L’achat utile

Voilà somme toute la problématique à laquelle j’ai été confrontée en plein dimanche de fin de soldes. N’ayant eu ni le temps ni l’envie de me fondre parmi la foule les semaines précédentes, je me suis fatalement rabattue sur un jour de congé où je n’avais strictement rien planifié à part me foutre la paix. Grossière erreur. Car passé le déjeuner, me voilà éprise d’un désir insatiable de faire les boutiques, avec pour seul but d’acquérir une fringue à prix bradé d’ici le 21 février. Dernière démarque oblige. Quel intérêt, direz-vous ? Aucun. Si ce n’est celui de participer à ce grand rituel social de chasse à la bonne affaire. Avec l’ultime excuse de pouvoir peut-être – enfin – trouver la seule pièce qui manquait à ma garde-robe depuis des mois. Le comble, c’est qu’elle était bien là, à m’attendre sagement accrochée à son cintre. L’effet panurge des soldes, sans doutes. Lire la suite

Brand Kvartira : plus qu’un label

Entrez, faites comme chez vous. Si certains préfèrent travailler à la maison, « Brand Kvartira » – ou « Brand Apartment » pour ceux qui ne sont pas russophones – se veut un concept à part entière. Un show room en plein cœur du quartier du marais à Paris visant à promouvoir de jeunes créateurs de mode qui manquent souvent de visibilité face aux géants de la grande distribution. Lire la suite

« Fashion Forward » en front row aux Arts décoratifs

fashion-forwardUne « minute mode » de près de trois siècles. C’est le programme que propose l’exposition « Fashion Forward » aux musée des Arts décoratifs à l’occasion du trentième anniversaire de sa collection mode et textile. Un voyage dans le temps à faire sur son 31, jusqu’au 14 août.

Voila une exposition qui mettra du baume au coeur à ceux qui refusent de flamber pendant les soldes. Telle une frise chronologique inédite, « Fashion Forward » propose une avance accélérée sur trois siècles de création vestimentaire, de la fin du règne de Louis XIV jusqu’à nos jours, à travers 300 silhouettes célébrant l’élégance à la française. De quoi s’en mettre plein les yeux sans risquer le découvert sur son compte.  Lire la suite

Une chaussure à tous les pieds

mets tes basketsDe retour dans la cour de récré. C’est désormais l’impression que j’ai à chaque fois que je mets un pied dans la rue, ce même pied qui ne se démarque guère de ses autres congénères … tous de Stan Smith vêtus. Modèle blanc et languette verte, le plus souvent : un conformisme absolu qui n’épargne presque personne, même ceux qui s’étaient jurés de ne jamais y succomber. Moi la première. Lire la suite

Garance Doré, « une success story » à la française

Pour commencer l’année en beauté, je partage avec vous mon interview de Garance Doré publiée au mois de décembre, à l’occasion de la sortie de son premier livre, Love Style Life. La rencontrer fut un plaisir d’autant plus grand que j’ai commencé à suivre son blog lorsque je n’avais que 15 ans. Et je n’ai pas arrêté depuis. 

Cliquez ici pour visionner l’interview.

Copyright photo : © Erik Melvin

Jean Paul Gaultier habille le Grand Palais

jpgaultier-grandpalais

Après avoir exposé ses créations aux quatre coins du globe, Jean Paul Gaultier fait escale au Grand Palais jusqu’au 3 août 2015, de retour dans sa ville de cœur. Avec une rétrospective à son image : détonante et décomplexée, la promesse d’un vrai show.

Dès l’entrée, « l’enfant terrible de la mode » donne le ton. En accueillant lui-même les visiteurs via une projection animée, aux côtés de plusieurs autres mannequins aux regards aguicheurs. Clin d’oeil sexy sur fond d’humour : on en oublierait presque que l’on se trouve dans un musée.

La mode ? Gaultier s’y intéresse surtout pour sa dimension de spectacle, en défilé comme au Grand Palais. En témoigne la scénographie audacieuse de l’exposition, qui se joue des codes établis en écho à ses précédentes créations: corsets, trench coat et inspirations punk cancan succèdent à son emblématique marinière, dont il avoue avoir toujours aimé « l’aspect graphique et architectural ». « Ma mère m’habillait avec des pulls marins, ils vont avec tout. C’est un basic, un vêtement qui ne se démodera probablement jamais. »  Lire la suite

Contrefaçon : souvent copié, jamais égalé

De la tyrannie du « posséder », la contrefaçon est certainement l’un des symptômes les plus criants aujourd’hui. Lacoste, Dolce&Gabanna ou encore l’incontournable Louis Vuitton, combien de grandes marques ont perdu de leur prestige face aux multiples copies vendues sur la plage ou entre deux stations de métro ? À la sauvette, en moins de temps qu’il n’en faudrait pour cuire un oeuf : du réchauffé à l’état pur. Pas vu, pas pris, et vous voilà jouer les bling-bling avec une paire de lunettes en toc, à l’identique de celle que vous rêviez autrefois d’acquérir. L’étincelle en moins, la rengaine du plastique premier prix : l’heureux propriétaire ! Lire la suite

Jamini, un lotus incandescent

La caresse de l’audace. Après plusieurs années passées chez l’Oréal, Usha Bora crée Jamini Design en 2009 pour partager, au travers de ses créations, le savoir-faire artisanal de sa région natale et rompre avec les idées reçues sur l’Inde. De Paris à l’Assam, un chant d’amour porté à 10 000 kilomètres.

Usha Bora
© Claudio Cambon

Résidant en France depuis 15 ans, les yeux d’Usha n’ont rien perdu de cet éclat si particulier aux femmes indiennes, d’un noir profond dans lequel on s’abandonnerait volontiers. Un tempérament de feu paré de douceur, à l’image de ses étoles, dont les couleurs éclatantes rappellent les fleurs de lotus peuplant par milliers la vallée de l’Assam. Jamini. « Signifiant rouge pourpre en hindi, ce nom m’est apparu comme une évidence, tant la teinte incarne à merveille ma région natale ». L’Inde, elle l’a dans la peau. Lire la suite

L’envers des dentelles

Un sain voyeurisme. Jusqu’au 24 novembre, La Mécanique des dessous lève le voile sur l’envers du costume aux musée des Arts décoratifs, à travers une histoire indiscrète des sous-vêtements du XIVsiècle à nos jours. Tendres complices d’un corps sans cesse soumis aux diktats de la mode, ces délicats artifices transcendent souvent leur fonction esthétique première. Corsets, « faux cul », baleines et ceintures d’estomac sont autant de subterfuges servant à sculpter l’allure idéale, faite de décolletés pigeonnants, de fessiers bombés et d’une taille qui ferait pâlir d’envie les guêpes elles-mêmes. On est loin du fameux canon 90-60-90, dont la dite tyrannie ne provoque pas autant d’épidémies d’évanouissements dans les vestiaires.

Soutien-gorge bustier, 1950 Vancouver, collection Melanie Talkington © Patricia Canino
Soutien-gorge bustier, 1950
Vancouver, collection Melanie Talkington
© Patricia Canino

« À corps droit, âme vertueuse ». Plus qu’un dicton, cette règle de vie n’épargne ni les enfants ni les Hommes. Les Messieurs étaient même précurseurs en la matière, avec cette finesse du « dessous de la ceinture » dont ils ont le secret. Que les dames gloussent à cœur joie devant les ersatz de braguette, l’ambiance intimiste et énigmatique de l’exposition leur offre le luxe d’un lèche-vitrine anonyme. Sans réserve aucune, cette extension généreuse du pénis mettait en lumière – au sens propre comme au figuré – les attributs virils de l’entrejambe masculine. Sur les cuirasses militaires y compris, histoire d’intimider l’adversaire et peut-être même le faire fuir.

« Ce qu’il y a de moins à la mode en ce moment, c’est la ligne droite. » La Mode illustrée (1864).

Pur produit de son époque, la silhouette naturelle n’a plus lieu d’exister. Torturée, emprisonnée et sans cesse remodelée, c’est en véritable caméléon qu’elle se plie aux modes successives pour transcender son identité essentielle. La renaissance du corset repris par des créateurs tels que Dolce & Gabbana ou encore Jean Paul Gaultier en apportent la preuve ultime, les armatures mécaniques en moins. Marqueur des tendances actuelles et fruit de la volonté du Pygmalion qui sommeille en tout individu, le corps aujourd’hui n’est rien sinon un fait culturel.