Dictionnaire nostalgique de la politesse

dictionnaire-nostalgique-politesse-frederic-rouvilloisVoilà un livre qui ravira ceux qui ont toujours rêvé de plaire à leur belle-mère. Pourquoi dire « Bon appétit » est-il considéré de mauvais ton ? D’où vient la coutume du baise-main ? Qu’en est-il du placement à table ? Autant de questions qui trouveront facilement leur réponse dans le « Dictionnaire nostalgique de la politesse » de Frédéric Rouvillois. Une véritable encyclopédie de la bienséance aussi documentée qu’humoristique, qui explique l’origine de chaque pratique et la manière dont elle a évolué au fil des siècles. On y apprend notamment qu’il était malpoli pour un homme marié de dire « Ma femme », comment l’expression « Bon courage » a remplacé de plus en plus « Bonne journée », mais aussi que mettre la main sur la nuque d’une femme au Japon équivalait à « la main aux fesses » occidentale !  Lire la suite

Avis aux gourmands

art-de-manger_dessin-emmanuelle_histoire-de-voirVoila qui va mettre du beurre dans vos épinards. A l’heure des régimes et des diktats alimentaires, la diététicienne Ariane Grumbach sort un livre à contre-courant du discours ambiant : « La gourmandise ne fait pas grossir ! ». Un titre aussi alléchant qu’apaisant pour nos esprits en quête de minceur à tout prix. Pas de recette miracle, juste du bon sens en guise de pied de nez aux injonctions alimentaires que l’on s’impose au quotidien. « On ne mange pas des calories, on mange des aliments », « ça serait pas un peu de l’intox, la détox ? », « non, les féculents ne font pas grossir » : autant de réponses déconstruisant les mythes et les idées reçues sur la nourriture que l’on voudrait bannir de ses placards… pour mieux la retrouver dans le cadre d’une relation sereine avec ses propres rythmes alimentaires. Lire la suite

Dictionnaire des cons et autres génies

Dictionnaire des cons et autres géniesLes grands esprits se rencontrent. Réunir génie et connerie au sein d’un seul et même livre, voilà le pari que se sont lancés Samir Bouadi et Agathe Colombier-Hochberg avec ce surprenant dictionnaire. De quoi ébranler le mythe de ceux qui ont marqué leur temps grâce à leur art, leur science ou leurs actes. Confucius, Walt Disney, Archimède ou encore Coco Chanel se voient ainsi rassemblés dans une compilation rendant hommage non pas à leurs trouvailles, mais à des dérapages qui auraient pu saboter l’oeuvre de toute une vie. Eurêka ! Avis aux amateurs d’anecdotes et d’histoires croustillantes, où simplement à ceux qui veulent briller en société en contant quelques conneries décomplexantes. Surtout celles touchant les égos démesurés. Si le contenu s’avère un peu léger par rapport à son titre accrocheur, ce recueil de bêtises n’en reste pas moins très agréable à lire ; aucun doute qu’il réconciliera les « pauvres mortels » avec l’idée qu’on se fait trop souvent des « êtres brillants ». Une lecture ludique et déculpabilisante, idéale pour tous ceux en qui vous avez toujours senti le génie potentiel. Comme un clin d’oeil aux Tontons flingueurs: « les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.»

Désintoxiquez-vous

veronique-vasseur-sattaque-aux-pollutions-dans-desintoxiquez-vousCinq fruits et légumes par jour, du poisson deux fois par semaine, sans oublier les traditionnelles 20 minutes de jogging: autant de recommandations « santé » qui peuvent, in fine, faire plus de mal que de bien. Du moins à en croire ce livre co-écrit par le docteur Véronique Vasseur et la journaliste Clémence Thévenot, présenté comme un « guide de survie » dans le terrain miné de notre quotidien, aussi basique soit-il. Alimentation, hygiène-beauté, téléphonie : nous nous « empoisonnons » sans le savoir, à raison de 100 000 substances chimiques affectant nos organismes chaque jour, même si toutes ne sont pas également nocives. « Ce que nous mangeons, ce que nous respirons ou ce qui entre en contact avec notre peau affecte chaque cellule de notre corps : des hormones aux os, des nerfs à la peau, des enzymes aux muscles.» Voila pour le diagnostic. Lire la suite

Garance Doré, « une success story » à la française

Pour commencer l’année en beauté, je partage avec vous mon interview de Garance Doré publiée au mois de décembre, à l’occasion de la sortie de son premier livre, Love Style Life. La rencontrer fut un plaisir d’autant plus grand que j’ai commencé à suivre son blog lorsque je n’avais que 15 ans. Et je n’ai pas arrêté depuis. 

Cliquez ici pour visionner l’interview.

Copyright photo : © Erik Melvin

Qui décide de ma vie et de ma mort ?

Adobe Photoshop PDFDon d’organes, IVG, suicide assisté ou encore manipulation d’embryons à des fins scientifiques : autant de questions qui restent aujourd’hui sans réponse unanime, et dont la nécessité ne fait pourtant pas de doute au vu des progrès médicaux allant toujours croissant. À l’heure où l’Homme s’émancipe chaque jour un peu plus des lois de la nature, peut-il tout se permettre uniquement parce que cela devient possible ? C’est à cette problématique épineuse que s’attaque Laurent Degos dans son dernier ouvrage, tentant d’y apporter un éclairage aussi documenté que grand public. Une réflexion d’autant plus salutaire qu’elle permet à chacun d’affûter son jugement sur des sujets qui nous concernent tous : la vie, la mort, l’appartenance du corps. Somme toute, l’essence même de l’être humain. 25 questions de bioéthiques indispensables pour ne pas tomber dans l’impasse, surtout à une époque où la limite des possibles devient toujours plus floue.

Le consommateur planétaire

Consommer de manière responsable est-il utopiste à l’ère de la mondialisation ? C’est à cette question périlleuse et, avouons-le, culpabilisante, que s’attaque le géographe Éric Lambin dans son dernier ouvrage : un sujet d’autant plus préoccupant à quelques semaines de la COP21. Accusée d’accélérer les changements environnementaux et d’augmenter les inégalités sociales, la globalisation a mauvaise presse. Et pourtant, chacun en bénéficie à son échelle de manière quotidienne, ne serait-ce qu’en accédant tous les jours aux produits venus des quatre coins du globe. D’où l’affirmation d’une thèse résolument optimiste, que l’auteur n’essaye pas de pousser jusqu’à la naïveté pour autant.

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Mon cerveau, ce héros

cerveauceheros« Cerveau gauche », « cerveau droit », ou le fait de n’en utiliser que 10% : paradoxalement, les progrès scientifiques n’ont fait qu’ancrer les neuromythes un peu plus dans nos têtes, faisant chauffer la matière grise jusqu’à ce qu’elle finisse carbonisée. En témoigne le film « Lucy » sorti l’année dernière, mettant en scène une jeune étudiante qui voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Sexy.

Si la plupart d’entre nous croit encore en l’existence de ce genre de pouvoirs inexploités, Elena Pasquinelli a souhaité démêler le vrai du faux dans son dernier ouvrage, pour une remise à plat bénéfique quoi que sans concessions pour notre égo. Non, écouter du Mozart ne ferait pas grimper le QI à la vitesse d’une formule 1, pas plus que les nombreuses promesses assurant pouvoir « muscler » les capacités cognitives. Toutes, bien sûr, ne sont pas fausses… Mais nous serions particulièrement enclins à tomber dans le panneau selon l’auteure. « Les sciences du cerveau sont des sciences encore jeunes. Bien que leurs progrès, au cours des dernières décennies, aient été saisissants, il se peut que notre connaissance du cerveau et de ses mécanismes reste encore pendant longtemps incertaine. » Vigilance reste de mise. Lire la suite

Revivre

revivre-fredericwormsUn verbe aux sens contradictoires, exprimant à lui seul l’ambivalence de l’être et l’une des clés de notre époque maniaco-dépressive. Ce terme, c’est « revivre » : renaître à nouveau mais aussi se replonger en soi-même, ou se laisser rattraper « par un passé qui ne passe pas ». Une double expérience en plein coeur du dernier livre de Frédéric Worms, dont la lecture tombe à pic en cette période estivale si propice à la méditation et à la découverte de soi. « Chaque année, sans se lasser, le merveilleux printemps raconte à nouveau l’histoire de cette résurrection », notait Vladimir Jankélévitch dans son Traité des vertus. Et à l’été d’amener le sentiment « d’être vivant » à son comble … sans pour autant oublier l’hiver. En ce sens, le sous-titre choisi par le philosophe, « éprouver nos blessures et nos ressources », est lourd de signification. Quiconque a connu la mort, la maladie ou le chagrin, a déjà été traversé par cette sensation troublante lorsque la vie « reprend » avec un immense soulagement. Un nouveau départ. Cette tension permanente, entre résistance et délivrance, fait tout l’objet de la pensée de l’auteur, pour qui « l’avenir n’est pas un horizon, toujours reculé, mais une avancée, incessamment reprise. C’est le fait de marcher et de voir qui suscite l’horizon du monde et de l’action ». Ainsi, ses nombreuses références à Dante, Nietzsche ou Kierkegaard ne présentent pas seulement l’occasion de réviser ses classiques, mais bien de renouer avec l’intensité de son existence malgré l’agitation du monde contemporain. Pour prendre « soin des blessures de chacun mais aussi des ressources de tous ». Un art de « revivre » qui pourrait bien être le seul possible aujourd’hui.

Tout pour réussir sa période décès

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« Mort de rire ». C’est ainsi que l’on pourrait résumer le dernier recueil d’épitaphes de Philippe Héraclès, dont l’humour grinçant s’est déjà illustré dans plusieurs ouvrages, notamment « Le grand livre de l’humour noir », « Des fins pour défunts » ou encore « Feu à volonté ». Car s’il n’ « y a que dans les films que l’on ne meurt pas pour de vrai », bien choisir son épitaphe demeure la seule garantie de s’assurer l’immortalité tant souhaitée. En dédramatisant sans tabou un sujet pourtant grave et difficile. Puisque la fin justifie les moyens, l’éditeur a concocté un cocktail détonnant d’épitaphes plus drôles les uns que les autres, tranchant clairement avec les ornements que l’on retrouve sur les sépultures de nos anciens. De quoi conjurer la fatalité d’un passage sur Terre éphémère, ou d’un destin que certains croient encore incertain. « Pour une fois, personne ne va essayer de me piquer ma place », « Je ne pensais pas qu’un jour je descendrai si bas », « Je suis bien parti pour y rester » ou encore « Je suis hors je » sont autant de pieds de nez que Philippe Héraclès lance à la mort, dont un seul suffira au bonheur posthume de tout bon vivant qui se respecte. « Tous pour un, tous pourris » : voilà un humour qui fera se retourner plus d’un mort dans sa tombe.