Simple Life

C’est ainsi qu’en son temps je me sentais dans la peau de Paris Hilton lors de mes séjours à la « datcha » ; comprenez, la maison de campagne de ma mère-grand à proximité de la banlieue de Moscou. Si enfant j’y ai vécu des moments carrément inoubliables, une fois devenue jeune adulte j’avais vraiment du mal à m’y retrouver plus de deux jours d’affilée. Entre les WC qui s’apparentent davantage à la « cabane au fond du jardin » et la douche chauffée à l’énergie solaire… comment dire… le besoin du confort citadin revenait vite au galop ! Et pourtant…

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Accablée de paresse

paresseLe bonheur de ne rien foutre. Succombez-y une seconde et vous voilà muter en larve humaine en moins de deux. La flemme. Moins on en fait, moins on en veut : c’est toujours ainsi que commencent les vacances, avec un planning pavé de bonnes intentions. Décrocher du boulot, lâcher du lest, céder aux douceurs de la « slow life »… et finir par caler à force de ralentir la cadence. De la parenthèse au point mort. A croire que le manque d’action épuise autant qu’une semaine de travail acharné, écrasant jusqu’à la volonté de se lever le matin pour mettre en marche la machine à café. L’horreur. Si je ne suis pas de ceux qui aiment organiser des congés plus musclés qu’une opération commando, mon malheur tient au fait que je ne parviens pas à rester en place, au risque de finir dans le même état qu’un lion en cage. Dépressive, angoissée et envahie d’un sentiment d’impuissance, plus détestable encore que la fatigue assommante du vendredi soir.

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Le flâneur postmoderne

Seul parmi les autres. La démarche vagabonde, le regard songeur et l’esprit errant, le flâneur reste aujourd’hui un éternel incompris. Une parenthèse poétique dans l’espace étriqué de la rue. Adepte de la lenteur et de l’oisiveté réprouvée, il gaspille le temps précieux comme de l’or, n’en déplaise à l’exigence productiviste qui pèse chaque jour sur ses épaules. De quoi enrager tous ces lièvres imperméables au « non-agir » de la tortue, grande oubliée de l’identité citadine dont Jieun Shin redéfinit les traits dans son essai sociologique. Loin de subir le rythme effréné d’un quotidien aussi bétonné que mécanique, le promeneur, lui, sait « jouir de la solitude en transformant la ville-désert en ville-jouet », sortant de lui-même et s’ouvrant à l’imprévu.

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À contre-temps

Tic, tac, tic, tac…Toc ! Insaisissable, furtif et irréversible, le temps qui passe pend telle une épée de Damoclès au-dessus de l’Homme moderne, lui amputant à chaque seconde un peu plus de sa force vitale. Pire qu’un robinet en pleine fuite, cette bombe à retardement pétrifie car échappe à tout contrôle, aiguisant un peu plus notre oppression de vivre pleinement. Finie l’insouciance en l’absence de bouton off, que reste-t-il à faire sinon vouloir le dépasser ? En vain, même si les jours sont trop courts. Quand certains se sentent spectateurs de leurs vies se voyant vieillir, d’autres se bornent à maîtriser leur destin à la minute près, avares des heures creuses où les instants sont figés. Pressés de vivre à en mourir, au cas où demain n’arriverait jamais.

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