pas révéler une belle perle ? S’il n’y a aucun mal à se moquer des abrutis, Pierre Ménard préfère quant à lui exposer 1001 façons de paraître intelligent dans un «Petit bréviaire destiné à ceux qui ne le sont pas, écrit par quelqu’un qui aurait besoin de le lire». Un concentré de subtilité et d’humour, indispensable à tous ceux qui veulent épater la galerie sans passer pour des benêts.«On se plaint avec raison des discriminations qui touchent les femmes, les Noirs, les homosexuels, les petits, les roux, les gros… et ceux qui ont le malheur d’être tout cela à la fois. Pourtant, il existe une discrimination bien plus odieuse, et d’autant plus scandaleuse qu’elle est socialement acceptée. Je veux parler, bien entendu, de celle qui frappe les imbéciles.» Lire la suite

Pourquoi faire simple ?

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Dure, la vie est dure: surtout quand on excelle dans l’art de vouloir la compliquer à tout prix. Voilà un trait de caractère qui m’insupporte et dont j’ai pourtant bien du mal à me défaire : ce qui, pour ne rien gâcher, rend les choses encore plus difficiles qu’elles ne le sont. Imaginez le casse-tête. Quand certains adorent s’encombrer de bibelots inutiles (quitte à transformer leur studio en foir’fouille), d’autres se meurtrissent à coups d’impératifs et d’«il faut», quitte à finir noyé dans un verre d’eau. À moitié vide, de surcroît.  Lire la suite