Langue de bois

Le « bien parler » rend-il con ? C’est en tout cas l’impression que donnent certains interlocuteurs qui se sentent toujours obligés de vous reprendre à la moindre coquille. Par amour de la langue de Molière, parait-il. Ou plutôt par snobisme : car il en va du langage comme de la grande cuisine. Dans l’un comme dans l’autre, transgresser les règles peut très vite s’avérer acrobatique, surtout si l’on déroge à la recette d’origine. Entre puristes, élitistes et téméraires, chacun y va de sa petite cuillère quitte à faire passer pour un idiot celui qui ne maîtrise pas toutes les subtilités du français. Certains en tirent même un certain plaisir. Culture et confiture… Lire la suite « Langue de bois »

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Pète un coup !

Et ouais, ni plus ni moins. C’est ce que j’essaye de me dire (sans le faire pour autant) à chaque fois que je sens un pic de stress monter, bien souvent pour des raisons très futiles. Il en va de même quand me vient une irrépressible envie de râler, plus récurrente – soyons honnêtes –  depuis que j’habite à Paris. Allez savoir pourquoi. S’il est facile de dire aux autres d’arrêter de se plaindre, se forcer à en faire de même s’avère un tantinet plus compliqué en pratique. Il suffirait pourtant de dédramatiser un peu pour se détacher de ses frustrations : chose que l’on n’a plus du tout l’habitude de faire aujourd’hui.  Lire la suite « Pète un coup ! »

Le consommateur planétaire

Consommer de manière responsable est-il utopiste à l’ère de la mondialisation ? C’est à cette question périlleuse et, avouons-le, culpabilisante, que s’attaque le géographe Éric Lambin dans son dernier ouvrage : un sujet d’autant plus préoccupant à quelques semaines de la COP21. Accusée d’accélérer les changements environnementaux et d’augmenter les inégalités sociales, la globalisation a mauvaise presse. Et pourtant, chacun en bénéficie à son échelle de manière quotidienne, ne serait-ce qu’en accédant tous les jours aux produits venus des quatre coins du globe. D’où l’affirmation d’une thèse résolument optimiste, que l’auteur n’essaye pas de pousser jusqu’à la naïveté pour autant.

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Espace vital : alerte à l’invasion

« Pot de colle ». À Paris, force est d’admettre que l’expression ne s’applique pas qu’aux couples neuneus, surtout si l’on est adepte des transports en commun. Heure de pointe oblige, chaque sortie de bureau vous emporte dans un rapport fusionnel (consenti ou non) avec l’ensemble de vos voisins de métro, le temps d’un trajet moins glamour que celui que vous vantent les pubs pour « s’envoyer en l’air » entre deux stations. « Pas avec n’importe qui ? » Tu parles. Un coup de coude par ci, un croche pied par là, des frottis en veux-tu en voilà : de quoi repousser les limites d’un espace vital déjà confiné dans son 20m2 parisien. Une taille coquette dont on s’accommode… jusqu’à ce qu’une tierce personne vienne l’envahir. Lire la suite « Espace vital : alerte à l’invasion »

Au saut du lit

emmanuelle_histoire de voir_insomnieSi l’avenir appartenait vraiment à ceux qui se lèvent tôt, je serais multimillionnaire depuis longtemps. Sans blague. Quand certains prennent l’habitude d’avancer leur montre de 10 minutes pour éviter les retards, j’ai très vite compris que quelque chose dysfonctionnait avec mon horloge interne. Chaque nuit, la même rengaine : 6h30 et mes yeux s’ouvrent d’eux-mêmes. Indépendamment, bien sûr, de l’heure à laquelle je me couche : sinon ce serait trop simple. Petite, déjà, j’avais pris l’habitude de me lever aux aurores: pour profiter de la ville encore endormie, avec la sensation exquise de la voir s’éveiller rien que pour moi. Sans qu’aucun bruit ne vienne perturber ma contemplation. Ou presque. Car c’est sans compter le camion-poubelle qui s’est incrusté dans ce précieux rituel depuis que je vis à Paris. Impossible d’ouvrir la fenêtre, de savourer un café ou une clope sans entendre un klaxon, ou un vrombissement qui réveille en fanfare tout l’immeuble à heure fixe. On en regretterait presque le chant du coq.

Si je chéris encore aujourd’hui ce moment matinal, force est d’admettre qu’il ne fait qu’aggraver ma « dette de sommeil ». Depuis le début, dormir n’a jamais été « mon truc ». Même quand je n’étais encore qu’un bébé, c’est dire. Se lever trop tôt, se coucher trop tard : les cycles s’inversent avec l’âge mais la constante reste la même. Cinq-six heures en mode veille, à tout péter : et me voilà prête à déplacer les montagnes…du moins la première moitié de la journée. L’impatience de vivre, sans doute : la vie n’est-elle pas trop courte pour la passer à pioncer ? Quant à ceux qui vivent le saut du lit comme un vrai cauchemar en enviant les lève-tôt, savourez vos grasses mat’. C’est un luxe qui n’est – biologiquement –  pas donné à tout le monde. Et souvent on en rêve, aussi courtes que soient nos nuits.

Des épidémies, des animaux et des hommes

francoismoutouSIDA, vache folle, rage, ou dernièrement Ebola : et si les maladies émergentes étaient révélatrices de la gestion approximative du monde par nos sociétés ? Alors qu’aucun jour ne passe sans que les médias n’évoquent la présence de multiples risques sanitaires, François Moutou revisite l’histoire de ces maux à la lumière des relations que l’Homme entretient avec les autres vivants. Aurait-on fait fausse route ? « Nous avons oublié non seulement que l’espèce humaine est également d’origine animale, mais aussi que pendant la plus longue partie de notre histoire nous nous considérions comme une espèce parmi les autres. Nous imaginer différents, à part, représente un point de vue assez récent et probablement prétentieux. » Lire la suite « Des épidémies, des animaux et des hommes »

Oser la jeunesse

oser-la-jeunesseUn livre anti-rides. Quand certains passent leur vie à « s’entrainer à devenir vieux » comme le conseille la dramaturge Dea Loher, Vincent Cespedes préfère prendre le problème à l’envers. Après avoir défendu les vertus de l’ambition dans son précédent essai, ce penseur habitué des médias revient avec un nouveau pari : « Oser la jeunesse », et ce toutes générations confondues. Pour déjouer « le complexe de Chronos » qui oppose, à l’en croire, les ainés au pouvoir à des jeunes souvent discrédités et infantilisés, dont l’énergie créatrice ne cherche pourtant qu’à s’épanouir. Indépendamment des cadres préétablis où le « système tend à les insérer ». Lire la suite « Oser la jeunesse »