Pokémon : c’est dans la poche !

Nostalgie, quand tu nous tiens. Après des années d’absence, la vague Pokémon frappe à nouveau et d’autant plus fort qu’à l’époque où ils n’étaient encore qu’un dessin animé pour enfants. Désormais, même les parents s’y mettent, oubliant les temps sombres où ils ne savaient plus quoi faire pour que leur gosse décroche enfin de son jeu de cartes préféré. Et pour cause : Pika-Pika et sa bande de copains ont débarqué sur Iphone au sein d’un concept – soyons honnêtes – franchement addictif : la réalité augmentée. Autrement dit : les petits monstres sont partout, cette fois-ci bel et bien dans le monde réel, que ce soit à l’entrée de la boulangerie, en face du bureau et peut-être même dans votre appartement… A condition de regarder autour de vous via le filtre d’un smartphone. Comme un conte qui deviendrait enfin réalité, et qui rend fou la planète entière.

Cohues à New York, rencontres massives et même quelques accidents en cours de route, tous ceux qui ont toujours voulu capturer les Pokémons peuvent enfin accomplir leur rêve d’enfant. Sans avoir à taxer l’argent de poche de papa-maman pour obtenir des cartes collector au rabais, avec l’avantage d’avoir une bonne raison de bouger – enfin – son cul du canapé. Décollage immédiat ! Si je serais presque tentée de partir à l’aventure à mon tour – ne serait ce que pour satisfaire ma (malsaine?) curiosité – le concept de mettre le nez dehors pour se retrouver collé à son écran me dérange quelque peu. Comme si la réalité ne se suffisait plus à elle-même, où que les possibilités qu’elle offrait avaient fini par nous blaser de la vie. Au final, notre toutou de compagnie n’a rien à nous envier : on sort comme lui jouer à la baballe, et chasser des bêbêtes planquées dans l’un des parcs du coin. A la différence que ses proies à lui sont bien réelles.

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34 réflexions au sujet de « Pokémon : c’est dans la poche ! »

    1. Cela va plus vite qu’on en pense.

      Il aura été scandaleux de voir des créatures de ce type à Auschwitz et durant les commémorations d’Hiroshima, où les responsables des lieux ont du -on hallucine ! – demander l’autorisation de ne pas être envahis !

      On voit des pokemon dans les églises et les synagogues. Des gens tentent de réagir vainement comme ce maire français qui a interdit les pokemon sur sa commune Ou plus violemment comme les cosaques russes qui organisent des « campagnes » d’ « information » et même des processions contre les pokemon qu’ils jugent « satanistes ».

      Plus sérieusement, l’Education Nationale en France réagit après l’intrusion de pikachus dans les établissements scolaires. Mais je considère comme assez révoltante la simple idée qu’une Ministre de la République soit obligée de demander audience auprès d’une boite privée pour que celle-ci daigne respecter l’espace public.

      Et des journaux sérieux comme Le Monde ou Le NYT commencent à mettre en évidence les liens entre John Hanke l’éditeur Niantec de pokemon go et sa société Keyhole qui dans les années 2000 a collaboré avec Googlemaps pour collecter des données wi fi privées par le biais d’In-Q-Tel, un fonds d’investissement géré par la CIA.

      Plus sérieusement encore, au sein de l’armée française a été publiée une note daté du 25 juillet de la Direction de la protection des installations, moyens et activités de la défense (DPID), un service chargé de la sécurité des personnes, biens et installations, qui énumère un certain nombre de consignes à appliquer « face aux risques induits par le jeu ». Une équipe spéciale de 30 officiers pour l’instant est spécialement chargée des risques induits par le jeu.

      Mais l’armée française n’est pas la seule à réagir. « Aux Etats-Unis, écrit Le Monde, le Pentagone a interdit à ses employés d’utiliser l’application notamment sur les téléphones professionnels. L’armée israélienne a également banni le jeu de ses bases.

      Des juristes du monde entier réfléchissent au statut que devrait prendre dans les textes de lois ce nouvel espace virtuel qui d’une manière ou d’une autre envahi l’espace réel.

      Et allez ! Pour ne pas complètement désespérer du monde en ce beau dimanche je vous mets le dernier clip de Léningrad qui montre comment on peut lutter contre les gros bonnets qui veulent imposer leur loi 😉

  1. On a testé avec mon fils (la bonne excuse). C’est assez décevant, franchement… rien d’intelligent derrière…

  2. J’y joue modérément, je suis un peu nostalgique 🙂 C’est sur qu’il y a eu des scènes assez folles mais en soit le jeu est super bien pensé, je trouve ça super ! Puis les gens deviennent plus sociables 🙂

  3. Si on fait abstraction de certaines situations complètement ridicules que l’on peut croiser dans la rue je trouve ça excellent …
    Je n’y joue pas mais après tout pourquoi pas, le plaisir avant tout, et si tout ces gens en prennent avec leur petit animal le nez collé sur leur téléphone et bien tant mieux
    Bises

  4. Coucou ma belle !
    L’idée de sortir de chez soi est là mais être collé à son smartphone ça me dérange un peu aussi…
    Je l’ai installé mais j’y joue vraiment que très peu j’ai un peu du mal à m’accrocher à cette nouveauté !
    Bisous à toi ❤

  5. Franchement, je trouve ça atterrant cette commercialisation, cet engouement pour quelque chose qui n’existe même pas et ne fait pas rêver (à la différence des livres, de la poésie, de l’art, du théâtre), et qui enchaine encore plus les gens à leur téléphone portable.
    Vraiment, si c’est tout ce que la technologie de pointe peut nous offrir….

  6. Très sympa ce petit texte!
    Comme je suis curieuse, j’ai téléchargé l’application et je trouve ça plutôt sympa mais je trouve que ça prend trop de grandes proportions et ça commence déjà à me gonfler, haha ! 😀
    Bises, à bientôt

    Lice – http://www.leblogdelice.com

  7. Ne m’en parle pas, mon père a téléchargé ce jeu et il n’a pas arrêté de « chercher des Pokémons » Dimanche dernier ! Enfin heureusement, c’était plus pour s’amuser sur le moment parce que vive la régression ! 🙂

  8. Haha, j’ai beaucoup aimé ton article et ta conclusion. ^^
    Bien que je fasse partie de ces personnes qui n’ont même pas attendu la sortie officielle française pour s’octroyer le petit jeu sur le store australien. Oops ! 🙂

  9. Nous en étions restées aux jeux de cartes ou produits dérivés genre drap de plage. Nous ne sommes pas bien sûres d’avoir saisi le mode d’emploi de cette réactualisation des Pokémons. Nous allons demander à nos petits enfants de nous expliquer tout ça 🙂

  10. Joliment dit ! Si cela permet de faire sortir quelques personnes qui ne le font plus… pourquoi pas, mais bon… cela me parait assez vain… Je suis sans doute un vieux machin qui préfère sortir, à la rencontre des autres ou tout simplement pour profiter de la nature… ou tout simplement du bon air sur un trottoir…

  11. Ton article tombe à pic…c’était la discussion d’hier soir avec des amis. Un des convives a quitté le restau pendant 5 mn pour chercher Picachu apparemment dans la rue (!) mais une autre nous a dit que l’une de ses connaissances qui ne sortait jamais, avait effectivement accepté de quitter de son canapé pour chasser les pokemons….c’est à la fois drôle et inquiétant !

  12. C’est quand même fou !!! J’étais trop vieille pour les cartes Pokémon, je suis toujours trop vieille … mais ça m’amuse de me dire qu’au moins ça fait sortir les gens, cela les fait même marcher pendant des km, le nez collé à l’écran, notre siècle n’est plus à un paradoxe près …

  13. Je suis très partagée, je n’avais pas pensé à une manipulation de masse à effet rétro-régressif, j’avoue. Je me réjouissais simplement que les gens se rassemblent pour d’autres raisons que la haine. Naïve un jour, blonde toujours… En tous cas, merci Polina pour cet article qui, comme d’habitude, fait rire et réfléchir 🙂

  14. moi j’ai un peu de mal avec le trop de technologie, j’aime bien revenir à la vie plus simple: crotte, je deviens la vieille aigrie que je ne voulais pas devenir…. mais il ne faut jamais dire jamais ( et je suis bien placée pur le savoir, je suis une contradiction à moi toute seule!)
    bises
    flo

  15. Vous avez tout à fait raison Polinace de souligner en ce beau commentaire le caractère régressif de ce jeu ! Pokemon étant sorti fin des années 90, la plupart des trentenaires accro aujourd’hui ont dû effectivement tomber sous sa dépendance durant leur enfance.
    Mais au-delà de la simple « nostalgie » de certains il s’agit ici, sous le prétexte oh combien politiquement correct de faire sortir et bouger les gens, d’une intrusion majeure (voir aussi les autorisations de flicage que demande le logiciel…) dans l’existence de personnes réduites à une fonction simple et primitive : devenir des chasseurs.

    A ne pas parler seulement des mouvements de foules induits par une machine, des accidents divers et de joueurs débarquant dans un commissariat américain et sur une base militaire en Asie… la position aléatoire des « objets » chassés fait partie de la com’ ciblée de la boite : donner à vendre des « nids » de pokemon.

    Pas étonnant du coup d’apprendre que les grosses multinationales du fast food ou de la mode discount soit déjà en course. Le « lâcher de pokemon » deviendra bientôt un élément commun de la stratégie marketing des boites.
    Nul retour de la belle promenade au grand air donc. Même s’il est à gager que les marques de sport organiseront des marches de pokemon…

    Une petite machine, en apparence innocente, qui organise au niveau mondial un nouveau comportement du consommateur en inférant insidieusement la régression généralisée où ne compte plus rien d’autre que le principe de plaisir au service du profit.

    C’est ainsi que l’autre grand acteur de la régression Mac Do est déjà sur le rang.
    A relire le bel article de Pascal Lardellier « Le steak caché des fast-foods » : dans le Monde Diplomatique ( http://perseides.hautetfort.com/archive/2008/04/13/le-monde-diplomatique-le-steak-cache-des-fast-foods.html ) lequel montre bien comment dans le manger crado à pleines mains des fast food est proposée une double régression à la pulsion primitive ancestrale et à l’insouciance de l’enfance qui se révèle être en fait un déni d’enfance caractérisé par l’exploitation sans scrupule de son innocence : moins une proposition de jeu au grand air qu’un double viol de l’espace privé des individus et de l’espace public des cités.

    Un pas de plus dans la servitude volontaire, aussi enthousiaste qu’affligeante, que rencontre la proposition de virtualisation du monde.

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