Où sont les femmes ?

« Aujourd’hui, si un homme tient la porte pour une femme, il y a de fortes chances pour que ce soit le portier. » disait Mae West. Plus que jamais d’actualité, cette pilule pourrait être difficile à avaler la veille de la « Journée mondiale de la femme ». Même pas. C’est bien là tout le problème. Alors que les Russes érigent le 8 mars  en véritable célébration nationale – où les hommes couvrent de fleurs et de cadeaux toutes celles qui les accompagnent au quotidien (mères, filles, épouses et amies) – en France cette journée passe dans le meilleur des cas inaperçue. Moquée, raillée et même qualifiée d’« agaçante » par Geneviève de Fontenay, on en vient à se demander si cette date possède encore un sens. Un flop déplorable.Il faut dire qu’avec des slogans aussi pertinents que « l’égalité pour les femmes, c’est le progrès pour tous et pour toutes », la fête ne promet pas d’être folle. Même le 22 janvier, journée nationale de la chips, semblerait presque plus digne d’intérêt. La faute au féminisme dira-t-on, où plutôt à ses dérives actuelles qui n’ont rien avoir avec le noble combat mené au départ.

À force de vouloir montrer à l’Homme qu’elle était son égale, la femme en a oublié que la liberté ne se conquiert pas à coups de gueulardes castratrices. Décomplexées, indépendantes et auto-suffisantes, certaines ont fini par zapper l’étincelle essentielle de leur véritable nature. La féminité. Que reste-t-il du chien de la créature fatale, de ce charme inné qui, autrefois, forçait les Messieurs à se retourner dans les ruelles, la bouche bée ? Une horde de seins-nus et braillards, à l’instar des Femen qui s’auto-proclament féministes alors qu’elles ne cherchent au fond qu’à choquer l’opinion publique en détruisant le peu de valeurs qu’il lui reste. Autrement dit, pas grand chose.

Si la femme d’aujourd’hui n’est plus célébrée à son juste titre, que ce soit le 8 mars ou les 364 autres jours de l’année, c’est parce qu’elle ne projette plus la part de rêve dont elle était le symbole il y a seulement un demi-siècle. Regrettable quand on sait à quel point sa situation a évolué. La galanterie n’a pas disparu de ce monde uniquement parce que les gentlemen l’ont déserté ; elle résulte notamment de la perte de l’idéal féminin. De tous temps le « beau sexe » a personnifié le fantasme, pourquoi ne pas mettre l’assurance récemment acquise au service d’une sensualité plus assumée ? La porte reste ouverte pour ressusciter le mythe. Là, derrière, je crois même que quelqu’un la tient.

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74 réflexions sur « Où sont les femmes ? »

  1. Je ne savais pas que la journée mondiale de la chips existait.
    Merci pour cet article mûrement réfléchi, et cette touche d’acidité qui tombe toujours à pic ! (je bugge sur la journée de la chips, je me rends compte que je ne l’ai pas célébrée et dieu sait comment je me fais plaisir aux apéros.)

  2. Pour moi la féminité ne se résume pas à la longueur des cheveux, à la hauteur des talons, à la teinte du rouge à lèvres…
    être femme c’est réunir la force et la douceur.
    Mais les hommes sont faibles …

  3. Ah ca c’est un point critique ! La différence est flagrante entre le Mexique et la France. En France dans les avions tout le monde me poussent pour récupérer sa valise au plus vite en m’écrasant les pieds, au Mexique tout le monde se précipitent pour me descendre ma valise de l’espace de rangement, on me laisse passer gentillement. J’avoue que c’est agréable et on se prends très facilement au gout ! Quand je rentre en France, c’est toujours un peu décevant. Mais en même temps on s’est tellement battus pour avoir l’égalité des femmes, que finalement je me dis que je préfère être libre et me prendre des portes à la figure 🙂 Je suis très féministe je crois 😉

  4. hihihi! je le vois un peu tard ce pots mais il me plait! 🙂 Mon grande de 9 ans tient la porte à sa maman et à toutes les femmes qui passent dans notre hall déjà. un futur résistant!

  5. Je ne suis pas d’accord avec toi, la galanterie a bel et bien survécu ! Les hommes dans le métro ont très souvent (à Lyon en tout cas) le réflexe de laisser passer les femmes en premier, à la fac on me tient toujours la porte…
    Au niveau de la féminité, je suis assez d’accord avec le commentaire du dessus. Je suis loin d’être féministe, mais le #HarcèlementDeRue, on connaît toutes, quelle que soit notre tenue ou encore notre maquillage. Beaucoup d’hommes n’ont pas besoin de féminité pour se retourner sur une femme, voire être irrespectueux.
    Enfin bref, au final je trouve que la journée de la femme, ça sert à rien 🙂

  6. Alors, moi, je ne suis pas d’accord avec toi ! 🙂

    Tant pis, je vais être la seule à aller contre le sens du vent, mais je ne peux pas avoir lu ce billet et ne rien dire.

    Tu écris : « À force de vouloir montrer à l’Homme qu’elle était son égale, la femme en a oublié que la liberté ne se conquiert pas à coups de gueulardes castratrices. Décomplexées, indépendantes et auto-suffisantes, certaines ont fini par zapper l’étincelle essentielle de leur véritable nature. La féminité. »

    Déjà, « des geulardes castractrices (…) Décomplexées, indépendants et auto-suffisantes ». Est-ce que tu décris par là : 1/ les Femen, 2/ les féministes, 3/ toutes les femmes ?

    À te lire, on a l’impression que c’est une tare d’être une femme décomplexée, indépendante, qui ouvre sa gueule, et qui subvient à ses propres besoins !

    À propos de la notion de « féminité » : si par là tu entends « une réflexion sur la nature profonde des femmes, sur ce qu’est « être une femme » » (je cite ici Stella Polaris), ok.

    Si, au contraire, la « féminité » que tu évoques, c’est juste une manière de dire que toutes les femmes devraient être minces, jolies, bien habillées, maquillées, épilées (et jeunes aussi je suppose ?), pour que ces messieurs aient de quoi se retourner et complimenter dans la rue, bof… Ils le font déjà suffisamment, quelle que soit la tenue que l’on porte, d’ailleurs, et c’est bien relou.

    Je terminerai avec cette photo qui représente tout à fait mon état d’esprit : http://www.pinterest.com/pin/26810560256384383/

    Féminisme et féminité peuvent faire bon ménage, personnellement j’en ai ras-la-cacahuète des stéréotypes. Si on pouvait laisser les femmes décider pour elles-mêmes ce qui est mieux, et ne pas les juger, ça serait bien aussi.

    Car quand les femmes tirent à boulets rouges sur d’autres femmes, surtout au sujet de leur apparence physique, on touche un peu le fond, non ?

  7. Je suis encore une fois tout à fait d’accord avec toi !
    Ce qui me choque c’est que les médias ne vantent les mérites des femmes presque qu’une fois par an, pour la journée de la femme !! Ce devrait être tous les jours la journée de la femme / de l’homme !! D’ailleurs si les hommes et les femmes étaient vraiment égaux et vus de la même façon il y aurait aussi une journée de l’homme !
    Je pense comme toi que les femmes ont de moins en moins cette image glamour et exceptionnelle qu’elles pouvaient avoir avant, et c’est vraiment dommage !!

  8. Ça ne me dérange pas qu’on me tienne la porte ou qu’on m’ouvre celle de la voiture pour descendre, je ne trouve pas ça dégradant ou agaçant, bien au contraire ! Mais ça vient probablement de ma culture, où ce genre d’attentions sont encore entretenues par les hommes. Je trouve presque dommage que ça se perde aujourd’hui 🙂

  9. J’aime beaucoup la phrase de Mae West qui est très juste!
    Il est vrai que la femme d’aujourd’hui a malheureusement perdu sa féminité et au rythme de notre époque, ne la retrouvera plus. Hélas!
    Bises

  10. Indépendance et liberté ont été acquis mais à quel prix?!
    Cette journée de la femme est passée inaperçue jusqu’à ce que mon homme me la souhaite. Incroyable…

  11. Ton billet est tellement vrai. Je croyais être la seule à avoir remarquer ces mœurs perdus. La femme classe, élégante et intelligente. Celle qui portait toujours un chapeau pour garder la classe. Celle qui ne parlait que pour dire des choses censées. Celle que les hommes admiraient. aujourd’hui, il n’en restent que très peu des femmes comme ça. J’essaie de préserver l’image d’une femme classe et correcte dans ma façon d’être. Je vois trop de femmes se balader en joggings, avec une poussette, les cheveux attachés par une vulgaire pince, à crachant dans la rue à tout va …

  12. Excellent ton billet mais on en est là aujourd’hui !On peut regretter la situation mais en contre partie ,les femmes ont acquis beaucoup d’indépendance .Alors est -ce le prix à payer ??? 🙂

  13. J’étais sure que tu avais écrit sur ce sujet quand je me suis rendue sur ton blog aujourd’hui ! Une nouvelle fois, je suis plus que d’accord avec toi, j’espère que les inégalités d’aujourd’hui ne le seront plus demain… Mais comme j’ai pu lire dans les commentaires  » Pour eux nous sommes des mamies au delà de 40 ans, des grognaces à 30 ans et des pouffes à 20 ans  » : c’est quelque chose de très vrai qui n’est pas prêt de changer…
    Des bises et à bientôt !
    Laury

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